Le préfet de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin

La Haute-Yamaska en Estrie: la MRC fait une demande officielle

La volonté des maires de la Haute-Yamaska de quitter la Montérégie pour joindre l’Estrie prend une tournure plus concrète. Réunis cette semaine en assemblée ordinaire, les élus ont convenu à l’unanimité de faire une demande formelle de transfert de région administrative.

En mai dernier, le préfet de la MRC de La Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, avait fait une sortie publique dans La Voix de l’Est pour dénoncer le fait que la Haute-Yamaska était désavantagée dans certains dossiers en raison de sa position « entre deux chaises ». « Le statu quo n’est plus envisageable. Est-on Estriens ou Montérégiens ? Il faut corriger cette situation », avait-il déclaré, en prônant l’appartenance à un seul territoire. Selon lui, l’Estrie semblait la solution la plus naturelle « pour le bien de la population et des organismes de la Haute-Yamaska ».

À l’époque, le député caquiste de Granby, François Bonnardel, lui avait donné raison et assuré qu’il souhaitait répondre aux inquiétudes des maires et trouver une piste de solution.

La réélection de M. Bonnardel, mais aussi celle du caquiste André Lamontagne dans Johnson et l’arrivée en poste d’Isabelle Charest, aussi pour la CAQ, dans la circonscription de Brome-Missisquoi devrait « faciliter les choses », croit Paul Sarrazin, étant donné que les municipalités de la Haute-Yamaska se trouvent dans l’une ou l’autre de ces trois circonscriptions maintenant au pouvoir.

La demande, adoptée par voie de résolution mercredi soir, sera déposée au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire du Québec, mais elle sera aussi transmise au président de la Table des préfets de la Montérégie, à celui de la Table des préfets de l’Estrie, aux trois députés concernés et au nouveau premier ministre du Québec, François Legault.

« Cela n’a rien d’anodin »

« Il s’agit d’une demande importante; on veut montrer à la classe politique que cela n’a rien d’anodin », explique Paul Sarrazin.

Celui-ci insiste : la Haute-Yamaska n’obtient pas « son juste dû » en Montérégie, par rapport à sa densité de population. « Notre poids politique est de 7 % en Montérégie, alors qu’elle serait d’environ 33 % en Estrie. Ça aurait des impacts majeurs sur les services. On aurait une voix beaucoup plus forte en Estrie. »

Selon lui, le dossier devra être évalué, mais les chances sont bonnes que le gouvernement accepte ce changement. « Je n’ai pas d’éléments qui me font croire le contraire... Si la Montérégie est prête à nous laisser partir et que l’Estrie est prête à nous accueillir, je ne vois pas pourquoi ça ne fonctionnerait pas. La volonté politique est là. »