Difficile de concilier confinement et télétravail lorsque l’Internet est loin d’être efficace. C’est ce que doit vivre Maxime Dupont-Demers qui a pourtant vu apparaître des câbles de fibre optique à 2,5 km de chez lui.
Difficile de concilier confinement et télétravail lorsque l’Internet est loin d’être efficace. C’est ce que doit vivre Maxime Dupont-Demers qui a pourtant vu apparaître des câbles de fibre optique à 2,5 km de chez lui.

Pas facile de faire du télétravail sans fibre optique

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est
Pas facile de faire du télétravail dans la campagne de Brome-Missisquoi. Maxime Dupont-Demers en était déjà conscient en achetant une résidence sur le chemin Driver, à Sutton, il y a un an. Mais la situation est particulièrement lourde alors qu’il a choisi de passer la crise de la COVID-19 à Sutton plutôt que dans son petit condo montréalais.

Son conjoint et lui ont préféré se confiner dans leur résidence principale, à Sutton, plutôt que de rester à Montréal durant la crise. Rapidement, ils ont utilisé 75 % de leur bande passante, malgré le faible usage qu’ils peuvent en faire. Le soir, il leur est pratiquement impossible d’utiliser le service entre 20 h et 22 h.

M. Dupont-Demers a eu une lueur d’espoir lorsqu’un ami d’Abercorn l’a informé que Câble Axion offrait maintenant Internet haute vitesse dans le village et que la fibre optique passait tout près de chez lui. Il a lui-même constaté qu’un nouveau fil avait fait son apparition sur les poteaux de la route Scenic, à 2,5 km de chez lui.

«J’ai décidé d’appeler Câble Axion. On m’a dit que ce n’était pas dans leurs plans d’aller vers où j’habite», raconte-t-il.

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Pour avoir accès à un Internet avec une bande passante suffisante et une vitesse de téléchargement et de téléversement rapide, il faut être au village directement, constate celui qui travaille en communications.

«Si on veut que les gens vivent en région, je pense que c’est important d’avoir de l’Internet haute vitesse autant pour les commerçants que les gens comme moi qui travaillent de la maison. Pour le travail, le jour à date ça passe, mais il y a des limites. En vitesse de téléversement, c’est bloqué à 1 Mbp/s. Je me débrouille pour l’instant, mais de temps en temps c’est possible que je doive retourner à mon petit condo à Montréal pour des mises à jour de programmes. À la rigueur, je serais allé dans un café, mais comme tout est fermé au village, je ne peux pas me brancher à de la haute vitesse nulle part.»

Il a bien tenté de trouver autre chose que le service par coupole qu’il a déjà, mais chez lui, le service LTE de Bell n’est pas efficace, lui a-t-on avoué au service à la clientèle.

Retards

Quant aux services de IHR Télécom, qui a le mandat de déployer la haute vitesse dans tout Brome-Missisquoi, ils ont pris beaucoup de retard en raison des difficultés rencontrées avec Bell, propriétaire d’environ 21 000 des 28 000 poteaux de bois sur lesquels passera la fibre optique.

Maxime Dupont-Demers a envoyé une lettre aux députées de Brome-Missiquoi, Isabelle Charest et Lyne Bessette, ainsi qu’au maire de Sutton. Michel Lafrance lui a répondu qu’il était au fait des retards et qu’il suivait la situation de près.

Johanne Gauvin, conseillère politique d’Isabelle Charest, lui a pour sa part répondu que les deux paliers gouvernementaux travaillent avec IHR pour déployer la fibre et pour voir comment obliger les propriétaires de poteaux à accepter que les fournisseurs de fibre optique passent leur matériel sur leurs poteaux sans délai.

«Je tiens à vous rassurer que madame Charest est très préoccupée par le fait que le déploiement de la fibre soit encore retardé, écrit-elle par courriel. Elle est en contact avec ses collègues du ministère de l’Économie et de l’Innovation pour tenter de faire avancer les choses.»

Rappelons que la MRC Brome-Missiquoi compte sur d’importantes subventions de 12 442 267 $ et de 8 155 780 $ de Québec et d’Ottawa. Internet Haut-Richelieu investit pour sa part 7 086 267 $ que l’organisme sans but lucratif financera grâce à ses futurs abonnements.

La MRC Brome-Missisquoi et son promoteur ne sont pas les seuls à rencontrer ces difficultés. Plusieurs autres MRC ont obtenu des subventions et ont des retards pour les mêmes raisons.

«On a une date limite pour avoir les subventions. C’est clair que personne au Québec ne va pouvoir respecter cette échéance-là, confie Robert Desmarais, directeur général de la MRC Brome-Missisquoi. On ne veut pas avoir des sursis à l’infini, on veut que ça se règle. On voudrait que, d’ici à la fin de 2022, tout le territoire soit desservi.»

Les 1400 kilomètres de fibre permettront de rejoindre plus de 8000 adresses.