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La haute vitesse se fait toujours attendre dans Brome-Missisquoi
La haute vitesse se fait toujours attendre dans Brome-Missisquoi
Patrick Bonvouloir, directeur général de IHR Télécom.
Patrick Bonvouloir, directeur général de IHR Télécom.

Des délais qui s’allongent du côté de Bell

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est
Internet Haut-Richelieu (IHR Télécom) est à l’étape du déploiement de la fibre optique, dans la MRC Brome-Missisquoi. Depuis 2019, l’organisme a réussi à construire le réseau sur 93 km à Saint-Armand, Pike River et Notre-Dame-de-Stanbridge. Près de 55 km étaient en cours d’installation en février. Sur cette distance, un peu moins de 35 km ont des clients déjà branchés. L’arrivée de la COVID-19 a aussi freiné l’installation chez les clients.

IHR a obtenu des autorisations pour louer les poteaux sur la majorité du territoire, mais s’il y a un ou des poteaux à réparer ou remplacer sur un rang, le déploiement doit s’arrêter temporairement. Les travaux ont commencé l’année dernière, mais sont stoppés par les délais qui s’étirent du côté de Bell.

«IHR a eu de la difficulté à obtenir rapidement les autorisations de Bell pour passer sur les poteaux, explique Robert Desmarais, directeur général de la MRC. C’est ça qui explique le retard dans le projet. Au départ, le projet devait se terminer en 2021-2022, mais c’est beaucoup plus long que prévu, surtout quand il est question de réparer ou de changer des poteaux.»

C’est le CRTC qui détermine les règles du jeu. Bell, qui a le quasi-monopole des poteaux dans la région, a un délai à respecter pour octroyer les permis de location des poteaux. Seulement, quand des travaux de réparation ou de remplacement sont nécessaires, aucune limite de temps n’est fixée par le CRTC, expliquent M. Desmarais et Patrick Bonvouloir, directeur général de IHR Télécom.

C’est le demandeur, IHR dans ce cas-ci, qui doit payer les travaux, mais c’est le propriétaire qui réalise les réparations. La collaboration avec Bell était très bonne au début du projet. Puis, les délais ont commencé à s’allonger.

«On a engagé quelqu’un en janvier dernier et 100 % de sa tâche est de gérer les conflits qu’on a avec eux, explique M. Bonvouloir. Lui, il argumente, il discute, il est à temps plein là-dessus, il essaie de trouver des solutions pour que ça aille plus vite.»

Des réparations qui se font attendre

M. Bonvouloir admet que l’organisme a pris un peu de retard au début du projet puisqu’une demande de permis doit être faite pour la location d’un espace sur chacun des 28 000 poteaux. Ces démarches étaient effectuées par une jeune équipe. Cependant, Bell aurait tendance à attendre la veille du délai établi par le CRTC pour délivrer ces permis.

Puis, une demande de permis doit aussi être faite pour la réparation ou le remplacement si le propriétaire de l’infrastructure juge qu’elle n’est pas assez solide pour supporter une charge supplémentaire. Dans certains cas, les réparations sont attendues depuis plus d’un an, ajoute M. Bonvouloir.

«On peut avoir les autorisations pour 90 % des poteaux dans un rang, par exemple, mais il y en a deux ou trois qui sont en litige et qu’il faut réparer.»

Les travaux ne peuvent donc pas être réalisés puisque la fibre doit être installée d’une seule traite.

Frais importants

«Il faut payer pour la mise à jour du réseau. Après ça, je deviens locateur. La plus belle image que je peux donner, c’est que je loue un appartement, mais s’il y a des réparations à faire, comme de la plomberie, c’est à moi de la faire, donne-t-il en exemple. Je vais payer pour réparer le réseau et, si quelqu’un demande trois mois après pour passer, tout est beau pour lui. Si le propriétaire des poteaux veut installer un surplus de lignes, il n’aura pas à payer les réparations.»

Il estime que 5 à 6 % des poteaux doivent recevoir des travaux préparatoires, qui coûtent entre 500 $ et 3000 $. Il en coûtera annuellement un peu moins de 500 000 $ à IHR pour louer les poteaux dans Brome-Missisquoi.

Interpelé au sujet des longs délais dans ces travaux, Bell répond que «la conception technique, en fonction de la complexité du projet, avec le consentement de toutes les parties impliquées, peut parfois être un processus long. Une fois toutes les approbations accordées pour un projet, toutes les entreprises impliquées dans le projet de construction entament les travaux requis.»

L’entreprise ajoute que le cadre réglementaire du CRTC est respecté.

IHR n’a pas eu de mal à obtenir les autorisations d’Hydro-Québec et de Télébec, qui détiennent les autres poteaux du réseau.

Selon le directeur général de IHR, «la plus belle solution c’est de nationaliser les poteaux. Tu nationalises les poteaux et ça va finir là. Il va y avoir quand même des réparations à faire, mais ça va être mieux réparti.»