Granby souhaite restaurer et déménager la fontaine Wallace au centre-ville. L’œuvre, offerte par les autorités parisiennes, est depuis longtemps au parc Isabelle, situé boulevard Leclerc, entre les rues Court et Dufferin.

La fontaine Wallace sera restaurée

Un des «trésors» de Granby, la fontaine Wallace passe pratiquement inaperçue au parc Isabelle, où elle se trouve depuis plus de 60 ans. Mais la Ville veut rectifier le tir. Un contrat a été accordé pour restaurer cette oeuvre offerte, à l’époque, par les autorités parisiennes à l’ex-maire Horace Boivin.

S’il n’en tient qu’à l’administration municipale, en plus d’être restaurée, l’oeuvre sera aussi déménagée au centre-ville, où elle sera davantage mise en valeur, affirme le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

« On a demandé, dans le cadre du concours d’architecture, que l’oeuvre puisse être intégrée à la place Jean Lapierre », laisse savoir M. Pinault. Cette place doit se déployer à l’avant de l’église devenue le centre Notre-Dame.

Le DG de la Ville dit pour l’heure ne pas savoir si cette volonté pourra se concrétiser et quelle forme cela prendra. Les projets finalistes du concours devraient faire l’objet d’une présentation publique à l’hiver. Chose certaine, la Ville souhaite dans un premier temps rendre la fontaine fonctionnelle. Celle-ci n’est plus opérationnelle depuis plusieurs années.

Un mandat de restauration a été accordé à André Domon de Montréal, au coût de 65 598 $, lundi, lors de la deuxième séance ordinaire de novembre. Seule une autre proposition a été déposée par le Centre de conservation du Québec. Mais, à 84 368 $, elle présentait des coûts plus élevés.

Rares

Informée des projets de la Ville, la directrice générale de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, Cecilia Capocchi, se réjouit. Les fontaines Wallace, un important symbole parisien, se comptent sur les doigts d’une main au Québec. Seules les villes de Montréal et de Québec auraient aussi un exemplaire de ce type de fontaine, créé vers 1872, alors que Paris connaissait une crise d’approvisionnement en eau.

Le philanthrope anglais Sir Richard Wallace avait offert à cette époque à la Ville Lumière une cinquantaine de fontaines abreuvoirs, dont il a dessiné les plans. « Chaque arrondissement parisien possédera une ou plusieurs de ces oeuvres d’art, qui deviendront, au fil du temps, des symboles de Paris, au même titre que la tour Eiffel », est-il rapporté dans une publication de la société d’histoire, l’Historien régional, datée de 2003.

Grand voyageur et engagé dans une politique de développement des parcs à Granby, le maire Horace Boivin a exprimé au milieu des années 1950 à Jean Désy, l’ambassadeur du Canada de l’époque en France, le désir d’acquérir une des fontaines Wallace qu’on retrouve à Paris.

Et c’est ainsi que le 30 septembre 1956, la fontaine Wallace du parc Isabelle à Granby, située boulevard Leclerc, entre les rues Court et Dufferin, a été inaugurée, dans le cadre de la Semaine française à Granby. L’ambassadeur de France au Canada, François Lacoste, était présent pour l’occasion.

Cecilia Capocchi estime que le déménagement de la fontaine ne devrait pas poser problème. Elle salue par ailleurs la volonté de la Ville de rendre cette oeuvre, dont la valeur artistique est incontestable, davantage accessible à la population, tel qu’elle l’a fait avec un autre leg du maire Boivin, le sarcophage romain, disposé dans le hall de la bibliothèque Paul-O.-Trépanier.

« On passe généralement au parc Isabelle en voiture. Au centre-ville, les gens vont pouvoir être plus en contact (avec l’oeuvre) », souligne pour sa part le directeur général de la Ville, Michel Pinault.