La Fondation SÉTHY se donne comme objectif de convaincre des entreprises de la MRC de l'aider financièrement dans sa mission de conservation des milieux naturels, notamment aux abords du parc national de la Yamaska que l'on aperçoit sur la photo.

La Fondation SÉTHY courtise le privé

La Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska (SÉTHY) va courtiser des entreprises privées pour l'aider à financer ses projets de conservation des milieux naturels.
L'argent demeure le nerf de la guerre même pour les groupes environnementaux, fait remarquer François Leduc, directeur général de la Fondation. Bien qu'ils comptent sur le bénévolat de plusieurs de leurs membres, rien ne serait possible sans financement, dit-il.
« On peut penser à des projets, les proposer, les préparer, mais en bout de ligne ça prend de l'argent aussi pour les réaliser. C'est la base pour assurer notre pérennité. »
SÉTHY célèbre ces jours-ci son dixième anniversaire. Pour l'occasion, la direction s'est dotée d'un plan stratégique de cinq ans. « On doit se projeter dans l'avenir. On a regardé quelles étaient nos forces et nos faiblesses. On a revisité notre mission. Elle ne change pas ; on est vraiment dedans. On veut continuer », explique Caroline Bisson, présidente du conseil d'administration.
Le point central du document est un autre plan, de conservation. Il guidera les efforts de l'organisation pour protéger, mettre en valeur et maintenir l'intégrité des milieux naturels de la Haute-Yamaska. Dans les 58 actions qu'elle entend mener d'ici 2022, il est notamment question de convaincre des entreprises de contribuer financièrement à ses projets. « Il faut développer la philanthropie », soutient Mme Bisson.
SÉTHY mise déjà sur des subsides de la MRC de la Haute-Yamaska. Elle a en poche une entente de 35 000 $ par année pour trois ans avec celle-ci. La Fondation vient aussi de renouveler son entente avec la Caisse Desjardins de Granby-Haute-Yamaska. L'établissement versera annuellement 9000 $ lors des trois prochaines années. Ces aides, en plus des 2000 $ tirés du membership, forment la colonne vertébrale financière de l'organisation, reconnaît M. Leduc. « C'est clair que sans ça, on ne serait plus là », dit-il.
M. Leduc s'est fixé comme objectif de convaincre une entreprise par année d'ici 2022 afin d'aider financièrement SÉTHY dans sa mission.
Plusieurs programmes étatiques de financement existent tant au provincial qu'au fédéral, indique M. Leduc. SÉTHY en a profité au fil des ans pour plusieurs de ses projets, dit-il. Elle est en attente de réponses pour d'autres.
L'organisme doit cependant élargir sa base financière, selon lui, pour lui permettre de concentrer davantage d'efforts sur les projets sur le terrain et moins à la recherche de financement. « C'est une grosse partie de notre travail », avoue-t-il.
Bourse du carbone
Le financement des organismes sans but lucratif demeure un problème récurrent. Les organisations qui font de la protection de l'environnement n'y échappent pas, dit M. Leduc. Une façon de solutionner ce problème, selon lui, consisterait à leur permettre d'obtenir une partie des montants transigés sur la bourse du carbone.
Les actions de ces organisations ont des impacts bénéfiques sur le bilan des gaz à effet de serre, plaide-t-il. « J'espère vraiment un jour que les groupes environnementaux vont pouvoir en profiter. Je pense que ça doit passer par là. »
Pour réaliser le bilan des dix dernières années, les dirigeants ont consulté leurs membres ainsi que d'autres groupes de protection de l'environnement. Il en est ressorti que SÉTHY devait mieux faire connaitre sa mission ainsi que ses actions auprès de la population et qu'elle devait développer son expertise en matière agricole. Le plan stratégique viendra pallier à ces carences, assure Mme Bisson.
Au delà de toutes les réalisations de la Fondation depuis le lancement de ses activités en 2007,
Mme Bisson s'est dite particulièrement heureuse de l'ouverture manifestée par les propriétaires approchés par l'organisation pour les inciter à protéger les milieux naturels chez eux. « On a fait du bon travail avec les propriétaires. Ça nous a beaucoup rapporté de crédibilité. »
La direction de la Fondation présentera jeudi soir son plan stratégique et les actions proposées pour le mettre en oeuvre lors de son assemblée générale annuelle. La rencontre aura lieu à la grange de la Ferme Héritage Miner, dès 17 h.