Un groupe d’environ 50 personnes était entassé devant l’entrée du EB Games aux Galeries de Granby et devait attendre pour entrer au compte-gouttes dans le détaillant de jeux vidéo vers 13 h 30 afin d’éviter de se marcher sur les pieds.

La folle chasse aux aubaines d'après Noël

Les cadeaux de Noël à peine déballés, de nombreuses personnes n’ont pas hésité à ouvrir leur portefeuille ou à sortir leur carte de crédit mercredi afin de prendre part à l’euphorie des soldes du Boxing Day, que ce soit en boutique ou du confort de la maison grâce au magasinage en ligne.

Chaque année, les commerces rivalisent de rabais alléchants question de profiter de cette tradition maintenant bien implantée dans le temps des Fêtes pour inciter les consommateurs à prolonger leur course aux emplettes.

Ce fut notamment le cas de Zoé Baker qui a bravé le froid pendant presque deux heures en ce 26 décembre pour être le premier en ligne devant le Best Buy de Granby qui ouvrait ses portes sur le coup de 13 h.

« Je suis venu pour acheter des jeux vidéo. Ça ne me dérangeait pas d’attendre dehors, même que je m’attendais à voir plus de monde », a confié le jeune Roxtonais qui passait le temps en fraternisant avec d’autres clients faisant le pied de grue devant le détaillant spécialisé en électronique.

Le mercure frisant les -8 degrés Celsius a en effet semblé refroidir un peu les ardeurs des clients potentiels cette année alors que seulement une trentaine de courageux faisaient la queue devant le magasin trente minutes avant l’ouverture. La file d’attente a toutefois rapidement pris de l’ampleur et le stationnement s’est vite rempli à l’approche du moment tant attendu.

« Dès que les portes ouvrent, je pars à la course », a pour sa part blagué Louis Philips, qui était descendu de Farnham pour s’acheter une télévision de 75 pouces en solde. Il s’agissait de sa première présence au Boxing day. « Il y a de bons rabais, mais c’est vraiment un coup de tête. J’ai vu le prix dans une circulaire et je n’avais rien à faire ce matin alors je me suis dit “on va y aller”. »

Tout le contraire de Marc Lecourtois, un habitué des soldes d’après Noël qui patientait aussi à l’extérieur en compagnie de son jeune garçon.

« J’ai un malin plaisir à venir au Boxing Day. C’est un peu pour la cohue, pour l’expérience de sortir magasiner un 26 décembre », a raconté le Granbyen qui prévoyait cette fois se gâter lui-même en se procurant des haut-parleurs Bluetooth.

Centre commercial

Une chose est sûre, il est loin d’être le seul à replonger dans la frénésie des achats des Fêtes aussitôt Noël passé. D’après un sondage réalisé par l’Observateur pour le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), la popularité des aubaines du Boxing Day pourrait atteindre cette année un sommet depuis 2015.

Près de deux Québécois sur cinq, soit 38 %, ont affirmé qu’ils y prendront part, ce qui représente une augmentation de 11 % par rapport à l’année dernière.

Et si l’achat en ligne continue de gagner de plus en plus d’adeptes — plus du tiers des Québécois (35 %) prévoyaient acheter leurs cadeaux sur Internet cette année —, le centre commercial demeure la principale destination du magasinage des Fêtes pour près de la moitié d’entre eux (48 %).

Zoé Baker de Roxton Pond a bravé le froid pendant presque deux heures en ce 26 décembre pour être le premier en ligne devant le Best Buy de Granby qui ouvrait ses portes sur le coup de 13 h.

Le stationnement des Galeries de Granby qui était bondé à proximité du Walmart et ses boutiques qui bourdonnaient d’activités en témoignaient d’ailleurs mercredi après-midi.

« L’année passée, on ne pouvait presque pas bouger de la caisse tellement il y avait de clients et ça a l’air parti pour être pareil cette année. Beaucoup de gens reçoivent des cartes-cadeaux à Noël et ils profitent des rabais du Boxing Day pour venir les dépenser », a noté la gérante du Urban Planet, Krystina Dupuis, entre deux transactions.

Cette dernière confirme que le Boxing Day, qui peut générer jusqu’à trois fois plus de ventes qu’une journée normale, représente la deuxième journée la plus occupée de sa boutique de vêtements après le Black Friday.

Même constat au EB Games où un groupe d’environ 50 personnes était entassé devant l’entrée et devait attendre pour entrer au compte-gouttes dans le détaillant de jeux vidéo vers 13 h 30 afin d’éviter de se marcher sur les pieds. Devant les caisses, une vingtaine de clients patientait aussi en ligne, ayant visiblement hâte de payer enfin leurs achats pour pouvoir aller en profiter à la maison.

« Et ça va être comme ça jusqu’à 16 h-17 h », a commenté le gérant du magasin EB Games, Frédéric Robert. « Le Boxing Day, c’est vraiment un happening. Les gens se font plaisir en venant magasiner. Il faut croire qu’il y en a qui aiment ça être collés... », a-t-il laissé tomber en riant.

Un phénomène qui perdure

Si le Black Friday (Vendredi Fou), qui se déroule fin novembre au lendemain de l’Action de grâce américaine, représente surtout une occasion d’acheter des cadeaux de Noël en solde, le Boxing Day est davantage devenu au fil des ans un événement social où les gens se gâtent eux-mêmes et vont chasser les aubaines en famille ou entre amis.

« C’est rare que tu vas venir marcher aux Galeries pour te faire bousculer. Aujourd’hui, les gens viennent d’abord chercher un prix. Tout revole et les gens ne niaisent pas. C’est sûr qu’on n’a pas vraiment le temps de faire du bon service à la clientèle, mais on dessert le mieux possible. On avertit d’ailleurs les clients que ça se peut que 2-3 personnes posent des questions en même temps et qu’ils doivent patienter davantage », a indiqué le propriétaire du Sports Experts de Granby, Serge Tremblay, à La Voix de l’Est.

« Ce que je vois depuis deux ou trois ans, c’est que le Black Friday, les gens achètent plus des cadeaux tandis que le Boxing Day, c’est beaucoup des personnes qui ont reçu des cartes cadeaux qui viennent magasiner parce que leur carte de 50 $ vaut peut-être 30 % de plus », a aussi relevé M. Tremblay.

Dès l’ouverture de son magasin d’articles de sport à 10 h mercredi, les caisses marchaient à plein régime. « Entre 10 h et midi, on a fait les recettes complètes d’un samedi matin. J’ai environ deux fois plus d’employés sur le plancher et j’ai tout le temps au minimum 100-150 clients dans le magasin alors ça roule. On est aussi obligé d’avoir des gardes aux deux portes, parce que malheureusement, les voleurs en profitent aussi. »

Et si les recettes du Black Friday supplantent maintenant celles du Boxing Day, il n’en demeure pas moins que la journée des soldes d’après Noël reste un incontournable pour son magasin qui réalise une semaine de chiffre d’affaires en... une seule journée. « C’est vraiment énorme, tu ne peux pas manquer ça [comme commerçant] parce que c’est sûr que ça fait mal au portefeuille », souligne M. Tremblay.

L’inverse est aussi vrai et les Québécois doivent également faire preuve de vigilance à l’occasion du Boxing Day, souligne l’Office de la protection du consommateur (OPC).

Des dizaines de personnes ont attendu au froid l’ouverture du Best Buy de Granby afin de pouvoir aller profiter des soldes de l’Après-Noël offerts par le détaillant spécialisé en électronique.

Malgré l’attrait d’une bonne affaire, qu’elle soit offerte en ligne ou en magasin, l’organisme invite les gens à consommer de façon responsable. L’OPC suggère ainsi de vérifier que le prix de départ est véridique, de se méfier des prix gonflés pour faire croire à l’aubaine et des deux pour un qui ne changent rien au prix de l’article à l’unité et enfin, de faire attention aux politiques de retour et d’échange afin d’éviter les mauvaises surprises.

LES DÉPENSES DES CANADIENS DURANT LE TEMPS DES FÊTES

- Les consommateurs canadiens prévoient dépenser en moyenne 1563 $ durant le temps des Fêtes, soit une hausse de 3,7 % comparativement à l’année dernière.

- Contrairement à la croyance populaire, les hommes dépensent en général plus que les femmes : 1752 $ contre 1385 $ respectivement.

- Les voyages (46 %) continuent de représenter la plus grande partie des dépenses des Fêtes, suivis des cadeaux (41 %) et des divertissements (13 %).

- Les chats et les chiens ne seront pas en reste cette année : les propriétaires d’animaux de compagnie dépenseront en moyenne 65 $ pour eux au cours des Fêtes.

Source : PwC canada (www.pwc.com)

L'ORIGINE DU BOXING DAY

L’expression anglaise Boxing Day désigne le 26 décembre, lendemain de Noël. Elle viendrait vraisemblablement de l’usage britannique selon lequel, à l’occasion de cette journée, on avait coutume de remettre des Christmas boxes, littéralement boîtes de Noël, aux démunis, aux domestiques ainsi qu’aux facteurs et à d’autres employés des services publics au milieu du 19e siècle. Ce jour est férié depuis 1871 dans de nombreux pays anglo-saxons. Aux États-Unis et au Canada, y compris au Québec, cette journée est maintenant surtout associée à des soldes jugés avantageux qui sont offerts en magasin.

(Source : Office québécois de la langue française)

L'ACHAT EN LIGNE CONTINUE DE GAGNER EN POPULARITÉ

Les Québécois magasinent de plus en plus en ligne pour faire leurs achats des Fêtes. C’est du moins ce que laisse entendre un sondage du Groupe Altus pour le Conseil québécois du commerce de détail.

Ainsi, plus du tiers des Québécois (35 %) prévoyaient acheter un ou des cadeaux sur Internet cette année. C’est une hausse de 1 % par rapport à 2017. Les sites web les plus populaires sont Amazon, à 64 %, eBay, à 12 %, et Best Buy, à 10 %.

On estime que les Québécois dépenseront 187 millions de dollars sur Internet durant la période des Fêtes de 2018. Malgré que les achats en ligne soient en augmentation constante année après année, le centre commercial demeure la principale destination de magasinage pour 48 % des Québécois.

(Source : Conseil québécois du commerce de détail)