Le terrain de la P’tite grenouille de Bromont a des airs de déménagement pressé. Le bar est fermé depuis quelques semaines.

La fin pour le bar la P’tite Grenouille de Bromont

L’enseigne de la P’tite Grenouille de Bromont a disparu du paysage. Les meubles de la terrasse marquant le nouveau concept de la boîte à chanson, inaugurée en juin, n’y sont plus. Ce qu’il en reste donne des airs d’abandon, comme si les propriétaires avaient quitté rapidement les lieux. Morceaux de bois et pots de fleurs jonchent le sol. Des bouteilles d’alcool et des déchets de toutes sortes remplissent les deux petites poubelles présentes sur place. Un papier de livraison signé Purolator est toujours collé dans une porte-fenêtre. Même une salière est abandonnée là, sur un petit comptoir en acier inoxydable...

La semaine dernière, La Voix de l’Est a visité le terrain de ce qui était il n’y a pas si longtemps le bar la P’tite Grenouille, surtout connu pour certains événements malheureux qui se sont déroulés sur place.

Signe que l’administration souhaitait démarrer l’été sur les chapeaux de roue, la terrasse avait été complètement réaménagée. Pergola, nouveau bar, décoration sophistiquée. Il ne reste plus rien de ce qui a été, pendant une courte période, la nouvelle terrasse du bar. Les images du nouvel aménagement avaient été présentées dans une publicité vidéo diffusée sur Facebook. La page Facebook du bar n’est plus alimentée depuis le 22 juin dernier.

Cependant, le mystère plane. La direction n’avait toujours pas retourné les demandes d’entrevues de La Voix de l’Est, une semaine plus tard.

Le succursale de la chaîne a changé de main en 2018, selon les documents disponibles sur le site du registraire des entreprises. Raphaël Grondin devenait le premier actionnaire, lui qui a aussi des parts à l’adresse montréalaise de la P’tite Grenouille.

Depuis environ trois semaines, les policiers de Bromont ont remarqué qu’il n’y avait plus d’activités sur place et que les locaux avaient été vidés. À l’intérieur, le comptoir du bar est en partie ouvert, des gravats jonchent le sol par endroit et une pelle pour la neige y attend l’hiver...

« Les permis d’alcool sont toujours actifs, confirme Me Joyce Tremblay, porte-parole de la Régie des alcools, des courses et des jeux. Cependant il y a une demande de cession des permis en cours de traitement. »

Depuis son ouverture, en 2016, l’établissement a fait parler de lui pour une soirée hommage à CCR qui a attiré plus de 150 personnes associées à des groupes de motards criminalisés. C’était en mai 2017. Les policiers de Bromont avaient profité de l’occasion pour identifier les motards présents et vérifier les motos. Sept ou huit clubs de motards criminalisés étaient représentés, dont les Hells Angels, chapitre Québec, et les Brotherhood, chapitre Montérégie.

En décembre 2018, l’établissement licencié faisait une fois de plus les manchettes. Un jeune homme dans la vingtaine y avait été atteint par un projectile d’arme à feu. Des fragments d’une balle s’étaient logés dans la boîte crânienne de Luis Cardona, qui se trouve aujourd’hui toujours en réadaptation.

Peu après minuit, il avait été retrouvé gisant au sol, dans le stationnement. Le propriétaire du bar, Raphaël Grondin, avait fermé les lieux pour le reste de la nuit.

Quelques semaines plus tard, le Farnhamien Jessy Côté était arrêté, puis accusé de tentative de meurtre.

Notre demande d’entrevue auprès du propriétaire du bâtiment, le Fonds de placement immobilier Cominar, est restée lettre morte.