Le président de la Coalition du Pacte rural, Jacques Sauvé, lors d’un événement en lien avec le Pays de la poire.

La fin de la Coalition du Pacte rural

Après une quinzaine d’années d’activités, la Coalition du Pacte rural de Saint-Joachim-de-Shefford fermera définitivement ses livres. Le peu de relève est venu à bout de l’organisme.

« Le manque de relève, ce n’est pas seulement dans l’industrie privée. Encore plus quand on gère un organisme à but non lucratif avec des bénévoles... », glisse le président de l’organisme, Jacques Sauvé, qui met un terme à son engagement après des années de loyaux services.

Ce dernier rappelle que la Coalition a été officiellement constituée en 2004, à une époque « où ça allait mal dans le monde rural. Les villages se vidaient, les écoles fermaient. Le maire de l’époque, Gilles Groulx, m’avait demandé de voir ce qu’on pouvait faire pour contrer le phénomène. Et ce qui m’avait frappé, c’est qu’à l’évidence, notre école allait fermer aussi. Il fallait faire quelque chose », raconte M. Sauvé.

La Coalition du Pacte rural s’était donc donné pour mission d’identifier des projets de développement et de les soumettre aux citoyens pour qu’ils se réalisent.

Au fil des ans, le Pays de la poire, la Coopérative au Cœur du village — avec son dépanneur/resto/station-service — et une pépinière avaient vu le jour grâce à l’impulsion de l’organisme et à l’engagement de la population.

« La pépinière, c’était comme un laboratoire. Ça nous donnait de la motivation pour faire avancer le village. » Sur les terrains prêtés par des citoyens, on y a fait pousser des arbres, mais aussi de la camerise, du sureau et de l’actée, notamment. « On essaie de liquider tout ce qu’on a en vendant les plantes », laisse savoir M. Sauvé.

Quant à la Coopérative au Cœur du village, malgré des débuts difficiles, elle semble désormais tirer son épingle du jeu.

Bilan
À l’heure des bilans, Jacques Sauvé affirme ne pas avoir de regret. Sauf peut-être un. « J’aurais aimé concrétiser le Pays de la poire, qui était un mosus de beau projet. Mais on a manqué de ressources... Pourtant, la base était jetée pour avoir une belle entreprise d’économie sociale », glisse-t-il en se réjouissant néanmoins que le vignoble et cidrerie L’école du 3e rang récolte une partie des poires produites.

Le Pays de la poire, fondé en 2005, visait à la fois à doter Saint-Joachim d’une signature distinctive et à donner un élan à l’économie du village. Une usine de transformation avait même été envisagée à une certaine époque, mais sans suite.

Qu’importe, l’homme se dit heureux d’avoir « pu donner un coup de pouce au village ». « Oui, j’y ai consacré beaucoup de temps, mais plein de monde m’a aidé. Ça ne peut pas se faire tout seul. Saint-Joachim est une municipalité dynamique comme ça se peut pas ! », lance-t-il.

La Coalition terminera donc son année financière en décembre. D’ici la dissolution, la paperasse ne manque pas, fait remarquer M. Sauvé. « C’est plus de travail que de fermer une entreprise ! »

Conformément aux lettres patentes de l’organisme, la Coalition doit remettre ses avoirs restants à un autre OBNL. Sans vouloir divulguer l’actif de la Coalition, Jacques Sauvé mentionne que les fonds pourraient être transférés à la Coopérative au Cœur du village.

« Les affaires vont bien. Je suis convaincu qu’elle fera ses frais d’ici deux ou trois ans. »

Le maire de Saint-Joachim-de-Shefford, René Beauregard, reconnaît d’emblée l’influence positive qu’a eue la Coalition du Pacte rural sur le développement du village. « L’organisme a été important pour notre municipalité, dit-il. Leur plus grande réussite, c’est la Coop ».