La direction de la protection de la jeunesse de l'Estrie a pratiquement mis à jour sa liste d'attente.
La direction de la protection de la jeunesse de l'Estrie a pratiquement mis à jour sa liste d'attente.

La DPJ de l’Estrie presque à jour dans ses listes d’attente

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke – La direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie est pratiquement venue à bout de ses longues listes d’attente. 

Rappelons qu’une petite fille de Granby bien connue de la DPJ est décédée dans des circonstances tragiques en avril 2019. Ce drame a mis en lumières les problèmes à la DPJ de l’Estrie — dont les longues listes d’attente dans ses trois créneaux d’intervention, soit la réception et le traitement des signalements, l’évaluation et l’orientation ainsi que l’application des mesures.

Aujourd’hui, il n’y a plus aucune attente à la réception et au traitement des signalements à la DPJ de l’Estrie — 65 dossiers sont en cours de traitement. Au 30 avril 2019, il y avait 774 dossiers à la réception et au traitement des signalements en attente à la DPJ de l’Estrie. Pire encore, après le drame de Granby, la DPJ de l’Estrie avait dû faire face à un très grand nombre d’appels. Au pic, le 15 mai 2019, il y avait 896 dossiers en attente de traitement à la DPJ. 

Pour ce qui est de l’évaluation et l’orientation, il y a aujourd’hui 166 dossiers en attente — il y en avait 409 en avril 2019.

Quant à l’application des mesures, le nombre de cas en attente est passé de 69 en avril 2019 à 17 cas à la fin juillet 2020.

Bien entendu, la pandémie de COVID-19 a entrainé la fermeture des écoles et des milieux de garde à la fin de l’hiver. La DPJ s’est retrouvée soudainement sans enseignants ni éducateurs pour garder un œil sur les enfants plus vulnérables. Pendant quelques mois, les enfants sont en quelque sorte devenus invisibles au Québec, bien cachés derrière les portes closes de leurs logis.

« Depuis le 1er avril, nous avons reçu 287 signalements de moins et retenu 66 signalements de moins qu’à pareille date l’année dernière. Durant cette période, nous avons pu compter sur une collaboration exceptionnelle de la part des commissions scolaires et des policiers afin de maintenir une vigilance accrue auprès des enfants vulnérables », mentionne Robin-Marie Coleman, présidente-directrice générale adjointe (PDGA) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

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« En période COVID, nous avons délesté certaines activités dans les hôpitaux, mais il n’y a eu aucune pause dans le secteur jeunesse! Nous avons continué de travailler, avec de la créativité, malgré le contexte de pandémie », ajoute Mme Coleman.

Le travail se poursuit jour après jour pour répondre à tous les appels et complètement vider les listes d’attente. « On continue notre niveau d’efforts sur nos listes d’attente, avec l’effort incroyable de nos équipes », mentionne-t-elle.

Dans le secteur des services aux jeunes et à leurs familles, la DPJ est considérée comme « les soins intensifs ». Pendant les 18 derniers mois, l’établissement a dû déployer de grands efforts pour faire le ménage dans cette direction malmenée et à bout de souffle.

« Nous sommes dans un changement de culture. La protection des enfants n’est plus que l’affaire de la DPJ. On ne veut plus mettre tous nos efforts sur les soins intensifs jeunesse, sur la DPJ. La protection des enfants, c’est l’affaire de tous », insiste Robin-Marie Coleman.