«Si des gens veulent continuer, ils pourront le faire. Tout est en place, mais ça prend plus de membres, plus de gens qui y croient», laisse entendre le conseiller municipal de Shefford et administrateur de la Coopérative, Jérôme Ostiguy.

La dissolution de la coop santé de Shefford est proposée

Le peu d’enthousiasme de la population pourrait finalement avoir raison du projet de coopérative de santé à Shefford. Les administrateurs proposeront la dissolution de l’organisme lors d’une assemblée générale spéciale le 25 janvier prochain.

Ce sera d’ailleurs le seul point à l’ordre du jour de la séance, précise-­t-on dans la convocation envoyée aux membres récemment. 

Durant la dernière année, les responsables ont multiplié les initiatives pour augmenter le nombre d’adhérents, dans l’espoir d’inaugurer une clinique médicale sur le territoire de Shefford, sans obtenir le succès escompté. 

Conseiller municipal de Shefford et administrateur de la Coop, Jérome Ostiguy explique que dans la situation actuelle, il devient difficile de poursuivre le projet. « On a fait des pieds et des mains pour vendre des parts sociales. On a même envoyé des lettres de sollicitation dernièrement dans les municipalités de Waterloo, Saint-Joachim-de-Shefford et Warden. Ça nous a apporté un ou deux membres de plus. On ne peut pas dire qu’on n’a pas essayé... »

Ce dernier insiste néanmoins sur le fait que pour dissoudre l’organisation, il faudra l’assentiment de la majorité des membres. « Si des gens veulent continuer, ils pourront le faire. Tout est en place, mais ça prend plus de membres, plus de gens qui y croient », dit-il en assurant qu’un pharmacien et certains professionnels de la santé ont un intérêt pour le projet. 

Jérôme Ostiguy estime toutefois que l’absence d’un médecin de famille pour lancer le projet a pu contribuer au manque d’intérêt des citoyens. « Deux médecins de Granby avaient été rencontrés, mais les deux se sont désistés. Il y a aussi moins de patients orphelins dans la région, comparé à la situation qu’on vivait il y a quatre ans. Il y a plusieurs facteurs qui ont fait que les gens y ont moins cru... », dit-il.

Advenant la dissolution de la Coopérative de Solidarité Santé Shefford, il va sans dire que les sommes reçues au fil du temps — par le CLD de la Haute-Yamaska et les membres, par exemple — devront être remboursées.

Longue saga 

Le projet d’une coop de santé est dans l’air à Shefford depuis 2010, alors que la mairie était occupée par Jean-Marc Desrochers. À ses débuts, le projet semblait voué à un beau succès, si l’on se fie aux résultats d’un coup de sonde réalisé auprès de la population en 2014. À l’époque, plus de 85 % des 265 répondants se disaient favorables au projet d’une clinique publique, la majorité étant aussi prête à cotiser pour devenir membre.  

Les responsables rêvaient alors d’une inauguration à la fin de l’année 2016.

Au fil du temps, le dossier s’est complexifié. La municipalité de Shefford avait fait l’acquisition, en 2016, d’un vaste terrain sur la route 112 dans l’intention d’implanter non seulement la clinique de santé, mais également un centre communautaire, des logements pour aînés, et une école primaire. On parlait même d’une pharmacie, d’une station-service et d’un dépanneur.

À ce jour, aucun de ces projets ne s’est concrétisé. 

Quant à la coop de santé, le nombre d’adhérents n’a jamais approché les 1000 espérés. En décembre dernier, il avoisinait les 300. L’engagement de la municipalité à contribuer au projet jusqu’à concurrence de 100 000 $ semblait également moins assuré. 

Toute cette conjecture laissait donc poindre un doute sur la concrétisation de la clinique. « On garde toujours espoir que ça fonctionne. Mais j’ai toujours dit que c’était la population qui allait décider... », avait confié le mois dernier le président de l’organisme, Marc Valence, à La Voix de l’Est. 

Ce dernier a préféré ne pas commenter le dossier cette semaine.

L’assemblée spéciale aura lieu le jeudi 25 janvier à 19 h à l’hôtel de ville de Shefford.