Pauline Quinlan a été chaudement accueillie lundi lors de son entrée dans la salle du conseil.
Pauline Quinlan a été chaudement accueillie lundi lors de son entrée dans la salle du conseil.

La dernière assemblée de Pauline Quinlan

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Au cours de ses 19 ans à la tête de Bromont, Pauline Quinlan­ a su marquer sa communauté. Et l’émotion était tangible, lundi, lorsque la mairesse a entamé sa dernière séance du conseil, aux premières loges d’une salle pleine à craquer pour l’occasion.

C’est dans un silence à la fois complice et éloquent que les gens ont observé Pauline Quinlan prendre place au centre de la table des élus pour cet ultime rendez-vous avec les Bromontois. C’est avec l’aplomb qu’on lui connaît, non sans un brin d’émotivité, que la principale intéressée­ a pris la parole. 

« C’est très agréable de vous recevoir tous, les citoyens, ici dans votre maison pour la dernière assemblée que je ferai à titre de mairesse de Bromont », a-t-elle lancé, des trémolos­ dans la voix.

Les points à l’ordre du jour étaient nombreux, mais le moment que les gens attendaient s’est présenté en fin de rencontre lorsque les élus ont tour à tour pu livrer quelques mots à propos de celle qui clôt une longue et prolifique carrière politique. 

Le premier à se lancer a été Pierre Distilio. « Malgré nos petits dif­férends, j’ai un énorme respect pour ce que vous avez fait pour le développement de cette ville. Jamais je n’avais eu la chance de côtoyer d’aussi près une femme avec tant d’énergie. Je suis fier d’avoir pu partager avec vous ces quatre dernières années. [...] Je vous souhaite une bonne retraite bien méritée », a indiqué le représentant du district 1 et à nouveau candidat.

« Rock star »

Louis Villeneuve, qui souhaite prendre la relève de Pauline Quinlan­ à la mairie, a poursuivi. « J’ai beaucoup appris à votre contact, Mme Quinlan, a-t-il dit. On n’a pas toujours été d’accord, mais vous m’avez appris beaucoup. Je crois que vous avez contribué à faire de moi une meilleure personne. » Diane Perron a ensuite pris la parole. « J’ai beaucoup appris de vous. Vous êtes une grande dame. Une femme remarquable dans le sens du respect des autres. [...] C’est une belle aventure qui se termine. Merci Mme Quinlan­ », a mentionné celle qui briguera également­ les suffrages à la mairie.

Réal Brunelle, en poste depuis plusieurs années aux côtés de Pauline Quinlan en tant que conseiller du quartier Pierre-Laporte, a imagé son allocution. « Ça a été un plaisir, même un honneur de travailler avec une mairesse telle que Mme Quinlan. On a eu plusieurs tempêtes à traverser. Et avec Pauline Quinlan comme capitaine, on était certain de toujours revenir à bon port, a illustré celui qui sollicite un autre mandat. C’est une question de temps, de patience. Et elle avait ce leadership. »

Sylvie Adam, en poste depuis deux ans et demi dans Adamsville, a suscité de vives réactions dans l’auditoire. « C’est un honneur d’avoir pu être à vos côtés tout ce temps, a dit celle qui prend une pause de la politique. Je suis allée avec Mme Quinlan dans quelques événements, et elle est accueillie en “rock star”. C’est très impressionnant. Merci encore pour tout ce que vous avez accompli. »

Marie-Ève Lagacé, qui tire sa révérence comme représentante dans le quartier Shefford, a conclu de façon succincte, mais non moins sentie. « Toute mon admiration, Mme Quinlan­ », a-t-elle dit, étreinte par l’émotion.

Proximité

À son tour, l’oratrice d’expérience a su à la fois attendrir la foule, et la faire sourire. « Ce soir, c’est la 442e assemblée du conseil que je préside. En 19 ans, j’en ai manqué environ 10. Pas si mal, a lancé Pauline Quinlan. [...] Pour moi, c’est un privilège énorme, incroyable d’être élue à la mairie de cette ville. »

Elle a ensuite continué son allocution, sous les regards attentifs des citoyens, en levant son chapeau tant aux élus qui ont croisé son chemin au fil des ans, qu’aux fonctionnaires puis aux nombreux partenaires de la municipalité. Et bien qu’elle tire un trait sur la politique municipale, Pauline­ Quinlan­ tient à demeurer près de sa communauté, comme ce fut le cas au cours des 19 dernières années. 

« Je rentre dans nos terres. Mon mari et nos quatre enfants puis les 10 petits-enfants m’attendent, a-t-elle dit après avoir reçu des applaudissements nourris. [...] Mais sachez que je fais un gâteau aux pommes avec une sauce au rhum assez exceptionnel. Si vous m’appelez d’avance et que vous me dites que vous viendrez faire un petit tour, vous serez accueillis avec grand plaisir. »