Le décès de la fillette à Granby a ravivé de douloureux souvenirs pour une jeune femme victime de violence parentale dans son enfance et qui a été retirée de son milieu familial après avoir tenté de mettre fin à ses jours.

La décès de la fillette ravive de douloureux souvenirs pour une jeune femme

Le décès de la fillette à Granby ravive de douloureux souvenirs pour une jeune femme victime de violence parentale dans son enfance et qui a été retirée de son milieu familial après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Douze ans plus tard, elle porte toujours des séquelles.

« Ça va toujours rester. Il y a de grosses séquelles qui sont là. Tes parents sont censés être ton pilier. Quand ça arrive, tu restes toujours marqué », confie la jeune femme qui a voulu partager son histoire en apprenant celle de la fillette de sept ans qui est décédée mardi. « Ça vient tellement me chercher », dit-elle.

L’enfance de la jeune femme, aujourd’hui âgée de 26 ans, a été marquée par la violence, des coups principalement portés par son père. Et par sa mère à l’occasion, affirme-t-elle. « Mon père m’a battue jusqu’à l’âge de 14 ans », dit-elle.

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) était intervenue à plus d’une occasion. La jeune fille avait été placée en famille d’accueil et même un centre d’accueil. À l’âge de 14 ans, alors qu’elle était de retour dans la maison familiale, son père lui a assené un coup de poing au visage. « Après ça, j’ai fait une tentative de suicide », raconte celle qui vit en banlieue de Granby.

Après avoir posé ce geste de désespoir, elle a été retirée de son milieu familial par les autorités. « On a eu la DPJ très tard », estime-t-elle.

Le décès de la fillette l’a profondément bouleversée. « Ça a été le choc, confie-t-elle. Je me suis revu toute petite. N’importe qui aurait pu me tuer... On est des enfants, on commence notre vie. On doit être protégés. » « Il ne faut pas attendre qu’un enfant meure pour qu’on le sorte de là », enchaîne-t-elle.

La jeune femme n’est pas retournée vivre chez ses parents avec qui elle a certains contacts aujourd’hui. Malgré des années difficiles, parsemées par la consommation de drogues et la violence, sa vie reprend petit à petit son cours normal, même si elle estime qu’elle n’aura « jamais une vie normale à 100 % ».

Elle ne consomme plus de stupéfiants depuis bientôt deux ans, elle a un emploi et un conjoint. Encore aujourd’hui, elle a toutefois recours à des ressources psychologiques pour l’aider à cheminer.