« Alors, je prends la parole tout en adoptant une voix piquante d'adrénaline : esprit, es-tu là ? Le triangle commence à bouger, et il nous répond : oui », lisait Sawna Monpou, l'une des cinq lauréates de la CSVDC de l'édition 2017 du concours AMOPA.

La CSVDC, «une pépinière d'écrivains»

Cinq élèves du secondaire de la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) ont été honorés pour leur talent littéraire dans le cadre du concours « Défense et illustration de la langue française » de l'Association des membres de l'Ordre des Palmes académiques (AMOPA), qui s'adresse à l'ensemble de la francophonie. Depuis que la CSVDC participe au concours, son nombre de lauréats augmente chaque année. « Une pépinière d'écrivains », selon Michel Leduc, vice-président de la section Québec de l'AMOPA.
« C'est peut-être ces gens-là qu'on va lire dans plusieurs années », a dit Édith Catherine Mongeon, de la CSVDC, avant de laisser les lauréates lire les textes qui leur méritaient un certificat de l'AMOPA. Cette année, trois étudiantes ont remporté des prix dans la catégorie provinciale du concours, et deux autres dans la catégorie internationale. Près de 500 textes sont soumis à ce concours pour le volet de la province, et environ 1000 pour le volet international.
Un poisson et une église
Maria Garz, élève de 4e secondaire à l'école Massey-Vanier, a remporté le 1er prix international dans la catégorie Jeune nouvelle Maupassant pour son texte Mystère et queue de poisson. L'histoire se voulait celle d'une trentenaire recevant un bouquet de roses mortes à son bureau de travail accompagné du message : « Profite de tes derniers moments, car demain, c'est fini ». La protagoniste passe la journée à effectuer des recherches sur la signature du message (P-A) sans aboutir à quoi que ce soit. Les caméras de sécurité ne présentent rien non plus. Le mystère tient en haleine, et « morte de peur », l'héroïne ne réussit pas à fermer l'oeil de la nuit. Le lendemain, elle trouve finalement un second mémo. « Poisson d'avril », disait-il.
Florence Francis, élève de 2e secondaire de l'école Jean-Jacques-Bertrand, a remporté la 2e place dans la catégorie internationale Prix d'expression écrite de la langue française. Son texte, Divin, rien de moins, est une description de la Sagrada Familia, église iconique de Barcelone. « La Sagrada Familia se tient sous mes yeux dans toute sa splendeur, telle une glorieuse reine saluant son sujet », peut-on lire en début de texte. Puis, alors que le personnage entre dans le monument, « j'ai cru avoir été comblée par l'extérieur, mais le nouveau panorama qui s'offre à moi est définitivement comparable à l'inatteignable perfection. Partout autour de moi, des vitraux géométriques diffusent une lumière arc-en-ciel s'apparentant à une aura mythique[...] Oui, cet endroit donne envie de croire en Dieu ».
Effroi et poésie
Au volet provincial, on retrouve la nouvelle Le soir d'Halloween de Swane Monpou (secondaire 4, Massey-Vanier), qui raconte l'expérience traumatisante d'une première partie de Ouija. La finale : il s'agissait d'un tournage, seule la narratrice n'étant pas au courant du canular. Sa nouvelle lui a valu la 2e place Jeune nouvelle Maupassant.
Doroteea Capitanu (secondaire 4, école de la Haute-Ville) a remporté la première place du volet provincial dans la catégorie Jeune nouvelle Maupassant pour son texte Le Carnaval. C'était l'histoire brise-coeur d'un tueur à gages (narrateur) qui, pour son dernier contrat avant de longues vacances avec sa bien-aimée, doit assassiner la Duchessa lors du Carnaval de Venise. Or, sa bien-aimée, Annabella, est femme de chambre au palais et ignore le contrat de son chéri. Alors qu'il tuait la Duchessa masquée à l'occasion des festivités, il lui retira son masque. « Avec horreur, je découvris que le visage derrière le masque n'était nul autre que celui d'Annabella. C'est alors que je compris qu'Anna avait accepté, pour avoir sa prime, d'être la nouvelle doublure de la Duchessa, pour que celle-ci puisse aller danser en toute liberté dans la salle, sans être reconnue ». 
Finalement, le poème Seule, isolée, esseulée et délaissée de Clémentine Troncy (secondaire 4, Jean-Jacques-Bertrand) a remporté la première place du volet provincial poésie. « Esseulée/perdue dans cet univers infâme/Tel un malaimé scorpion/recherchant à tâtons l'attention dont est privée son âme », peut-on entre autres y lire.