Steeve Bouchard et Jacques Lanciault exigent que les politiciens s’engagent davantage pour les travailleurs.

La CSN interpelle les candidats

La CSN demande des engagements concrets pour les travailleurs de Granby. La centrale syndicale croit que les emplois à l’usine Aliments Ultima de Granby sont notamment menacés par la renégociation de l’ALENA qui pourrait entraîner l’abolition de la gestion de l’offre et demande le soutien des chefs de parti.

« C’est malheureux de constater qu’en 2018, il y a encore des secteurs d’emploi où les conditions sont inacceptables. À Granby, c’est notamment le cas des travailleuses de centre d’hébergement privé, des chauffeurs d’autobus scolaire et du personnel du réseau de la santé et des services sociaux », a lancé jeudi matin le vice-président du Conseil central de la Montérégie de la CSN (CCM - CSN), Jacques Lanciault. 

Le syndicat demande ainsi aux politiciens de proposer des solutions concrètes pour ces travailleurs. « On veut sensibiliser les candidats à ce qui se passe sur le terrain. Parfois dans leurs discours ou dans leurs pensées, on dirait qu’ils ne comprennent pas ce que les travailleurs vivent », croit Jacques Lanciault. 

Sans vouloir s’immiscer dans la campagne électorale, le vice-président du CCM - CSN aimerait entre autres que les politiciens s’engagent à ce que davantage de personnel soit embauché dans le secteur de la santé et que les conditions de travail soient améliorées dans les centres d’hébergement privés.

Gestion de l’offre

À ses côtés, le secrétaire du syndicat de l’usine des Aliments Ultima à Granby Steeve Bouchard, exige que les chefs de parti fassent front commun avec le gouvernement fédéral pour la sauvegarde de la gestion de l’offre. 

« Je sais un peu comment marche une négociation. Quand on s’entend pas, on relègue. On va arriver à la fin et il va juste rester la gestion de l’offre. Quand t’as réglé 90 % de l’accord, parfois c’est plus facile de dire qu’on ne jettera pas l’entente juste pour ça », explique M. Bouchard.

Ce dernier croit que les négociateurs canadiens pourraient être tentés d’assouplir la gestion de l’offre comme compromis à la protection des emplois dans le secteur automobile. 

Le syndicaliste craint que les 300 emplois de l’usine granbyenne spécialisée dans la production de yogourt disparaissent si le marché est libéralisé.

Il ajoute que plusieurs usines de transformation laitière fonctionnent en sous-production aux États-Unis et qu’elles gagneraient à avoir accès aux 37 millions de consommateurs canadiens.

Aliments Ultima pourrait également perdre son contrat avec le géant américain General Mills qui produit, pour se conformer à la réglementation actuelle de l’ALENA, ses produits Yoplait à Granby.

À ses yeux, une ouverture du marché mènerait à une guerre des prix qui nuirait grandement aux producteurs et transformateurs, sans toutefois être très avantageuse pour les consommateurs.

Selon ses chiffres, le litre de lait américain serait 24 ¢ moins cher au sud de la frontière. Les Canadiens devraient donc consommer six fois plus de lait pour espérer économiser 100 $ par année.

Médias régionaux

Les représentants de la CSN se sont également dits inquiets de la situation des médias régionaux.

« Il y en a de moins en moins, c’est une situation qui inquiète beaucoup le conseil central de la Montérégie parce que les médias sont importants pour la démocratie. On aimerait que le gouvernement s’investisse davantage », mentionne Jacques Lanciault. 

Les syndicalistes auraient d’ailleurs aimé voir les candidats locaux s’engager davantage pour les travailleurs de la circonscription.