Le directeur du Service de police de Granby, Marco Beauregard, a présenté mercredi le bilan annuel du service qu’il dirige depuis 10 ans.

La criminalité en hausse

Après plusieurs années à voir la criminalité diminuer sur son territoire, le Service de police de Granby remarque une hausse de 4,5 % des crimes qui ont été perpétrés en 2017. Les crimes contre la propriété ainsi que ceux contre la personne ont fait un bond. Bonne nouvelle cependant : le taux de solution est plus élevé que la moyenne des dernières années.

« Je pense qu’on a une bonne note, a affirmé le directeur du Service de police de Granby, Marco Beauregard, qui a présenté son 10e bilan annuel mercredi lors d’un point de presse. Quand on compare les cinq dernières années, on est dans la très bonne moyenne. Je maintiens que Granby est l’une des villes centres les plus sécuritaires au Québec et au Canada. »

En 2017, 2689 crimes ont été commis à Granby, comparativement à 2572 l’année précédente. « Depuis une dizaine d’années, nous avons enregistré des diminutions relativement constantes des crimes et des infractions rapportés sur le territoire, rappelle le directeur. Nous savions qu’à un moment donné, la tendance à la baisse ralentirait. Si nous voulons faire une comparaison objective, il est important de rappeler que, pour les années 2012, 2013 et 2014, ce chiffre avoisinait annuellement les 3200 dossiers. »

Les policiers ont dénombré 516 crimes contre la personne en 2017 comparativement à 422 l’année précédente, ce qui représente une hausse de plus de 22 %. À ce chapitre, les dossiers de voies de fait sont à la hausse. Le service en a rapporté 288 en 2017 contre 240 en 2016, un bond de 20 %. Quelque 160 dossiers de menaces ont été ouverts en 2017 comparativement à 135 l’année précédente, ce qui se traduit par une hausse de 18,5 %.

Les plaintes pour des crimes à caractère sexuel ont presque doublé en 2017. Elles sont passées de 32 en 2016 à 55 en 2017. « Que ce soit des menaces, des voies de fait, différentes violences physique, verbale, conjugale, ce sont des crimes que la société tolère de moins en moins et que la société est invitée à dénoncer. Évidemment, il y a eu le #MeToo au niveau des infractions en matière sexuelle qui a certainement eu une incidence sur les dénonciations qui nous sont rapportées », explique M. Beauregard.

Crimes contre la propriété
Les crimes contre la propriété ont également connu une hausse, moins significative toutefois que celle des crimes contre la personne — de l’ordre de 6,5 %. En 2017, 1143 crimes ont été rapportés, contre 1073 en 2016, « ce qui est toutefois loin des 2199 dossiers en 2009 », ajoute du même souffle le chef de police.

Au cours de l’année 2017, les vols dans ou sur les véhicules ainsi que les vols simples ont connu une hausse. Ils sont respectivement passés de 77 en 2016 à 119 en 2017 et de 123 en 2016 à 151 l’année dernière.

Le directeur, qui est à la tête d’un service de police ayant traité plus de 17 000 appels en 2017, affirme que la bonne façon de mesurer l’efficacité d’un corps policier est de vérifier son taux de solution des crimes. « En 2017, ce taux a été de l’ordre de 63,6 %, soit légèrement plus élevé que la moyenne des cinq dernières années établie à 62,5 %. Ce taux nous permet d’être dans le peloton de tête sur l’échiquier provincial à ce sujet », dit-il.

Réseau routier
Les routes de Granby ont été le théâtre de trois collisions mortelles en 2017, soit autant qu’en 2016. Les collisions qui ont entraîné des blessures ont connu une légère diminution, passant de 369 en 2016 à 363 l’année dernière. Les délits de fuite ont toutefois explosé en 2017. Pas moins de 156 incidents ont été rapportés aux policiers, soit 30 de plus que l’année précédente.

Au chapitre de la sécurité routière, les policiers reverront leur stratégie pour améliorer le bilan. « Il faudra bien identifier nos endroits les plus accidentogènes [sic] et accroître nos efforts en prévention et en application stratégique du Code de la sécurité routière », affirme M. Beauregard. L’emphase sera notamment mise sur leur programme Prudence, patience et respect, créé à Granby.

Des opérations sont à prévoir notamment dans les quartiers résidentiels. Une demande a été formulée à cet effet par les citoyens. « On maintient la limite de vitesse à 50 km/h, mais quand la vitesse va dépasser 50 km/h, notre tolérance va être abaissée », dit le directeur, précisant que Granby n’a pas l’intention de réduire la limite de vitesse à 30 km/h ou 40 km/h contrairement à d’autres villes.

Quant aux contraventions, les policiers en ont émis 13 992 en 2017 au lieu de 12 904 en 2016.

Le directeur Beauregard n’a pu passer sous silence l’un des grands objectifs atteints en 2017, c’est-à-dire le renouvellement de la convention collective des policiers.

Légalisation du cannabis: les autorités se préparent

L’année 2018 sera marquée par le projet de légalisation du cannabis qui amène son lot de défis pour le Service de police de Granby et l’administration municipale. Un comité est déjà en place et se prépare à intervenir dès que la législation sera modifiée. Le service de police milite également pour augmenter ses effectifs policiers qui feront la lutte aux stupéfiants. 

« La légalisation du cannabis, ce sera un objectif majeur, a affirmé Marco Beauregard, directeur du Service de police de Granby, lors de la présentation du bilan annuel du corps policier, mercredi. C’est un dossier qu’on suit de très, très près. »

Un comité municipal composé de membres de différents services de la Ville a été créé. Ils ont entre autres pris connaissance des projets de loi en matière de légalisation du cannabis pour être fin prêts à intervenir lorsque la législation sera modifiée, autant au niveau provincial que fédéral. 

« Il faudra qu’on s’arrime, qu’on apporte des changements aux règlements principaux. [...] Il faut savoir quels seront les changements législatifs, car actuellement, ce sont des projets de loi qui ont été déposés. On a beau prendre connaissance de ça, mais est-ce que ce sera réellement ce qui sera en application ? », questionne M. Beauregard. 

Chose certaine, le service de police est prêt. Tous les policiers sont formés pour procéder aux épreuves de coordination de mouvement, une méthode employée pour déceler si une personne est intoxiquée par la drogue. Un agent évaluateur est également en fonction pour confirmer, au moyen d’autres tests, si l’individu est intoxiqué ou pas. 

Stupéfiants

Le service de police accentuera ses efforts pour lutter contre les crimes « initiés », c’est-à-dire des infractions liées à la vente de stupéfiants. « Il faut détacher du personnel là-dessus », insiste M. Beauregard. 

Le chef de police est actuellement en pourparlers avec les autorités municipales afin d’avoir minimalement deux policiers supplémentaires qui enquêteraient sur les crimes liés aux stupéfiants. « Ça a une incidence sur la criminalité. Les gens qui consomment, souvent ils commettent des crimes pour avoir des sous, pour financer leur consommation », dit M. Beauregard. 

Dans le cadre de la légalisation du cannabis, le gouvernement provincial et les municipalités réclament qu’une partie des taxes de la vente du produit soit redistribuée aux acteurs sur le terrain, notamment pour réaliser des opérations policières, explique le directeur.