Myanda Mercier (à gauche) a organisé la soirée-bénéfice en soutien à sa mère, Annie Martin (à droite) et à sa sœur Leïa Mercier.

La communauté soudée autour de Leïa

Le soutien de la communauté ne faiblit pas plus de six mois après le grave accident qui a complètement chamboulé la vie de Leïa Mercier et celle de sa famille. Plus de 300 personnes se sont réunies samedi au Club de Golf de Waterloo lors du spectacle-bénéfice Aidons Leïa et Annie.

« Ça s’est extrêmement bien passé ! », explique la sœur de Leïa, Myanda Mercier, qui a organisé l’événement afin de donner un coup de pouce à leur mère, Annie Martin.

Plusieurs artistes ont répondu à l’appel de l’organisatrice. Des groupes appréciés localement tels que Ré-flex, Hiver, Marco Vary ou Still Good sont venus faire bouger la foule et soutenir la famille touchée par le drame. « On connaît tous les musiciens, explique Myanda. Ce sont des membres de la famille, des amis ou des connaissances. »

Soutenir le quotidien
Il ne s’agissait pas d’une collecte de fonds traditionnelle. La cause de ce spectacle-bénéfice ? Soutenir le quotidien de la petite famille. Et depuis le 17 novembre 2017, ce quotidien tourne autour du chevet de Leïa. Sa mère, Annie Martin, a dû abandonner ses contrats de massothérapeute pour être au chevet de sa fille qui vit actuellement dans un centre de réhabilitation à Saint-Hyacinthe. « Je n’ai manqué que neuf jours à ses côtés depuis six mois, en comptant la soirée de samedi », constate-t-elle.

Mme Martin est seule à subvenir financièrement aux besoins du foyer familial et elle doit composer avec un budget de plus en plus serré.

Après avoir réglé toutes les dépenses associées à la tenue d’un tel événement, la soirée-bénéfice aura permis d’amasser quelques milliers de dollars. De quoi respirer financièrement pendant deux mois, selon elle.

Dépendre de la générosité de la communauté la rend toutefois inconfortable. « Je ne suis pas une victime dans la vie. Mon intention n’est vraiment pas de rester sans travailler à me faire aider par tout le monde. J’ai plein de projets, mais je n’ai ni le temps ni l’énergie pour le moment », se défend-elle.

« Les gens pensent que parce qu’ils t’aident, ils ont le droit de contrôler ton budget et ta vie », se plaint-elle.

« Leïa était belle, elle était bilingue, tout le monde l’aime et elle avait un avenir devant elle », rappelle Annie Martin.

Incertitudes
Leïa va mieux. Cependant, elle revient de loin, de plusieurs semaines dans le coma plus exactement.

Elle reprend ainsi tranquillement possession de son corps et de son esprit, et fait des progrès tous les jours. Elle peut faire quelques pas par elle-même, elle commence à prononcer quelques mots. La jeune femme qui aura 19 ans dans quelques jours a même recommencé à blaguer et à sourire.

Depuis peu, celle qui était bilingue a recommencé à écouter des films en anglais. « Ça a rebranché sa conscience émotionnelle, on voit la personnalité de Leïa commencer à rejaillir », constate sa mère. Difficile toutefois pour ses proches de ne pas comparer l’avant et l’après.

« Je ne suis plus capable d’entendre les gens me dire “au moins elle est en vie”. Ma fille était belle, elle était bilingue, tout le monde l’aimait et elle avait un avenir devant elle. Le choc c’est de se dire “Maintenant c’est qui ma fille ? Quelles sont ses possibilités ? ” Avez-vous vu une idée de tout ce qu’on vit ? De tous les deuils qu’on doit faire ? », explique sa mère, l’émotion dans la gorge.

« Tant qu’elle fait des progrès, elle pourrait passer plus d’un an au centre à Saint-Hyacinthe, mais si ça s’arrête pendant un mois ou deux et qu’elle atteint un plateau, on devra s’asseoir avec les médecins pour voir ce qui en est pour le futur ».

Elle pourrait par exemple être transférée dans un CHSLD ou encore recevoir des soins à la maison. Dans ce cas, sa mère pourrait recevoir un certain soutien financier en tant qu’aidante naturelle, mais cette avenue n’a pas encore été explorée.

Cette période pourrait également n'être qu'une « parenthèse » dans la vie de Leïa. « Tout est possible, mais il faut être réaliste ; il y a peu de chance que Leïa soit autonome dans six mois », précise-t-elle.

Affronter le système
En plus de devoir passer par une gamme d’émotions, Mme Martin a dû affronter une lourde bureaucratie afin de régler les affaires de sa fille. Puisque celle-ci était majeure au moment de l’accident, qu’aucun document notarié ne précisait ses volontés et que son état est temporaire jusqu’à preuve du contraire, la mère de Leïa a eu toutes les misères du monde à régler les affaires de sa fille comme régler son prêt étudiant ou couper son compte cellulaire.

À ce sujet, Mme Martin interpelle les parents afin que les documents officiels des enfants (testament, papiers notariés, etc.) soient dûment remplis pour parer à toute éventualité dès leurs 18 ans.

Ceux qui aimeraient soutenir Leïa Mercier et sa famille peuvent toujours le faire via la campagne de sociofinancement accessible sur la plateforme GoFundMe.