Josée Ranger devant sa clôture endommagée

La clôture de la discorde

Depuis quelques mois, Josée Ranger tente du mieux qu’elle peut de faire tenir la clôture qui borde la limite arrière de son terrain. En janvier, celle-ci s’est affaissée sous le poids de la neige entassée par le passage de la déneigeuse de la municipalité. La dame dénonce aujourd’hui la lenteur du processus et le manque de collaboration de la Ville dans son dossier.

La propriété de Mme Ranger est située dans la rue Laurie, mais sa cour arrière donne sur le tronçon de la rue Simonds entre les rues Fernandel et Denison Ouest. C’est à cet endroit que les équipements de la municipalité ont endommagé la structure de métal, dont les poteaux sont désormais trop tordus pour être simplement redressés. Voyant cela, la Granbyenne a fait une première réclamation le 9 janvier, tout en informant le conseiller municipal de son district, Jocelyn Dupuis.

Près de six mois plus tard, rien n’est réglé. « J’ai toujours dû courir après la Ville. Le processus a été long avant d’avoir des nouvelles. Après plusieurs tentatives, j’ai pu parler le 11 mai à Me Stéphane Forest à la municipalité, mais l’offre était ridicule », estime-t-elle.

Selon elle, une nouvelle clôture coûterait 2700 $, alors que la Ville lui offre 1300 $, en tenant compte de sa dépréciation — malgré sa bonne condition, elle daterait d’une dizaine d’années.

La citoyenne demande plutôt qu’on lui rembourse la totalité des coûts pour le remplacement de la clôture et le déplacement des arbres.

Par ailleurs, elle a appris qu’elle devra la reconstruire deux pieds plus près de sa résidence, en raison d’une nouvelle règlementation municipale. Ce faisant, deux arbres « semi-matures » devront aussi être déplacés.

« En ce moment, la clôture tient grâce à des palettes de bois pour éviter que mes deux chiens se sauvent. Et parce qu’on a une piscine hors terre. Ce n’est pas qu’on ne veut pas la faire réparer, on doit attendre que le conflit se règle ! »

En raison de la neige tassée, la structure s’est affaissée.

Car, malgré les échanges entre les représentants de la Ville et Mme Ranger, aucune entente n’est encore intervenue.

« J’ai gagné le gros lot. Ils ont endommagé ma clôture et je dois payer plus de 50 % de la facture pour la faire réparer ; je dois en plus rapetisser mon terrain et déplacer les arbres à mes frais. Je dois payer la majorité des coûts pour une chose que je n’ai pas faite. »

À la Ville de Granby, Me Forest confirme que des discussions et des négociations ont eu lieu entre les deux parties, sans possibilité d’un accord. « On a reçu, le 10 janvier, une réclamation qui a été traitée. Il y a un processus administratif pour le traitement des réclamations. Ça ne peut pas se faire en quelques jours », rappelle l’avocat aux services juridiques.

Devant le désaccord, Me Forest mentionne avoir indiqué à Josée Ranger qu’elle devait maintenant s’adresser à la Cour des petites créances. « Ça fait plus d’un mois et demi que Mme Ranger et moi discutons de ce dossier. Ce sera au juge de trancher ultimement. »

Dupuis désappointé
Quant au conseiller municipal Jocelyn Dupuis, il dit regretter la tournure des événements. « Je suis vraiment désappointé. On est la voix des citoyens à la Ville. J’ai amené le point, mais j’ai les mains liées dans ce dossier. J’ai l’impression de ne pas faire mon travail. »

Selon lui, la municipalité a mis beaucoup de temps à répondre aux appels de Mme Ranger et que la dame « cherche des réponses ».

Il fait aussi remarquer qu’en reconstruisant sa clôture, la résidante « sera la seule à avoir deux pieds de moins de terrain que ses voisins ».