La directrice générale de SERY, Joanne Ouellette, s’est dite amèrement déçue que le CIUSSS garde le cap avec la fermeture­ de la clinique d’accès.

La clientèle de la clinique d’accès redirigée vers les GMF

Les récentes tractations pour maintenir en vie la clinique d’accès de Granby sont restées vaines. L’établissement de la rue Saint-Jacques fermera ses portes d’ici la fin du bail, en juin. La clientèle sans médecin de famille et orpheline sera prise en charge dans les groupes de médecine de famille (GMF) de la région, a appris La Voix de l’Est.

Le député de Granby, François Bonnardel, qualifie de « demi-victoire » cette nouvelle. « On va prendre en charge ceux qui sont inscrits sur la liste [Guichet d’accès à un médecin de famille ; GAMF] et répondre aux autres qui n’ont pas de médecin de famille. La clinique d’accès va fermer quand on va nous annoncer quels GMF vont prendre en charge ces patients. [...] Le CIUSSS nous a assuré qu’il ne laisserait personne orphelin », a indiqué en entrevue à La Voix de l’Est le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec.

Le président de l’Association des médecins omnipraticiens d’Yamaska (AMOY), Dr Jacques Bergeron, a corroboré ces informations. « Plusieurs personnes qui passaient à la clinique d’accès étaient redirigées ensuite vers les GMF pour y être vues en priorité. [...] Des plages horaires sont réservées dans les GMF du territoire, qui se sont mis d’accord pour prendre en charge leur partie de la clientèle », a-t-il fait valoir.

Rappelons que depuis son inauguration en 2011, la clinique d’accès n’avait jamais atteint son objectif de 4000 visites par année, en enregistrant tout au plus 1800. En ce sens, une refonte des services de première ligne de l’établissement a eu lieu à la fin de 2016. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie voulait ainsi tripler l’offre de services avec une cible de 6000 visites par an pour 4000 patients, avait indiqué à La Voix de l’Est le Dr Michel Camirand­, directeur adjoint des services professionnels de l’organisation.

Un sérieux coup de barre était donc nécessaire. Ainsi, l’établissement offre des soins de santé élargis aux personnes sans médecin de famille via des rendez-vous. Les services étaient disponibles à raison de 40 heures par semaine, grâce à la mobilisation d’une vingtaine de médecins, épaulés par une agente administrative puis une infirmière clinicienne. Le but avait en grande partie été atteint, si bien que les budgets et le bail de la clinique avaient été reconduits pour un an, rapportait La Voix de l’Est en juin.

Les choses se sont toutefois détériorées au cours des derniers mois. Le CIUSSS avait notamment évoqué le 20 avril que le problème de l’établissement était intimement lié à « un manque de disponibilité des médecins, et non [au] financement de la clinique. »

Le président de l’AMOY, Dr Jacques Bergeron, indique que la prise en charge de la clientèle sans médecin de famille dans les GMF de la région sera une solution­ transitoire.

Solution transitoire

La prise en charge de la clientèle sans médecin de famille et orpheline dans les GMF de la région serait une solution temporaire en raison du haut taux d’inscription, a mentionné le Dr Bergeron. Selon le président de l’AMOY, la perspective de vider la liste du GAMF est envisageable « d’ici la fin de 2018 ou le début de 2019 » en adoptant cette approche. 

Selon les données compilées en date du 15 mars, fournies par l’AMOY, les taux d’inscription à un médecin de famille dans les Réseaux locaux de services (RLS) de la Haute-Yamaska et La Pommeraie sont respectivement de 90 % et 92 %. Notons que la cible émanant de l’entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec [loi 20] est de 85 % pour l’ensemble du Québec.

Toujours en date du 15 mars, 3820 personnes étaient inscrites au GAMF en Haute-Yamaska, tandis que 821 individus y figuraient pour La Pommeraie.

Déception

La directrice générale de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), Joanne Ouellette-, s’est dite amèrement déçue de la tournure du dossier. Rappelons que SERY est propriétaire de l’immeuble où loge la clinique d’accès, rue Saint-Jacques. « La fermeture [de la clinique], c’est une très mauvaise nouvelle. On espérait que le CIUSSS entende raison, mais il semble que non. Pourtant, on a une belle alliance. La clinique fonctionne cinq jours par semaine au maximum de sa capacité. Depuis qu’on fait affaire avec le CIUSSS plutôt qu’avec les agences régionales, les problèmes s’enchaînent. Et c’est comme ça avec tous les organismes communautaires. »

De son côté, le CIUSSS s’est contenté d’un commentaire laconique, voulant que l’organisation travaille avec Québec pour trouver une solution, refusant d’infirmer ou de confirmer les informations obtenues par La Voix de l’Est.