La campagne en un seul engagement dans Saint-Hyacinthe-Bagot

À quelques heures du jour du scrutin, La Voix de l’Est a demandé aux candidats de la circonscription de Saint-Hyacinthe-Bagot d’énoncer en quelques mots quel était leur principal engagement envers les électeurs appelés aux urnes. Les voici.

Bernard Barré
Parti conservateur du Canada

«Les agriculteurs sont insatisfaits du nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis. On mérite mieux que ce qu’on a eu. On a été perdants. Trudeau a laissé aller trop de choses. Dans une négociation, il faut essayer d’être gagnant-gagnant, pas qu’un sacre la volée à l’autre. Andrew Scheer a toujours défendu la gestion de l’offre et il veut renégocier l’entente. Il y a présentement trop de produits américains qui rentrent ici et qui compétitionnent avec ce qu’on a. Si on laisse ça aller, ils vont nous manger. En plus, il n’y a pas un agriculteur qui a reçu la compensation promise. Ils ont tous la baboune et il faut redonner le bonheur à ces gens-là, qui représentent 12,5 % des emplois au Canada. Il faut travailler avec eux pour mettre de l’ordre dans la patente. Avec le Parti conservateur, on aura également un ministre du Développement rural en plus d’un ministre de l’Agriculture.»

Jean-François Bélanger
Parti populaire du Canada

Il n’a pas été possible de joindre M. Bélanger, qui n’a accordé aucune entrevue ni participé à aucun débat durant la campagne.

Sabrina Huet-Côté
Parti vert du Canada

«On a besoin de nouvelles lois, de nouveaux apprentissages en matière d’agriculture biologique. Tout le monde a besoin de manger et d’une alimentation saine. Je m’engage à créer une collaboration solide entre les agriculteurs et le gouvernement fédéral pour d’abord établir une norme maximale de taux de pesticide dans les aliments d’ici et importés. Et d’ici cinq ans, on vise l’élimination de tous les pesticides chimiques, notamment à l’aide de subventions de transition. Il y aura des réticences, mais les agriculteurs cherchent beaucoup de relève et eux sont favorables à modifier leurs façons de faire. Il y a des façons de limiter les pertes, comme l’urine animale, certains insectes ou la combinaison de deux légumes, mais les gens ne sont pas nécessairement au courant. Dans certains cas, le rendement est moindre, mais pas de beaucoup. Les agriculteurs ne seront pas perdants. De toute façon, les terres agricoles qui surutilisent les pesticides ne seront plus cultivables d’ici 10 à 15 ans.»

Brigitte Sansoucy
Nouveau Parti démocratique

«Au lendemain d’une élection, il faudra se pencher sur l’environnement. Créer un avenir nouveau. Ça ne sert à rien de chercher des coupables, il faut faire ce que l’on peut pour améliorer les choses et le fédéral doit avoir un leadership climatique. Être un catalyseur et montrer l’exemple. Les édifices fédéraux ne sont pas tous écoresponsables et nous avons une flotte de véhicules à électrifier. Il faut dès maintenant amorcer la transition énergétique, ce qui implique de s’attaquer à nos habitudes, notre confort. Prendre le transport en commun, mieux utiliser nos trois bacs. Personnellement, je prends l’autobus pour aller à Ottawa, même si c’est un peu plus long! Il faut arrêter d’exploiter les énergies fossiles et les travailleurs du domaine pétroliers sont transférables dans les énergies renouvelables. Dans Saint-Hyacinthe-Bagot, plusieurs PME ont innové en termes d’énergie renouvelable. On peut allier environnement et justice sociale.» 

Simon-Pierre Savard-Tremblay
Bloc québécois

«Il faut une loi pour interdire toute future brèche dans la gestion de l’offre. Exclure l’agriculture de tout futur accord de libre-échange, ça doit faire partie d’un minimum non-négociable. C’est un domaine qui mérite un traitement qui n’est pas celui d’une usine de pièces automobiles. D’accord en accord, quand on additionne les brèches, c’est devenu un cratère. Les agriculteurs vivent des pertes de revenu et ils ne seront pas complètement indemnisés. Notre système, qui est basé sur des fermes familiales et des produits de qualité, mérite d’être défendu. Sans agriculture, il n’y a pas d’alimentation. Il faut traiter les agriculteurs avec respect. C’est une job extrêmement prenante et ils vivent de la détresse. Quand on est simplement consommateur, on ne comprend pas cette réalité. Bref, on ne touche plus aux accords. Tous les partis promettent de le faire, mais il faut être conséquent.»

René Vincelette
Parti libéral du Canada

«Ma priorité sera tout ce qui est pénurie de main-d’œuvre, de la formation à l’immigration. La demande d’employés a augmenté beaucoup à cause de la démographie, de la baisse du taux de natalité et de la remontée de l’économie. Où je travaille, chez Groupe Lacasse, il nous manque 20, 30 employés. C’est la même chose dans des entreprises à Acton Vale et Saint-Pie, par exemple. On refuse des contrats par manque de main-d’œuvre. C’est cyclique, il y aura un renversement plus tard, mais la préoccupation demeure. Le Parti libéral veut accroître l’aide à la formation, les subventions pour aider les entreprises et l’intégration des nouveaux arrivants, notamment en dégageant des sommes pour que les provinces puissent les appliquer à bon escient. On veut aussi reconnaître davantage les acquis des immigrants et s’assurer que les employés qui perdent leur emploi aient une assurance-emploi.»

— propos recueillis par Pascal Faucher