En visite au Lake Joseph en Ontario, Antoine Saint-Germain côtoie d'autres jeunes atteints de troubles de la vision provenant de partout au pays, dans le cadre d'un camp d'immersion organisé par l'organisme pancanadien Inca.

La belle aventure d'un jeune Farnhamien

Antoine St-Germain vit ces jours-ci une expérience peu banale. En visite au Lake Joseph en Ontario, l'ado de 13 ans côtoie d'autres jeunes atteints de troubles de la vision provenant de partout au pays, dans le cadre d'un camp d'immersion organisé par l'organisme- pancanadien Inca.
«Ça va être le fun. Pour moi, c'est surtout le fait de pouvoir améliorer mon anglais», a indiqué le principal intéressé en entrevue avec La Voix de l'Est vendredi soir, à la veille de son départ vers la province voisine. 
Le jeune Farnhamien est atteint depuis sa naissance d'hypoplasie du nerf optique sur ses deux yeux. Il a toutefois conservé 10 % des facultés visuelles de son oeil droit. «Je vois moins bien de loin», a-t-il précisé. 
L'un des objectifs du camp est de permettre aux participants d'accroître leur indépendance.
Antoine était néanmoins certain de bien se débrouiller en l'absence de ses parents. Malgré son handicap, le jeune garçon a pu en effet poursuivre le cheminement scolaire habituel, ayant récemment complété son secondaire 1 à l'école Jacques-Ouellet de Longueuil. 
Qui plus est, Antoine a retrouvé au moins un visage connu au «Lake Joe». En effet, il a fait le voyage en compagnie de son amie Rosalie, qu'il rencontre de temps à autre dans le cadre d'activités pour jeunes malvoyants. 
En plus de nombreux cours et exercices de groupe, les participants du camp ont l'occasion de choisir trois activités «coup de coeur». « J'aimerais bien quelque chose en lien avec la natation. Je fais de la compétition», a dévoilé le Farnhamien. 
Des parents sereins
Malgré les enjeux de sécurité inhérents aux problèmes de vision, les parents d'Antoine n'étaient pas inquiets outre mesure de le voir partir. Sa mère, Catherine Langlois, a une grande confiance en l'équipe d'organisateurs. 
«Le camp où il s'en va, c'est spécialisé pour les jeunes qui sont aveugles ou malvoyants. Donc tous les gens qui seront autour ont de la formation pour les accompagner. (...) Les activités, tout ce qui va se passer cette semaine, c'est vraiment sécurisé et ciblé pour eux», a-t-elle fait valoir vendredi soir. 
Mme Langlois était heureuse de voir son fils saisir l'occasion qui se présente à lui. «Ça va lui permettre de rencontrer plus de gens, et de se développer à travers ça.»
Sans crainte
Chargée d'accompagner le groupe du Québec, composé de huit jeunes de 13 à 16 ans, Najla Noori abondait dans le même sens. «Quand tu as une perte de vision, tu es souvent surprotégé par le parent. Ça va leur permettre de gagner de l'autonomie», a indiqué l'intervenante psychosociale, qui est elle-même semi-voyante.
Mme Noori est ressortie motivée de la rencontre préparatoire tenue la semaine dernière. «C'est du nouveau pour eux, mais ils n'avaient pas de crainte, pas de stress. Il y a un jeune qui est plus gêné, plus timide. Et à la fin, j'ai entendu ses parents le féliciter. C'était super.» Le camp d'Inca s'étend jusqu'à vendredi prochain. La délégation québécoise repartira alors en autobus vers Toronto, d'où elle prendra l'avion en direction de Montréal.