L’homme d’affaires Mario Ménard, un des partenaires financiers du projet Arborescence

KnightsBridge criblée de dettes: des partenaires dans Arborescence « pris de court »

Les récents déboires de KnightsBridge ont poussé le constructeur à se placer à l’abri de ses créanciers. Les partenaires financiers de l’entreprise montréalaise dans le projet Arborescence à Bromont, Claridge et Mario Ménard, ont été plongés bien malgré eux au coeur de la tourmente. Pas question toutefois de perdre le cap, assure l’homme d’affaires.

« KnightsBridge était dans plusieurs projets simultanément. Dans la majorité d’entre eux, ils avaient des prêteurs importants et une position d’équité minimale », a résumé M. Ménard. Un des créanciers, en l’occurrence la société d’investissement Ipso Facto, a « décidé de tirer la plug, et le château de cartes s’est effondré », a-t-il imagé.

En ce qui concerne le projet immobilier à Bromont, trois partenaires pilotent Arborescence : Claridge et Ivanhoé Cambridge, associés dans le fonds de placement Claric, Mario Ménard, et KnightsBridge, qui agit principalement comme gestionnaire des opérations. À ce chapitre, M. Ménard évoque que « l’argent mis dans le projet par KnightsBridge est négligeable ». On parle d’environ 5 % de la mise de fonds initiale. Notons que le projet global, estimé à 100 millions $, prévoit la construction de près de 300 unités résidentielles, dont une cinquantaine lors de la phase 1.

Une des plus récentes transactions dans le dossier est une hypothèque mobilière avoisinant 8,1 millions $ contractée auprès de Desjardins, enregistrée le 31 octobre dernier. Cette somme sert à financer les travaux d’infrastructures en cours, entre autres l’ouverture de rues sur le vaste site. KnightsBridge aurait occulté ses problèmes financiers durant le processus pour ratifier cette entente, a fait valoir Mario Ménard. « On a été pris de court. Jusqu’à il y a une dizaine de jours, on n’avait aucune raison de croire que ça allait s’écrouler pour KnightsBridge. » Selon nos informations, l’entreprise tentaculaire cumule des dettes avoisinant 22 millions de dollars.

Mea culpa

Mario Ménard n’est pas au diapason avec certains propos tenus jeudi par le président de KnightsBridge concernant le report de la date de livraison des unités de la phase 1. « Le protocole d’infrastructures [avec la Ville] pour la période hivernale a fait en sorte que c’est repoussé », avait indiqué en entrevue Simon Gervais-Boyer. M. Ménard a remis les pendules à l’heure. « La coopération de la Ville de Bromont dans la préparation du protocole d’entente et l’émission des autorisations requises a été exceptionnelle. La Ville a fait son travail de façon efficace et diligente. Même si la Ville a été très prudente et rigoureuse dans les conditions qu’elle nous a imposées, pour s’assurer que le projet respecte l’environnement, le déboisement minimal, on est satisfaits de ce protocole. Et on entend le respecter à la lettre. »

Mario Ménard a également fait son mea culpa à propos du fait que la Ville a été informée tardivement des problèmes financiers de KnightsBridge. « Les événements se sont précipités. On n’a pas été en mesure, comme partenaires, de garder la Ville aussi informée qu’on aurait dû. »

Engagements

Les partenaires dans Arborescence sont en pourparlers pour trouver un constructeur pour les condos de la phase 1, dont le financement « est complet », afin de prendre la relève de KnightsBridge et ses filiales, a indiqué M. Ménard. « Notre priorité est de nous assurer de respecter tous nos engagements à l’endroit de nos acheteurs. »

Et qu’en est-il des délais de livraison ? « On pense être en mesure de livrer non seulement au printemps 2021 comme prévu, mais même avant Noël 2020 en accélérant la construction », a fait valoir l’homme d’affaires bromontois. Ce dernier a souligné à grands traits que l’embauche de sous-traitants locaux sera une priorité.