Le président du regroupement des vétérans UN-Nato de Granby, Daniel Rodrigue, et le major retraité des Forces armées canadiennes Michel Martin déplorent l’absence d’une parade commémorative pour le centenaire de l’Armistice à Granby.

Jour du Souvenir à Granby: la fin d'une tradition

Dépôt de couronnes de fleurs, prières, déploiement de drapeaux, recueillement au cénotaphe : tant de gestes significatifs qui ne seront hélas pas posés à Granby cette année, lors du jour marquant le centenaire de l’Armistice, ce dimanche. Pour la toute première fois, le jour du Souvenir ne sera pas souligné en bonne et due forme dans le parc Victoria. Une situation que le président du regroupement des vétérans UN-Nato de Granby, Daniel Rodrigue, et le major à la retraite des Forces armées canadiennes Michel Martin considèrent déplorable.

« C’est important de bien connaître l’Histoire et de se souvenir de tous ceux qui sont morts pour nous et qui se sont sacrifiés pour donner la liberté que l’on connaît aujourd’hui. Si les gens sont libres, c’est parce qu’il y a des gens qui se sont battus pour avoir cette liberté d’expression ; cette liberté de vivre », fait valoir le major Michel Martin, qui a contacté La Voix de l’Est pour dénoncer l’absence d’une cérémonie officielle à Granby.

Contrairement aux légions de Waterloo, Sutton et Cowansville, la légion de Granby a fermé ses portes en 2016 en raison d’importants problèmes de gestion. Depuis, les vétérans et leurs familles se retrouvent sans lieu de rassemblement où échanger sur leur expérience et leur traumatisme relatifs à cette aventure marquante.

Faute d’un espace qui leur est consacré, le major Michel Martin et une dizaine d’autres vétérans de la région se rencontrent toutes les deux semaines dans un restaurant.

« Hier (jeudi), j’étais avec les vétérans […] et on parlait justement de ça : un, qu’il n’y ait plus de légion et deux, qu’il n’y ait plus de parade à Granby. C’est inconcevable, explique-t-il. C’est sûr que s’il y avait une légion à Granby, on serait plusieurs à s’impliquer. »

La région de Granby compte 33 vétérans du regroupement UN-Nato, selon Daniel Rodrigue.

Le président des vétérans UN-Nato a fait partie des Forces armées canadiennes durant 37 ans et 9 mois. De retour à Granby depuis trois ans, il est devenu membre de la légion de Waterloo.

« La première année que je suis revenu à Granby, la légion de Granby fermait pour des problèmes financiers », raconte celui qui a d’abord fait partie de la défense antiaérienne avant de gérer des missions à l’extérieur du pays pendant ses dix dernières années de service.

Quant à lui, le major Michel Martin, âgé de 57 ans, a été responsable des aumôniers de la 34e brigade du Canada à Montréal. Il a été déployé en Afghanistan en 2007 et 2008 et il a accompagné les Casques bleus en Israël, à la frontière avec la Syrie. Toutes les choses qu’il a vues et entendues font de lui la personne qu’il est devenu aujourd’hui, dit-il.

Chaque année, une marche était organisée dans les rues de Granby afin de commémorer le jour du Souvenir.

L’école Parkview s’implique

Mais tout n’est pas perdu, car l’école primaire Parkview a pris l’initiative d’organiser un moment en souvenir de ceux qui ont combattu durant la Première Guerre mondiale, il y a 100 ans.

« C’est une décision historique. La direction et les professeurs trouvaient que c’était important de se rappeler l’Armistice. C’est un geste noble, parce que sinon ce serait passé sous silence », mentionne Michel Martin.

Les élèves partiront de l’établissement scolaire, le lundi 12 novembre à 11 h, pour se rendre au cénotaphe du parc Victoria afin d’y déposer des coquelicots et des poèmes.

Michel Martin est flatté que l’école Parkview ait pensé aux vétérans et il encourage les autres institutions scolaires à emboîter le pas tant et aussi longtemps que la légion ne reverra pas le jour à Granby.

Il n’en demeure pas moins qu’une parade officielle organisée par une légion est une cérémonie très significative, car elle permet de se rappeler respectueusement ceux qui ont accompli l’ultime sacrifice, soulignent les deux hommes.

« Une des choses qui nous attriste le plus, c’est qu’on n’honore pas les gens qui sont décédés pour le Canada », déplore Daniel Rodrigue, visiblement ému.

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la parade de l’Armistice avait lieu à Granby. Un pan de l’histoire se ferme désormais.

« Si on n’apprend pas de l’Histoire, on est condamné à répéter ses erreurs », plaide le major Michel Martin.

LES COMMÉMORATIONS DANS LA RÉGION

Filiale de Cowansville: le départ de la parade se fera à partir de la Légion royale canadienne, 120, boul. Davignon, à Cowansville, à 10 h 30.

Filiale de Waterloo, Shefford: le départ de la parade se fera à partir de la Légion royale canadienne, 77, rue Lewis Est, à Waterloo, à 10 h 45 ;

Filiale de Sutton: le départ de la parade se fera à partir du Parc des vétérans, 4, rue Maple, à Sutton, à 10 h 30.