Jonathan Lafrenière-Milot a été reconnu coupable, vendredi, d’homicide involontaire.
Jonathan Lafrenière-Milot a été reconnu coupable, vendredi, d’homicide involontaire.

Jonathan Lafrenière-Milot coupable d’homicide involontaire

Jonathan Lafrenière-Milot soutenait que c’est en légitime défense qu’il a poignardé Cédric Dupuis Skinner, le 28 juillet 2018, derrière un restaurant de la rue Authier à Granby.

La victime avait alors tenté de le frapper après lui avoir volé un sac de 3,5 g de cocaïne. « Par réflexe », l’accusé de 29 ans aurait ensuite levé sa main gauche dans laquelle il tenait un couteau long de 10 cm. Une version que le tribunal n’a pas retenue.

Le juge Érick Vanchestein, de la Cour du Québec, a déclaré M. Lafrenière-Milot coupable, vendredi, des accusations d’homicide involontaire et de trafic de cocaïne déposées contre lui.

Stoïque, vêtu d’un complet sombre, l’accusé surnommé Joe Jack Milo n’a pas réagi lors de l’énoncé du verdict.

Tout son témoignage n’a pas été rejeté. En fait, la version de M. Lafrenière-Milot corroborait en grande partie celle d’un autre témoin, Charles Messier.

Au procès, M. Messier a raconté comment lui et M. Dupuis Skinner, passablement éméchés, avaient prévu voler l’accusé, un trafiquant de drogue, sans le payer adéquatement. La victime, âgée de 20 ans, a tenté de frapper M. Lafrenière-Milot aux petites heures du matin, mais a raté son coup.

C’est après que les déclarations diffèrent.

La victime, Cédric Dupuis Skinner

Dessein

L’accusé disait avoir réagi « par réflexe » au coup de poing, alors que M. Messier a soutenu que le coup de couteau a clairement été donné en réponse à l’agression. Le juge a estimé que cette dernière version était beaucoup plus crédible.

« L’analyse de l’ensemble des faits amène le tribunal à penser que l’accusé n’a pas agi dans un dessein défensif », a indiqué le juge Vanchestein soulignant que la légitime défense ne peut justifier la violence gratuite.

La force employée par M. Lafrenière-Milot était « démesurée par rapport à celle à laquelle il était confronté », et « rien ne laissait croire qu’il risquait la mort. »

Il ne s’agissait donc pas de légitime défense au sens de la loi.

Réactions

Les parents de la victime, Richard Skinner et Brigitte Dupuis, ont refusé de commenter l’issue du procès. Même réponse du côté de la mère de l’accusé, qui était en pleurs à sa sortie de la salle d’audience.

« On est satisfaits, ça concorde avec les éléments de preuve déposés, a indiqué Me Karine Guay, du bureau de la Couronne. La cour a analysé tous les critères et a conclu que ce n’était pas de la légitime défense. »

Me Guay n’a pas précisé la sentence qu’elle suggérera pour l’accusé, se limitant à dire que « ce sera de l’emprisonnement ». Un verdict de culpabilité à une accusation d’homicide involontaire n’entraîne pas de peine de prison minimale.

« Nous n’avons pas de commentaire à faire à cette étape-ci », a dit pour sa part Me Rémi Cournoyer-Quintal, qui défendait l’accusé en compagnie de Me Jean-François Lambert.

Les parties ont fixé les observations sur la peine au 7 avril et le juge Vanchestein doit ensuite rendre sa décision le 25 mai. Jonathan Lafrenière-Milot reste détenu entre-temps.