La première ministre Pauline Marois a fait un saut à Granby, hier, pour un tête-à-tête avec sa nouvelle candidate, Joanne Lalumière.

Joanne Lalumière, candidate du PQ dans Granby : Marois «impressionnée» et confiante

La candidature de Joanne Lalumière dans Granby a tout pour ravir la chef péquiste Pauline Marois, qui croit plus que jamais que la circonscription de Granby «est tout à fait prenable». «En particulier avec cette femme-là», a-t-elle déclaré hier, en présence de sa candidate. «Ce n'est pas la première fois que Mme Lalumière est sollicitée par le PQ. Dans le passé, c'est arrivé. Mais elle n'en était pas là dans sa vie professionnelle.»
«Il me restait des choses à accomplir au Zoo», a renchéri l'ancienne directrice générale du Zoo de Granby. Qualifiant l'établissement de véritable joyau des organisations touristiques de la province, Mme Marois a rappelé que Joanne Lalumière y avait accompli un «miracle». «C'est quelqu'un envers qui j'ai beaucoup d'admiration. Elle est une femme qui a su prendre à bras-le-corps un projet dans une situation qui n'était pas facile, même périlleuse à une certaine époque. Je me souviens de ça.»
En route vers Sutton pour la présentation de René Beauregard dans Brome-Missisquoi, Pauline Marois et sa suite ont fait un crochet, hier après-midi, par Granby, le temps pour elle de rencontrer en tête-à-tête sa nouvelle candidate. La Voix de l'Est a eu droit à quelques minutes en présence des deux dames, bien au chaud dans l'autocar de campagne de la première ministre.
Impressionnée
La recrue et la politicienne d'expérience se connaissaient un peu de vue. Elles s'étaient croisées à quelques reprises à l'époque où Mme Lalumière faisait partie de l'exécutif de Bernard Landry dans Verchères, mais jamais de façon personnelle, se rappellent-elles.
En découvrant la feuille de route de Joanne Lalumière, la chef a toutefois été agréablement surprise. «J'ai été impressionnée en voyant son CV, car je ne le connaissais pas en détail.»
A-t-elle eu son mot à dire dans la candidature de Mme Lalumière? «Oui. C'est-à-dire qu'on a vérifié que j'étais d'accord! On m'a dit "on voudrait l'avoir". J'ai répondu "allez-y et je pourrai intervenir auprès d'elle au besoin.» La députée de Charlevoix n'a finalement pas eu besoin d'user de son pouvoir de persuasion.
Ceux qui prédisent déjà un ministère du Tourisme à Joanne Lalumière, si elle est élue, devront toutefois réfréner leur optimisme. «Comme j'ai dit à tous les candidats, je ne prends aucun engagement, laisse entendre Mme Marois. Parce qu'il y en a beaucoup qui ont la capacité de faire partie du conseil des ministres. On a une récolte de candidats comme on n'en a pas eu depuis longtemps au Québec. Mais il faut d'abord se faire élire.»
Celle-ci assure que le Parti québécois est en bonne posture sur le territoire couvert par La Voix de l'Est - dans le périmètre formé des circonscriptions de Johnson, Granby, Brome-Missisquoi et Iberville. «Chaque membre a ses forces et ses compétences, et quand on les voit tous ensemble, c'est sûr que ça fait la différence.»
PKP
Impossible de laisser partir Mme Marois sans revenir sur la candidature hautement médiatisée de Pierre-Karl Péladeau. Normal, croit-elle que tout le monde en parle. «C'est un homme qui a une très grande notoriété, qui a réussi à mettre en place une entreprise devenue un fleuron de l'économie québécoise. Je salue la générosité de Pierre-Karl Péladeau, qui est rendu là dans sa vie.»
C'est lui, rappelle-t-elle, qui était venu lui proposer ses services il y a quelque temps. C'est à ce moment-là que j'avais souhaité qu'il devienne président d'Hydro-Québec. Puis, j'ai réfléchi à son offre et je l'ai rencontré par la suite. Je le connaissais seulement socialement, pas de très près, et j'ai appris à mieux le connaître. Je crois que c'est un atout exceptionnel pour l'économie québécoise», assure la chef.
Pauline Marois balaie du revers de la main tous les doutes quant à cette association entre le richissime homme d'affaires et le Parti québécois. «Je suis passée à travers toutes sortes de situations dans ma formation politique. Je me sens confortable dans la fonction que j'occupe et je n'ai pas peur d'avoir autour de moi des gens qui ont des forces différentes des miennes.»
Avec la venue de M. Péladeau, le PQ ne risque-t-il pas de s'aliéner toute une classe d'électeurs un peu plus syndicaliste? «On va mettre les choses au clair: M. Péladeau vient au PQ parce qu'il croit que le Québec a tout ce qu'il faut pour devenir plus riche et devenir un pays. Ce sont ses deux priorités. Il n'a pas déposé une liste de ses demandes. En fait, il n'en a fait aucune. Il m'a dit: moi, je veux servir. On a déjà un programme et il l'endosse. Nous continuons d'être un parti de centre-gauche progressiste.»