Jean-Pierre Bellemare, l’un des hommes accusés d’avoir enlevé une fillette à Sutton en 2018, voulait avoir accès à internet en prison pour préparer sa défense.
Jean-Pierre Bellemare, l’un des hommes accusés d’avoir enlevé une fillette à Sutton en 2018, voulait avoir accès à internet en prison pour préparer sa défense.

Jean-Pierre Bellemare n'aura pas accès à internet en prison pour préparer sa défense

Les détenus québécois n’ont pas accès à internet et le tribunal ne fait pas exception pour Jean-Pierre Bellemare. La cour a refusé, mercredi, la demande formulée par l’homme de 53 ans accusé notamment d’enlèvement, de séquestration et d’extorsion.

Il est accusé d’avoir participé au rapt et à la demande de rançon ratée d’une fillette de 12 ans, des gestes commis à Sutton en septembre 2018.

L’homme au lourd passé criminel fait également face à des accusations d’agression sexuelle armée à Montréal, ainsi qu’à introduction par effraction et fraude. En tout, 38 accusations criminelles pèsent présentement contre lui.

Banque

M. Bellemare, qui se défend seul, souhaitait avoir accès à internet afin de préparer sa défense depuis le Centre de détention de Sherbrooke, où il est incarcéré. Il demandait aussi de bénéficier d’un graveur de DVD et d’un Code criminel annoté.

Le juge Charles Ouellet, de la Cour supérieure, a accédé en partie à ses demandes.

Il s’est dit d’accord pour le graveur et le Code criminel en version électronique, assorti d’une banque de milliers de dossiers en jurisprudence, mais il ne pourra avoir accès à internet, comme c’est le cas pour tous les prisonniers.

« Le tribunal en vient à la conclusion que vous avez accès à une défense pleine et entière sans internet », a indiqué le magistrat.

Cette mesure, qui relève du ministère de la Sécurité publique, vise à s’assurer que les détenus « ne planifient pas d’évasion et pour protéger le personnel et les autres détenus », a dit Yves Caplette, directeur du Centre de détention de Sherbrooke, lorsqu’interrogé par Me Anne-Sophie Brassard, du Procureur général du Québec.

Le directive sert aussi à ce que les détenus respectent les interdictions de contact émises par la cour.

Normes

Du box des accusés, M. Bellemare s’est également plaint des normes de sécurité qui l’entourent. Lors de ses déplacements en prison, il doit être menotté en tout temps aux poings et aux pieds et être flanqué de deux agents correctionnels.

Cette directive est nécessaire puisqu’il « a plusieurs tentatives d’évasion » à son actif, a mentionné M. Caplette.

Finalement, le juge Ouellet a réitéré à l’accusé qu’il serait avantageux pour lui d’être représenté par avocat, étant donné qu’il peut bénéficier de l’aide juridique et fait face à de graves accusations. « J’aime mieux assumer mes erreurs que celles d’un étranger qui fait du 8 à 4 », a été la réponse de M. Bellemare.

Son procès devant jury, et pour six semaines, a été fixé en mars 2021 compte tenu de la disponibilité des juges du district judiciaire de Bedford.