Jean Boissonneault devra purger neuf mois de prison pour le geste qu'il a commis, en 2003, aux dépens d'une adolescente de 17 ans de son entourage.

Jean Boissonneault prend le chemin des cellules

Les larmes ont fusé tant du côté des plaignantes que des proches de Jean Boissonneault, mardi, alors que l'employé d'une compagnie de remorquage et ex-coureur automobile recevait sa sentence pour avoir agressé sexuellement une mineure.
Après six ans de procédures judiciaires, le tribunal a rendu sa décision. L'homme de 33 ans devra purger neuf mois de prison pour le geste qu'il a commis, en 2003, aux dépens d'une adolescente de 17 ans de son entourage. M. Boissonneault était alors âgé de 19 ans.
Selon la preuve entendue en cour, l'accusé a inséré deux doigts dans le vagin de la victime alors qu'elle dormait chez lui, à Granby, tout en se masturbant de l'autre main. La jeune fille a fait semblant de continuer à dormir jusqu'à ce qu'il arrête.
En une autre occasion, il l'a filmée à son insu alors qu'elle sortait de la douche, puis a conservé l'enregistrement dans un ordinateur. Père de cinq enfants, M. Boissonneault­ a déclaré avoir honte d'avoir fait cet enregistrement, mais « le tribunal doute fort de cette affirmation », a indiqué la juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec.
À l'époque des délits, l'accusé avait une « problématique sexuelle », a-t-elle dit.
Objectifs
La poursuite demandait de 12 à 23 mois de prison tandis que la défense suggérait plutôt une peine de prison à domicile assortie de travaux communautaires et d'une absolution inconditionnelle. Cela aurait permis à son client de reprendre le travail sur la route chez Remorquage Boissonneault­, où il est directeur des opérations. 
Cette avenue « ne respecte pas les objectifs de dénonciation et de dissuasion » et ne reflète pas la protection à laquelle peuvent s'attendre « les personnes vulnérables que sont les personnes mineures », a dit la juge Beauchesne. « La protection des enfants est une valeur essentielle et priorisée par la société. »
Elle a ajouté que les facteurs aggravants (victime mineure, abus de confiance, préméditation et gravité du geste) l'emportaient sur les facteurs atténuants (l'accusé n'avait pas d'antécédent judiciaire, il est un actif pour la société, a un faible risque de récidive et une stabilité amoureuse). 
Tout vêtu de noir, Jean Boissonneault­ a pris le chemin des cellules sans parler et sans montrer d'émotion. Il ne reconnaît pas sa culpabilité et l'a portée en appel, ce qui signifie qu'il pourra demander une remise en liberté en attendant que la Cour d'appel statue sur son dossier, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.
Au terme d'une éventuelle peine de prison, il devra respecter une probation de trois ans pendant laquelle il lui faudra suivre une thérapie. Il lui sera également interdit d'être en compagnie de personnes âgées de moins de 16 ans, exception faite de sa famille immédiate, et de s'approcher à moins de 300 mètres du domicile de sa victime.
Innocence
Quatre plaignantes, toutes mineures au moment des faits reprochés, avaient porté plainte contre M. Boissonneault en 2010. Il a été acquitté des accusations concernant deux d'entre elles et la quatrième s'est désistée en cours de procès. Il a été déclaré coupable, et pour un seul geste posé, en octobre 2016.
Il a toujours clamé son innocence et invoqué qu'il s'agissait d'un complot ourdi par son ex-conjointe dans un contexte de litige pour garde d'enfants. Son ex-conjointe, Cynthia Bouchard, s'est dite satisfaite de la sentence. 
« Je voulais juste qu'il fasse un jour de prison, qu'il ait une conséquence pour ce qu'il a fait », a-t-elle mentionné à sa sortie de la salle d'audience. Faisant référence à l'appel de l'accusé, elle a dit avoir « hâte de fermer les livres » et cherche un éditeur qui sera intéressé à publier le récit de ce qu'elle a vécu.
Les autres plaignantes et la victime sont « contentes et émotives », a dit le procureur de la Couronne, Me Karim AinMelk. « Ç'a été un long processus. »