Quand un accusé clame son innocence «on ne peut pas lui demander d'avoir des remords», a indiqué Me Roger Paquin, l'avocat de Jean Boissonneault (sur la photo).

Jean Boissonneault en appel

L'employé d'une compagnie de remorquage et ex-coureur automobile Jean Boissonneault en appelle du verdict de culpabilité prononcé contre lui pour agression sexuelle d'une mineure.
Son avocat en a fait l'annonce lors de l'étape des observations sur la peine, lundi, au palais de justice de Granby. Me Roger Paquin répliquait à la poursuite, représentée par Me Karim AinMelk, qui soulignait que l'homme de 33 ans n'affichait ni remords ni empathie.
Quand un accusé clame son innocence et interjette appel du verdict « on ne peut pas lui demander d'avoir des remords », a expliqué Me Paquin. Son client soutient que toutes les accusations déposées contre lui découlaient d'un complot ourdi par son ex-épouse dans un contexte de litige pour garde d'enfants.
Au terme du procès, M. Boissonneault­ a été déclaré coupable, en octobre dernier, d'une seule accusation d'agression sexuelle sur une mineure. Quatre plaignantes s'étaient manifestées au départ, mais l'une d'elle s'est désistée et l'accusé a été acquitté des accusations concernant les deux autres. 
« Un geste, une fois »
Sa sentence à venir ne concerne donc qu'« un geste, une fois », a insisté Me Paquin. En 2003,
M. Boissonneault­ serait entré dans la chambre où la jeune fille dormait pour insérer ses doigts en elle tout en se masturbant.
« Vous n'avez pas à le sentencer pour autre chose », a dit l'avocat. Il avait 19 ans et elle, 17 ans, a-t-il rappelé, tout en minimisant l'ascendant que l'accusé aurait eu sur la victime, qu'il hébergeait. 
« Il n'était pas souvent là. Il ne faut pas mettre ça plus gros que c'est par rapport à la confiance qu'elle avait envers Jean. » De plus, la victime avait continué d'habiter avec M. Boissonneault et son ex-conjointe après l'événement, a souligné Me Paquin.
Père de cinq enfants, son client n'a pas d'antécédent judiciaire, le risque de récidive est faible et il s'est déjà investi dans un processus d'introspection. Souhaitant lui éviter un dossier criminel, l'avocat suggère à la cour d'accorder l'absolution en échange d'un don, de travaux communautaires, d'un suivi et d'une probation.
Impact
La Couronne n'est pas de cet avis et plaide plutôt pour une peine d'un an de prison ferme. Hormis le manque de remords de l'accusé, Me AinMelk a mentionné l'impact dévastateur que le geste a eu sur la victime et l'ex-conjointe de M. Boissonneault.
Toutes deux se sont d'ailleurs exprimé en début d'audience. « Je n'ai plus confiance aux hommes, a déclaré la victime avant de fondre en larmes. J'avais tellement confiance en les gens... Il a tout brisé. Je reste toujours blessée. Encore aujourd'hui, je suis à bout. »
L'ex-épouse de l'accusé, Cynthia Bouchard, s'est effondrée elle aussi en évoquant les enfants qu'elle a eu avec l'accusé. « J'ai quand même préservé ton image de père le plus que je pouvais, même si j'étais dégoûtée. »
Jean Boissonneault avait « masqué certaines réalités de sa conduite » à ses proches et « l'évitement est encore une stratégie privilégiée » de sa part, a soutenu Me AinMelk. « Il croit toujours que ça émane du litige envers la garde de ses enfants. »
Registre
Les parties doivent se retrouver à la mi-juillet afin de débattre de la possibilité que l'accusé fournisse un échantillon d'ADN et soit inscrit au registre des délinquants sexuels. La juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, prendra ensuite sa décision en délibéré.