Samuel et Alexis portant fièrement leur masque. 
Samuel et Alexis portant fièrement leur masque. 

«Je suis tannée de vous voir!»

Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste
CHRONIQUE / Comment allez-vous? Êtes-vous enthousiastes face au déconfinement graduel? Inquiets? Avez-vous sauté de joie à l’annonce de la réouverture des écoles ou est-ce qu’au contraire, vous souhaitez poursuivre l’école à la maison?

Sous mon toit, on se préparait à la nouvelle depuis quelque temps grâce aux informations qui avaient coulé dans les médias. Lorsque la nouvelle fut officialisée lundi midi, les réactions étaient mitigées, balançant entre le soulagement, l’appréhension et même la déception. Oui, ma grande devait faire le deuil de cette première année du secondaire qu’elle devra terminer en «télétravail». Déjà assidue dans ses études, elle continue de travailler fort même si parfois le cœur n’y est pas trop. Ses amies lui manquent cruellement, on a depuis longtemps épuisé l’excitation de se voir à travers les réseaux sociaux! «Je suis tannée de vous voir! Je suis tannée de me lever le matin et de vous voir! Je veux voir d’autre monde!», lançait, sourire en coin, mon aînée qui ne le pensait qu’à moitié (enfin, je l’espère!).

Pour Alexis, il lui fallait faire le tour de sa bande d’amis pour se faire une idée sur le retour à l’école. Il ne voit aucun intérêt à aller en classe si ses amis n’y sont pas. L’apprentissage matinal avec sa mamie le satisfait entièrement puisque ça répond à deux critères, c’est pas très long et il a toute l’attention de sa abuela (ils complètent la leçon de français avec de l’espagnol depuis quelques jours). Ce sera difficile de faire le deuil de ce petit rituel aussi récent soit-il… même pour voir ses chums.

Pour mon plus jeune, il n’avait pas de problème à retourner à l’école. «Juste pour 50 minutes», a-t-il lancé. Reste à savoir si c’est 50 minutes par jour ou par semaine, ce n’était pas clair.

Ceci étant dit, on ne sait pas encore s’ils y retourneront. Bien qu’il n’y ait pas de bonne ou de mauvaise réponse, il faut être à l’aise avec le choix qu’on fait et il faut prendre le temps d’y réfléchir. Il serait tellement plus facile de travailler si les enfants étaient à l’école mais lorsque je m’imagine le premier matin du retour à un semblant de normalité, je ne ressens pas le soulagement souhaité. Chose certaine, notre capacité d’adaptation est mise à rude épreuve, un bon livre de psycho pop vous dirait que c’est une opportunité de croissance et que ça vous rendra plus fort. On va être fort en ta!

Production de masques

Afin de se préparer à tous les scénarios possibles concernant le déconfinement et puisque la Santé publique a recommandé leur utilisation, j’ai préparé des masques pour ma marmaille. Je doute que mes cocos puissent porter efficacement sur une longue période une telle protection mais j’y voyais plutôt l’opportunité de faire un projet couture. Je descends d’une longue lignée de couturières aguerries qui ont fait de moi une couturière expérimentée. De plus, ça me permettait de suivre les traces de ma tante Paulette, une experte du fil et de l’aiguille, qui avait déjà réalisé le sien. Après avoir glané un patron sur internet, je me suis mise à la tâche et en une demi-journée, j’avais terminé les masques pour mes deux garçons qui les ont vite adoptés. Les tissus colorés ornés de chiens pour Alexis et d’animaux pour Samuel ont fait leur effet. Alexis a même insisté pour le porter pour aller jouer dehors lundi en fin d’après-midi. Ceci étant dit, tant mieux si ça les sensibilise aux dangers de la COVID-19… reste à voir si je peux rehausser l’utilité de ces masques en y insérant un filtre à «mauvais mots»!

N’hésitez pas à m’écrire à l’adresse kim.alarie@lenouvelliste.qc.ca. Vous pouvez également me suivre sur Instagram, kim_alarie.