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Quelques personnes ont témoigné de l’importance de la proche aidance au quotidien pour les personnes atteintes de maladies cognitives, et des bienfaits de l’exercice physique que prônent La Marche pour l’Alzheimer IG Gestion de Patrimoine.
Quelques personnes ont témoigné de l’importance de la proche aidance au quotidien pour les personnes atteintes de maladies cognitives, et des bienfaits de l’exercice physique que prônent La Marche pour l’Alzheimer IG Gestion de Patrimoine.

«Je lui ai tenu la main jusqu’au bout»

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
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Pour sa quinzième édition, et pour souligner le trente-cinquième anniversaire de la Société Alzheimer Granby et région, la Marche pour l'Alzheimer IG Gestion de patrimoine sera cette année sous la forme d’un défi de 35 jours, où petits et grands sont invités à bouger et à donner pour la cause. Pour l’occasion, trois proches aidants ont témoigné à La Voix de l’Est de leur vécu.

La Marche pour l'Alzheimer IG Gestion de patrimoine est le plus grand événement de sensibilisation et de collecte de fonds organisé au profit de la Société Alzheimer Granby et région, ainsi que pour toutes les Sociétés Alzheimer à travers le pays. Cette année, la formule se réinvente, et propose un défi de 35 jours, qui débute le 26 avril et se termine le 30 mai, où les participants sont invités à bouger à leur domicile, ou dans leur quartier.

Pour Sophie Foisy, directrice générale de la Société Alzheimer de Granby et région, il s’agit d’une belle occasion de faire valoir l’importance des proches aidants dans le quotidien des personnes atteintes de maladies cognitives.

Bouger pour aller mieux

«Des études démontrent qu’alimenter la circulation sanguine et oxygéner le cerveau peuvent ralentir la progression de certaines démences», informe Sarah Morin, propriétaire de Physiothérapie S. Mobile, et collaboratrice de la Marche pour l’Alzheimer depuis trois ans.

Mme Morin insiste sur l’importance de faire bouger les personnes atteintes, ne serait-ce que se déplacer sur quelques mètres, ou descendre les escaliers. «S’ils le font régulièrement, le cerveau va enregistrer les mouvements dans la mémoire automatiquement.»

Aussi, le Défi 35 jours est une belle occasion de «créer un moment» entre proche aidant et aidé. «Ça permet aux deux de rester en santé.»

Petits plaisirs et moment présent

Sophie Brunet a été proche aidante de son papa dès qu’il a reçu son diagnostic d’Alzheimer, en 2016, et est restée à ses côtés jusqu’à son décès, en 2020. Elle a quitté son emploi en 2018 pour se consacrer à temps plein aux soins de son père, Laurent. «Pour moi, c’était primordial d’être là. De lui apporter des moments de bonheur. Je l’amenais partout. Papa, c’était un marcheux. On pouvait marcher des heures, à regarder le ciel. Je voyais que ça le rendait heureux.»

Sophie tentait de le garder actif le plus possible, sachant les bienfaits. Ils se promenaient au zoo, main dans la main. «Plus la maladie évoluait, plus il devenait comme un enfant. Et au fil du temps, moi aussi. Ça le faisait rire. On faisait les fous ensemble. On se tenait toujours la main, ça le sécurisait. C’était un automatisme. Je lui ai tenu la main jusqu’au bout.»

De gauche à droite: Sophie Foisy, directrice générale de la Société Alzheimer de Granby et région, Danielle Mady, proche aidante de son mari, Marion Mutin, intervenante à la Société, Sarah Morin, propriétaire de Physiothérapie S. Mobile, Sophie Brunet, ancienne proche aidante de son père, et Joanie Bérubé, intervenante à la Société.

Ainsi La Marche pour l’Alzheimer, qui est la plus grande source de financement de l’organisme, revêt toute son importance pour Sophie Brunet, accompagnée par Joanie Bérubé, intervenante à la Société d’Alzheimer Granby et région. «Je sais pas ce que j’aurais fait sans la Société et ses conseils. Elle m’a fait cheminer, m’a aidé à accepter. C’est une aide inestimable.»

Faire chanter Marcel

Pour sa part, Danielle Mady, résidente de Farnham, ne peut «jamais laisser son mari seul», lui qui est atteint de démence mixte et d’autres problèmes de santé depuis près de cinq ans.

Les cafés-rencontres, le service de répit de la Société Alzheimer et le soutien de Marion Mutin, intervenante, sont «très importants». «Je ne manque jamais une rencontre. De sentir le soutien des autres, qui vivent des situations similaires, ça m’aide beaucoup. C’est des montagnes russes d’émotions, qu’on vit tous ensemble.»

Son Marcel adore les visites de répit d’Élisabeth de la Société, bien qu’il ne la reconnaisse pas quand elle vient. «Dès qu’elle entre, ça clique avec Marcel, il a tout de suite confiance. Elle a même réussi à le faire chanter!»

Bien que ce soit «très difficile» de faire sortir Marcel, Danielle, qui connaît les bienfaits de l’exercice physique, trouve tout de même le moyen de l’accompagner «autour du carré», lentement, jusqu’à la boîte postale. «C’est tellement important de soutenir et de faire connaître la Société.»

«Ce que j’aurais voulu dire à maman»

Le rappeur Maxime Tremblay, pour sa part, est proche aidant de sa mère atteinte d’Alzheimer précoce, à l’âge de 54 ans. «C’est très frustrant qu’elle soit aussi jeune...» Il lui a écrit une chanson, «Maman», où il s’est permis «d’en dire plus» que ce qu’il peut lui dire dans la vie de tous les jours. «La chanson, c’est un peu ce que j’aurais voulu dire à maman.»

S’occuper de sa mère a montré à Maxime l’importance de vivre dans le moment présent. «Mon plus grand regret, c’est que je me souviens plus c’est comment, parler avec ma mère. Je m’habitue à ses changements, mais on oublie vite comment c’était avant. C’est ça qui m’attriste plus que sa maladie. Et aussi que mon garçon n’aura jamais connu sa grand-mère comme moi je l’ai connue.»

Pour s’inscrire et soutenir la Marche pour l'Alzheimer IG Gestion de patrimoine, au coût initial de 35$, rendez-vous sur la plateforme Web.