L'accident survenu le 30 décembre 2014 avait envoyé la victime à l'hôpital pendant deux mois et demi. Le ministère public reproche maintenant à l'automobiliste de ne pas avoir déneigé sa voiture, et d'avoir ignoré l'arrêt-stop.

«J'aurais pu me faire tuer»

Michel (prénom fictif) a un vague souvenir de ce qui lui est arrivé il y a un an. En partie parce qu'il ne regardait pas la voiture qui se dirigeait vers lui, présumant qu'elle ferait son arrêt obligatoire. Et parce qu'il a subi un traumatisme crânien sévère.
«Je marchais rue Saint-Antoine, au coin de York, raconte le facteur de 53 ans de Granby interrogé par La Voix de l'Est. J'ai vu la voiture mais j'ai continué à marcher. Il [le conducteur] m'a foncé dessus... Je pense qu'il n'a pas fait son stop et qu'il ne m'a pas vu non plus, parce que son pare-brise n'était pas déblayé.»
L'accident l'a envoyé au Centre hospitalier de l'Université de Sherbrooke, puis à l'Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe. Une convalescence de deux mois et demi. Encore aujourd'hui, Michel - qui souhaite garder l'anonymat - consulte un neurologue et un ergothérapeute. Il n'a pas encore récupéré toute sa mémoire et son débit est lent, mais il garde le moral.
«J'ai quand même été très chanceux, dit-il. J'aurais pu me faire tuer. Il y a des gens qui ont eu des accidents semblables et qui sont restés en fauteuil roulant. Quand ils ne sont pas morts.»
Tribunal
Michel souhaite aujourd'hui mettre toute cette histoire derrière lui. Il a repris le travail de façon progressive depuis un mois. Mais le destin le rattrape: le dossier du chauffard allégué, Francis Béchard, a été appelé devant la cour pour une première fois, lundi.
Le jeune homme de 27 ans fait face à une accusation de conduite dangeureuse ayant causé des lésions. Le ministère public lui reproche de ne pas avoir déneigé sa voiture, le matin du 30 décembre 2014, et d'avoir ignoré l'arrêt-stop. À la défense, Me Serge Michon a remis la cause au 21 mars prochain. L'accusé, qui était absent, n'a pas d'antécédent criminel.
«J'étais frustré de cet accident-là, dit Michel. J'ai eu une période difficile au début, ça a été énormément difficile pour ma famille et pour mes collègues.Je m'en serais bien passé. Mais j'ai été bien servi par la SAAQ et là, je veux passer à autre chose.»
Il lance cet avertissement aux automobilistes: «j'ai toujours trouvé qu'en hiver, il y a des gens qui ne font pas attention. Ils sont pressés et déneigent peu. De mon côté, je fais plus attention qu'avant quand je marche. Surtout au centre-ville.»