Les jardins de la Ferme Héritage Miner demeureront une vitrine pour la permaculture, avec le jardinier François Lamontagne.

Jardins de la FHM: Demain Granby gagne sa cause

La croisade du regroupement de citoyens Demain Granby pour les jardins collectifs de la Ferme Héritage Miner (FHM) à Granby a porté ses fruits. Le jardinier François Lamontagne continuera à y travailler la terre, ont décidé les élus lors de la dernière séance du conseil.

« Le conseil municipal a remarqué votre engagement, qui n’a pas été qu’en paroles. Ça a fait une grande différence dans ce dossier-là. Votre cause, vous l’avez gagnée. Vous avez influencé la Ville et probablement aussi ce qui va se faire en agriculture », a fait valoir le maire Pascal Bonin aux membres de Demain Granby présents dans la salle du conseil.

Demain Granby, qui fait la promotion de l’agriculture urbaine, s’est mobilisé au cours des dernières semaines afin que le statu quo soit maintenu aux jardins de la FHM. Cultivés selon les principes de la permaculture — un mode de travail du sol qui favorise l’agriculture durable —, ces jardins ont connu un bon succès et un rendement appréciable de 2150 kg de denrées en 2017, selon le bilan déposé à la Ville.

Mais leur avenir était compromis. La Ville souhaitait entre autres en réduire les coûts d’opération, estimés à 24 000 $. C’est là que Demain Granby est entré en action. Pour s’assurer de conserver l’expertise de M. Lamontagne à la FHM, le groupe a organisé in extremis une série d’ateliers sur le jardinage écologique, afin que le jardinier puisse compenser, d’une certaine façon, la perte de revenus liée à la réduction de son contrat à la Ferme

Lundi, c’est d’ailleurs un budget à la baisse, de 12 000 $, que la Ville a accordé à Vie culturelle et communautaire (VCC) pour la gestion des jardins. VCC s’est en outre vu attribuer le mandat de développer le volet formation en permaculture ou autre sujet connexe à l’agriculture urbaine en collaboration avec Demain Granby.

Modèle
Un défi qui stimule les citoyens à la barre de Demain Granby. « L’agriculture urbaine, ce n’est pas juste une mode. Il y a une vague de fond qui s’installe. (...) Les gens commencent à se rendre compte qu’il faut revenir à une plus grande biodiversité. La permaculture répond à ça. C’est planétaire, ce n’est pas juste ici. C’est là pour rester », a affirmé mercredi l’une des membres actives du regroupement, Andrée Royer.

Selon elle, l’expérience de François Lamontagne pourrait également être mise à profit dès cette année dans les autres jardins collectifs de la Ville. Le sujet devrait être discuté lors d’une prochaine rencontre entre Demain Granby, VCC et les Cuisines collectives de la Montérégie, qui ont le mandat d’animer les cinq autres jardins de la Ville, affirme Mme Royer.

Des projections du film documentaire Demain pourraient aussi être organisées, selon André Royer, « pour inviter les gens à mieux comprendre le pourquoi de la permaculture et de l’agriculture urbaine ».

Le regroupement de citoyens a par ailleurs l’intention d’élaborer une offre de formations sur le jardinage plus élaborée pour l’an prochain.

Demain Granby est un « beau modèle d’implication », estime le maire Bonin. « Il n’y a jamais eu d’affrontement. Juste une recherche de solutions », a fait valoir Pascal Bonin.

Celui-ci a par ailleurs salué au passage le dévouement de Lionel Maltère, ce jardinier à l’origine de la création au cours des dernières années des jardins communautaires de la Sainte-Trinité, sur la propriété du Centre Jean-Paul Regimbal.

M. Maltère était prêt à superviser de façon bénévole les jardins de la FHM. Mais l’engagement de Demain Granby dans le dossier a changé la donne.