On voit ici plusieurs artisans du projet de jardin collectif : Dre Isabelle Soucy, Danny Lamoureux, Dre Véronique Fryer, Dr Olivier Maynard, Anne Perron, Me Philippe Gaudet et Suzanne Surette.

Jardin collectif de l'hôpital de Granby: le projet se bonifie

On dit que le génie n’est jamais loin de la folie. Voilà deux des principaux ingrédients qui ont permis au jardin collectif de l’hôpital de Granby de voir le jour et de s’enraciner dans la communauté. Si bien que la graine semée il y a trois ans a engendré plusieurs partenariats, notamment avec la Fondation Ma vie en main. Ainsi, les ébénistes en herbe de l’usine-école de la Société de formation industrielle de l’Estrie (SOFIE) ont contribué au projet en confectionnant du mobilier urbain, inauguré jeudi, conférant un aspect convivial à l’endroit.

C’est avec un enthousiasme contagieux que le Dr Olivier Maynard a évoqué en entrevue les retombées du projet de jardin collectif, dans lequel il a plongé sans hésiter. « Dans le contexte scientifique de la médecine, tous les effets doivent être mesurés. Je pense que le jardin nous permet de sortir de ça. On part plus d’aspects subjectifs liés à la science sociale. Ça permet une proximité incroyable parce qu’il n’y a plus de niveau social entre les participants. On part de la base et on construit quelque chose de rassembleur, ouvert non seulement à la clientèle de l’hôpital, mais à l’ensemble de la communauté », a confié celui qui a lancé l’initiative avec ses collègues, Dre Isabelle Soucy, Dre Véronique Fryer et l’hygiéniste dentaire Évelyne Montigny.

L’idée d’y intégrer une pergola et des bancs faits à la main a germé il y a près d’un an. « Le Dr Maynard m’a approché pour me parler de son projet qu’il voulait bonifier avec du mobilier. J’ai trouvé l’idée géniale », a raconté le psychoéducateur Danny Lamoureux, qui chapeaute le programme Ma vie en main. La douzaine de candidats qui en font partie sont, pour la plupart, toxicomanes ou décrocheurs en raison de problèmes en santé mentale. Philippe est du nombre depuis 11 ans. Participer à la fabrication et à l’installation du mobilier de jardin a été une belle façon de repousser ses limites. « C’est certain que c’était un défi. Un peu comme un casse-tête. Vraiment, je suis très fier du résultat. Ça a été un travail d’équipe », a-t-il indiqué.

Innombrables possibilités

De son côté, Danny Lamoureux entrevoit une suite au projet, mené en partenariat avec la Fondation du CHG et le CIUSSS de l’Estrie. « La notion de bien commun, on l’a ici. Les possibilités sont innombrables. Il y a un beau potentiel à développer. (...) D’autres produits pourraient être fabriqués et possiblement des services connexes au jardin », a fait valoir Danny Lamoureux.

On retrouve dans le jardin, qui couvre 90 m2 (près de 1000 p2), une quinzaine de variétés de légumes, ainsi que plusieurs tournesols. Jusqu’ici, le fruit du labeur de la dizaine de bénévoles a notamment permis de récolter les ingrédients nécessaires pour concocter deux repas à la cafétéria du CHG.

Arpentant le jardin, le bénévole Alain Brunelle a confié que son intérêt pour le projet ne cesse de grandir. « C’est un peu cliché, mais je voulais donner au suivant, a dit l’homme de 58 ans. (...) La nature m’interpelle particulièrement. Venir ici, c’est aussi très familial et ça fait du bien. Mes petites-filles me demandent toujours quand elles pourront venir faire du bénévolat. C’est très stimulant. »