Jacinthe Brodeur coiffe volontiers des personnes atteintes du trouble spectre de l’autisme (TSA) comme son fils, mais également de déficience intellectuelle, d’anxiété ou tout simplement à mobilité réduite.

Jacinthe Brodeur, une coiffeuse ouverte à la différence

Jacinthe Brodeur est une coiffeuse patiente. Certaines de ses coupes peuvent prendre jusqu’à cinq heures, mais son travail permet de soulager ses clients « différents » et leurs proches.

Ce n’est pas par faute de talent que Jacinthe Brodeur met autant de temps à finir ses coupes de cheveux.

« Pour travailler avec des gens différents, il faut maîtriser le savoir-faire en coiffure, mais surtout savoir comment le client vit l’expérience et comprendre la problématique » précise-t-elle.

La Voix de l’Est l’a rencontrée alors qu’elle coupait les cheveux de son fils Joakim, affichant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) et âgé de 7 ans.

Joakim est souriant comme pas un et a davantage d’énergie que le lapin dans une certaine publicité de piles. Une coupe de cheveux représente toutefois pour lui un moment un peu difficile.

« Nous, nous entendons le bruit du rasoir électrique et c’est pas mal tout. Joakim lui entend le bruit du cheveu qui se fait couper, le ronronnement du moteur et le bruit du moteur. C’est beaucoup de stimulation. Ce fut également difficile pour lui de comprendre que les cheveux allaient repousser. Au début, c’était comme si j’allais lui couper une partie de son corps » ajoute Jacinthe Brodeur.

Pour limiter l’agitation qui anime son fils, Jacinthe l’installe devant la télévision où un jeu de Mario Bros captive son attention.

« C’est quelque chose qui fonctionne particulièrement bien, soit la télévision, un téléphone ou une tablette. Ça permet de relaxer l’enfant ou l’adulte », reconnaît-elle.

Dédramatiser

Après avoir coupé les cheveux de Joakim depuis sa naissance, Jacinthe Brodeur a lancé son entreprise Beauté différente au début de l’été. Elle souhaite permettre aux personnes « différentes », enfants ou adultes, d’avoir une coupe de cheveux dans un univers dans lequel ils sont familiers, soit à la maison.

« Quand des parents emmènent leur enfant en salon, c’est souvent stressant pour eux et un peu gênant pour les parents. En les rencontrant à la maison, ça me permet de dédramatiser. Je leur parle avant et ça se passe dans leur environnement » ajoute la coiffeuse.

Jacinthe coiffe volontiers avec des personnes atteintes du TSA comme son fils, mais également de déficience intellectuelle, d’anxiété ou tout simplement à mobilité réduite.

L’essentiel c’est de s’adapter à leur rythme, souligne-t-elle.

Éviter de mauvaises expériences

« Il y a une personne avec qui je travaille où je commence la coupe de cheveux debout et que je termine en petit bonhomme. Parfois, une coupe de cheveux peut me prendre plusieurs heures si l’enfant se désorganise. On s’adapte, mais à chaque fois je réussis à leur couper les cheveux », reconnaît-elle.

Jacinthe Brodeur souhaite qu’un maximum de parents et de proches de personnes différentes ait accès à un service de coiffure à domicile pour leur éviter de mauvaises expériences. Elle compte pour cela collaborer avec des organismes spécialisés de la région.

En attendant, les personnes intéressées par ce service peuvent la contacter directement via sa page Facebook Coiffure beauté différente.