«Il faut que tu sois différent », affirme Martin Parent, président des Aliments Ultima.

Iögo, le «beau risque» d'Aliments Ultima

Développer, créer et commercialiser la nouvelle marque de yogourt Iögo représentaient de grands risques pour les actionnaires des Aliments Ultima. Pari tenu. Cinq ans après son lancement, leur gamme de produits « made in » Granby occupe près de 19 % des parts de marché au Québec et 14 % au pays.
« C'est un beau risque qui a été pris par les actionnaires », évoque avec le recul Martin Parent, président des Aliments Ultima, une propriété des coopératives laitières Agropur et Agrifoods. « Ils ont donné les moyens à l'équipe de gestionnaires de l'époque et encore aujourd'hui, ils nous donnent les moyens de développer la marque Iögo et de la faire rayonner nationalement. »
En 2012, la naissance de Iögo se voulait une façon d'assurer la pérennité des opérations des Aliments Ultima. La nouvelle marque, espérait-on, permettrait également de « compenser la perte de Yoplait », se rappelle M. Parent. 
« Cette décision-là était très risquée, dit-il. Elle était prise pour les prochaines générations. Les propriétaires d'Aliments Ultima ont décidé de prendre le contrôle pour ne pas être à risque, pour contrôler et développer leur marque pour le marché dans lequel on évolue. »
Les 65 premiers produits sont sortis de l'usine granbyenne le 13 août 2012. Une importante campagne de communication a suivi. 
Plus d'une centaine de produits à base de yogourt sont vendus à l'échelle canadienne aujourd'hui. Outre le traditionnel yogourt, on compte notamment celui à boire et le smoothie.
Le chiffre d'affaires des Aliments Ultima lié à leurs marques Iögo et Olympic augmente de plus de 15 % chaque année depuis 2014, mentionne Martin Parent. Près de 70 millions de kilos de produits Iögo sont produits annuellement à Granby. 
Au final, c'est 30 % de la production canadienne de yogourt qui sort de l'usine de la rue Principale. « On est vraiment le centre nerveux du développement et de l'innovation du yogourt au Canada », affirme M. Parent. 
Conquérir les consommateurs
Les produits développés et fabriqués par l'entreprise qui emploie 365 personnes se sont taillé une place de choix dans le frigo des consommateurs. « Au Québec, on a près de 19 % de parts de marché et au national,
14 % de parts de marché. C'est quand même très intéressant », estime M. Parent, ajoutant que l'objectif est d'atteindre 20 % d'ici 2020.
Afin de conquérir ces marchés, les Aliments Ultima ont dû réinventer le yogourt. « Il faut que tu sois différent. Et l'élément de différenciation a été d'améliorer les recettes. On a enlevé ce que les gens ne voulaient plus. »
« On ne fait pas uniquement lancer un yogourt aux fraises, on lance des choses différentes enchaîne le président d'Aliments Ultima. C'est la façon de consommer de l'avenir. » Il cite en exemple les smoothies et les yogourts aux légumes pour enfants. L'entreprise n'a pas lésiné sur les moyens pour arriver à ses fins. Les actionnaires ont investi à ce jour près de 200 millions de dollars dans cette aventure, autant pour le développement des produits, la recherche, la commercialisation que sur le plan de communication. 
« Chez les milléniaux, on est la marque numéro un. Pour les baby-boomers, on est numéro deux. Pourquoi ? On parle de façon différente. On a des valeurs qui sont clairement identifiées. Et on est très innovateurs », affirme Martin Parent. 
La gamme de produits Nano, destinée aux enfants, tire bien son épingle de jeu et se distingue des autres produits. « Ça a permis de simplifier la vie des mamans, des preneurs de décisions pour les enfants. Ce produit-là est numéro un dans le secteur de la petite enfance. C'est une belle réalisation, estime M. Parent. Nano est la porte d'entrée dans le yogourt pour les enfants. Ça permet de créer de bonnes habitudes alimentaires. Depuis trois ans, on a doublé la production et la consommation de ce produit-là. »
Les Aliments Ultima maintiennent le cap et n'ont pas l'intention de réduire leur vitesse de croisière. « Les cinq premières années ont été exceptionnelles, dit le président. On continue d'investir de façon massive pour développer Iögo dans l'ouest de l'Ontario pour qu'elle ait le même rayonnement là-bas qu' ici. Les investissements qu'on a prévus à Granby - une annonce d'un investissement de 14,4 M $ a été faite en juin - continuent d'être importants pour les années à venir. »
Surveillez les frigos de votre épicerie. De nouveaux produits pourraient y faire leur apparition dans les prochains mois...
Les employés comme ambassadeurs
Histoire de célébrer le 5e anniversaire des produits Iögo et de faire connaître les Aliments Ultima là où ils sont fabriqués, les employés seront présents dans divers commerces de Granby, le 26 août, pour rencontrer les consommateurs. 
« On est au coeur de Granby. Nos marques sont au coeur de la vie des Canadiens en général, mais à Granby, c'est un naturel. C'est très opportun de le souligner ici », mentionne Martin Parent, président des Aliments Ultima. 
« Tous les produits qui sont vendus au Canada sortent d'ici », rappelle à son tour Diane Jubinville, directrice des communications chez Aliments Ultima. 
Neuf détaillants granbyens ont accepté d'ouvrir leurs portes aux artisans qui fabriquent les produits Iögo pour en faire la promotion. Ces derniers expliqueront le processus de production du yogourt et répondront aux questions des consommateurs. 
« Ce sont les meilleurs ambassadeurs qu'on a. Ce sont ceux qui les fabriquent, alors pourquoi ne pas informer leurs voisins que c'est fabriqué ici ? Il y a une très grande fierté des employés », souligne M. Parent.
C'est d'ailleurs d'eux qu'émane l'idée. « Ça part d'une initiative des employés qui ont témoigné leur fierté et qui ont demandé à ce qu'on puisse faire connaître à la population de Granby ce qu'est Iögo. On sait qu'il y a une usine de yogourts à Granby, mais qu'est-ce qu'on en sait vraiment ? », dit Mme Jubinville.