Le PDG d’Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté, et le président de Mecan-Hydro, Philippe Dufresne, ont reçu un prêt de 250 000$ de la société d’État pour lancer un projet d’envergure estimé à 4 M$.

Investissement Québec soutient deux projets d’ici

L’industrie manufacturière est en pleine mutation, à la fois technologique et logistique. À ce chapitre, des dirigeants d’Investissement Québec étaient de passage vendredi à Bromont pour conscientiser et épauler les chefs d’entreprises de la région à prendre cet important virage. Pour l’occasion, les représentants de la société d’État ont dévoilé des prêts totalisant 355 000 $ accordés à Mecan-Hydro et L. Davis Textiles pour supporter leurs projets.

De l’évangélisation. C’est l’image qu’a employée le président-directeur général d’Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté, pour décrire la teneur de la « tournée de l’Initiative manufacturière » en branle. « Le plus grand défi dans le domaine manufacturier, c’est le déni face aux nouvelles technologies, a-t-il indiqué en entrevue à La Voix de l’Est. Ça va tellement vite. Les solutions techniques sont souvent existantes. Alors on veut en quelque sorte brasser les gens d’affaires parce que, dans bien des cas, ils ne savent pas à quel point ça peut les aider à baisser leurs coûts, à être productifs et à accroître leurs exportations. »

En ce sens, un panel d’entrepreneurs d’ici, soit Gilles Decelles, président de Plastube, François Desrosiers, copropriétaire de Plastiques Moulin et Christian Coupal, président-directeur général de Scholer Industriel, a partagé son expérience du virage technologique avec les gens d’affaires regroupés au Château-Bromont.

Automatisation et recrutement

L’automatisation, les avancées technologiques puis la rétention et l’embauche de main-d’œuvre ont été au cœur des sujets abordés lors des échanges. Le recrutement est un « sérieux problème » dans l’industrie manufacturière, a concédé le PDG d’Investissement Québec. « Les problèmes démographiques sont connus depuis des années. Maintenant, on est dedans, a-t-il dit. Miser sur la technologie et les compétences est une des solutions. »

Contrairement à ce qui est parfois véhiculé à propos de l’automatisation, cette tangente entraîne une hausse du besoin d’effectifs, notamment chez la nouvelle génération, friande de technologie, a fait valoir M. Côté. « L’ajout de systèmes numérisés aide beaucoup la rétention de main-d’œuvre chez les jeunes dans le secteur manufacturier. Pas question de créer ici plus de chômeurs. Au contraire. Une entreprise en croissance aura toujours besoin de personnel. »

Le PDG de Scholer Industriel a donné lors de son allocution un exemple bien concret du lien de la technologie sur la rétention d’employés au sein de sa compagnie. « Présentement, on est capables de [contrôler] la production à partir d’un cellulaire. Tous les jeunes [de la génération] Y sont très contents de pouvoir regarder ça sur leur téléphone, a mentionné l’homme d’affaires. Ils peuvent voir qu’il y a un problème même s’ils sont en train de souper avec leur blonde à Magog un samedi soir. »

Bilan de santé

Selon le grand patron de la société d’État, le bilan de santé de la région concernant le domaine manufacturier est « très positif ». « La région ici est l’une des plus dynamiques au Québec. Il y a des vitrines technologiques qui ont clairement un effet d’entraînement. D’ailleurs, pas besoin de chercher longtemps pour trouver des entreprises qui ont du succès à l’ère de la révolution industrielle 4.0 », a-t-il dit, citant en exemple l’usine de General Electric (GE) Aviation. Idem en ce qui concerne plusieurs autres compagnies établies dans le parc scientifique de Bromont, notamment. 

Tremplin

Mecan-Hydro, une compagnie spécialisée dans l’ingénierie, la fabrication et l’installation d’équipements de mécanique lourde pour les centrales hydroélectriques, surfe sur la croissance depuis plusieurs années. Le prêt de 250 000 $ octroyé par Investissement Québec à l’entreprise granbyenne, dévoilé vendredi, lui a en quelque sorte servi de tremplin pour démarrer un projet d’envergure, dont le budget est estimé à 4 M $. « Plusieurs barrages ont plus de 100 ans et sont opérés en empilant ou en retirant des morceaux de bois pour contrôler le niveau d’eau. C’est complètement désuet et surtout très dangereux durant la manipulation. [...] On a donc développé des équipements pour mécaniser et informatiser tout ça », a expliqué en entrevue le président de l’organisation, Philippe Dufresne. 

Lancé en juin 2017, le projet monopolisant entre autres deux ingénieurs et deux techniciens à temps complet devrait se terminer en décembre prochain. Les équipements à la fine pointe sont destinés à une entreprise du nord de la Saskatchewan. Il y a toutefois plusieurs débouchés pour ce type de leveur à travers le Canada puis aux États-Unis, a indiqué M. Dufresne, notamment à cause de l’entrée en vigueur de normes plus strictes régissant la sécurité dans les barrages. 

De son côté, L. Davis Textiles a investi 105 000 $ pour automatiser ses opérations par le biais d’un nouvel équipement numérique. Le bras économique du gouvernement provincial a financé la totalité du projet, qui permettra à la compagnie d’accroître sa capacité de production.

On voit ici les membres du panel ayant partagé leur expérience du virage technologique: Gilles Decelles (Plastube), François Desrosiers (Les Plastiques Moulin), Christian Coupal (Scholer Industriel) puis Suzanne Blanchet, d’Investissement Québec.