Une imprimante numérique de 5,5 millions de dollars a été inaugurée chez Plastube. Il s’agit d’une première en Amérique du Nord pour cette technologie d’impression.

Investissement de 8 millions $ chez Plastube

Plastube veut se démarquer. L’entreprise de Granby a réalisé un investissement de 8 millions de dollars, dont la pièce maîtresse est l’acquisition d’une imprimante numérique dotée d’une nouvelle technologie d’impression. Une première en Amérique du Nord, selon le président, Gilles Decelles.

À elle seule, la nouvelle imprimante a entraîné des coûts de 5,5 millions de dollars. Elle devrait permettre à l’entreprise, spécialisée dans la fabrication de tubes flexibles destinés à l’emballage de produits pharmaceutiques, alimentaires, industriels et de soins personnels, d’avoir une longueur d’avance sur ses compétiteurs. 

« Ça nous a pris deux ans pour l’avoir [l’imprimante]. Et c’est la deuxième au monde qui fait ça (NDLR : l’autre est en Pologne). La particularité de cet équipement-là, c’est qu’il n’y a pas de contact avec le produit. C’est un jet. Ça projette de l’encre sur le substrat. Certains le font déjà sur des produits à plat, mais ça n’avait jamais été fait sur un produit 3D flexible », a souligné vendredi M. Decelles, lors de l’inauguration du nouvel équipement.

En fonction depuis la semaine dernière, l’imprimante, fabriquée en Allemagne, présente plusieurs avantages pour l’entreprise de 130 employés. Plus besoin de plaques d’impression, de soies et d’encre à mélanger. Avec la nouvelle acquisition, le contenu graphique, en plus d’être grandement amélioré, est traité de façon informatique. Surtout, il est désormais possible d’imprimer deux produits l’un après l’autre, sans arrêter la machine durant quelques heures pour l’ajuster et la nettoyer, explique M. Decelles. 

Nouveaux marchés

Cela aura entre autres pour effet de faire fondre les délais de livraison, qui sont actuellement de huit à 10 semaines sur le marché, à deux ou trois semaines. « On peut aussi aller à 48 heures, si la situation l’exige. On va changer les règles du marché passablement », affirme l’entrepreneur. 

De plus petites quantités, 2000 tubes plutôt que 30 000, peuvent aussi être produites à bien meilleur coût. L’imprimante a une capacité de production de 5500 tubes à l’heure. 

L’équipe de Plastube fait le pari que cela permettra à la PME d’aller chercher de nouveaux marchés, soit les marques émergentes, qui tendent à se multiplier, et les petits volumes. Selon Gilles Decelles, les équipements actuels ont du mal à desservir ces créneaux. 

« Les gens qui désirent aujourd’hui acheter 10 000 tubes, ça leur coûte une fortune et, dans bien des cas, ils ne peuvent pas choisir le type d’emballage qu’ils désirent. Avec cette innovation-là, ils vont pouvoir acheter 3000 tubes, avec le graphisme qu’ils veulent », dit-il. 

Avenir

À Granby depuis 50 ans, Plastube, qui appartenait à l’entreprise américaine CAI, a été acquise en 2016 par un consortium québécois composé de la firme d’investissement BDG de Montréal, du Fonds de solidarité de la FTQ, de Marc Beauchamp ainsi que de Gilles Decelles. 

 « L’entreprise était en situation de redressement. À la suite d’un exercice de réflexion stratégique, on a conclu qu’on devait se repositionner dans le marché. Il fallait faire une mise à niveau de nos équipements, améliorer le graphisme de nos produits, revoir nos processus de gestion et bâtir une équipe solide », dit le président.

Au total, 8 millions de dollars ont été investis dans ce vaste exercice qui permettra à Plastube de tendre vers une usine 4.0 ou « intelligente ». L’entreprise, qui a notamment pour clients Avon et Bio Spectra, vise aussi d’autres « premières », dont la vente en ligne et l’approbation de graphisme à distance. « On est très optimiste pour l’avenir », dit M. Decelles. 

Ce dernier a, à une époque, été à la tête de Bouchons Mac à Waterloo (aujourd’hui Berry Canada), avant de vendre ses parts dans l’entreprise en 2008. Gilles Decelles a par la suite été maire de Lac-Brome jusqu’en 2013. « Je m’ennuyais. On a acheté ça. C’est l’fun ici. Je m’amuse beaucoup », lance-t-il.