Un éleveur de volailles de Bromont a succombé à une intoxication au monoxyde de carbone dans son poulailler, conclut la coroner en charge de l’investigation.

Intoxication fatale à Bromont

Un éleveur de volailles de Bromont a succombé à une intoxication au monoxyde de carbone causée par la défectuosité d’un appareil de chauffage, conclut la coroner chargée de faire la lumière sur les causes et les circonstances de son décès.

Rappelons que le corps de Jean-Marie Mori, 44 ans, a été découvert le 2 janvier 2018 dans un poulailler du chemin d’Adamsville après que des proches se soient inquiétés de ne pas avoir de ses nouvelles. Il s’était rendu sur place le matin du 30 décembre. Un ami qui est passé au poulailler ce matin-là a raconté que M. Mori était pâle et disait ne pas se sentir bien, rapporte la coroner Karine Spénard, dont les conclusions de son investigation ont récemment été rendues publiques.

Les deux hommes ont discuté d’une possible intoxication, mais M. Mori a dit en avoir déjà été victime et que ses symptômes n’étaient pas les mêmes. Deux jours plus tard, il a été découvert sans vie. L’autopsie a révélé un taux de carboxyhémoglobine (monoxyde de carbone dans l’organisme) de 34 % alors que le taux normal se situe entre 0,3 % et 0,7 %. La coroner conclut donc à une intoxication accidentelle.

Celle-ci serait survenue en raison de la défectuosité d’un appareil de chauffage du poulailler fonctionnant au gaz propane qui produit du monoxyde de carbone, un gaz extrêmement toxique qui est inodore et incolore. Lorsque la victime a été découverte, le système de ventilation du poulailler était arrêté — il est habituellement en fonction pour régulariser la température et assurer une circulation d’air.

Recommandations

La coroner est d’avis que si un détecteur de monoxyde de carbone avait été installé dans le poulailler, il aurait pu permettre de préserver la vie de Jean-Marie Mori.

Cet appareil pourrait également prévenir d’autres accidents de même nature pour les producteurs agricoles qui possèdent le même type de bâtiment et d’appareils. Me Spénard recommande à la fédération des éleveurs de volailles du Québec d’informer ses membres des dangers associés au monoxyde de carbone et des mesures de prévention à adopter, tel le détecteur de monoxyde de carbone.

La coroner suggère également à l’organisation de rappeler aux éleveurs les principes associés à la ventilation adéquate à maintenir dans les poulaillers et les sensibiliser à effectuer un entretien régulier et rigoureux des éleveuses (système de chauffage) au propane.

Avant même de recevoir les recommandations du coroner, l’organisation avait prévu de diffuser une série de reportages portant sur la santé et la sécurité des éleveurs dans son magazine NouvAiles du mois de mars, indique Marie-Hélène Jutras, conseillère aux communications pour les Éleveurs de volailles du Québec.

Une mention du rapport d’enquête du coroner sera ajoutée à cette série d’articles. Le conseil d’administration, qui doit se rencontrer prochainement, en prendra également connaissance et pourrait décider de poser d’autres actions.