L’intervenante du CAVAC Sarah Boisvert rencontre les victimes d’actes criminels peu de temps après que ceux-ci soient perpétrés. Elle intervient à la demande des policiers et enquêteurs du Service de police de Granby.

Intervenir dès les premiers instants auprès des victimes d’actes criminels

Intervenir rapidement auprès d’une personne victime d’un acte criminel pour réduire le stress post-traumatique qu’elle pourrait vivre et la durée des symptômes qui y sont associés. Ce mandat est celui de l’intervenante Sarah Boisvert, du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), qui travaille à même le poste de police de Granby.

Chaque année, la psychoéducatrice offre une aide — souvent de première ligne — à des dizaines de victimes d’actes criminels. Harcèlement, menaces, voies de fait, violence conjugale et agressions sexuelles sont autant de crimes pour lesquels elle peut être appelée à intervenir.

À la demande des patrouilleurs ou des enquêteurs, elle se déplace à certaines occasions sur les lieux d’un crime pour accompagner une victime. « C’est à la discrétion du patrouilleur qui va juger de l’état de la victime, si elle a besoin d’aide tout de suite. Je peux me déplacer sur la scène de crime si elle est sécurisée. Parfois, en violence conjugale, ils vont m’appeler pour que je me déplace une fois que le suspect est retiré du milieu », explique Mme Boisvert.

À certaines occasions, elle s’est même rendue à l’urgence pour accompagner une victime dont l’état nécessitait des soins médicaux. Lorsque les policiers accueillent des plaignants au poste de police, ils peuvent aussi faire appel à ses services. « Des fois, la personne pleure et ce n’est pas facile. Juste le fait d’aller au poste de police, ce n’est pas évident. De rencontrer quelqu’un qui n’est pas un policier, ça peut être rassurant », expose la psychoéducatrice, qui offre le même service d’accompagnement à la Sûreté du Québec en Haute-Yamaska et dans Brome-Missisquoi.

Son intervention peut également être requise dans les jours qui vont suivre un crime. « Le patrouilleur va me demander de communiquer avec une personne ou un enquêteur, après avoir eu un premier contact avec la victime, va me demander de la contacter », explique Mme Boisvert.

Nouvelle dynamique

Ce service d’accompagnement est offert depuis mars 2014 à même les corps policiers de l’ensemble de la province. Un projet pilote d’une durée d’un an a démontré l’importance et la nécessité d’intervenir dès les premiers instants auprès des victimes. Auparavant, elles étaient davantage accompagnées par le CAVAC lorsque le dossier était devant les tribunaux.

« Ça change complètement la dynamique, affirme Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby. C’est plus direct. Quand il y a un vol qualifié par exemple, le policier va immédiatement contacter Sarah qui peut se déplacer et rencontrer la victime plutôt que le contact soit fait deux semaines après par exemple. »

Son mandat est aussi de diriger les victimes vers les ressources dont elles ont besoin, que ce soit une maison d’hébergement ou le CLSC, entre autres. « On s’adapte aux besoins de chaque personne », dit-elle.

L’intervenante peut également les accompagner pour remplir certains formulaires, notamment ceux de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC), de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail et de la Société de l’assurance automobile du Québec.

Réduire les symptômes

Les symptômes associés à un choc post-traumatique peuvent être nombreux chez une victime d’acte criminel : irritabilité, cauchemar, insomnie, perte d’appétit, pleurs et symptômes de dépression en sont quelques-uns, énumère Mme Boisvert. L’objectif en intervenant rapidement auprès d’une victime est de les réduire.

« C’est pour qu’il y ait le moins de stress post-traumatique, qu’il y ait le moins de symptômes liés à l’acte criminel. Souvent, ça fait en sorte que les gens comprennent pourquoi ils se sentent comme ça. Ils vont mieux comprendre ce qui va leur arriver et une fois à la cour, ils peuvent avoir plein de services d’aide, en psychologie par exemple. Ils ont le temps de travailler sur eux-mêmes avant la procédure judiciaire, explique Mme Boisvert. Quand on les voit rapidement au début, à cinq, six occasions, et une fois que la procédure arrive, on les revoit et on voit une amélioration. Ils sont vraiment bien. On voit de beaux cas de résilience. »

Les patrouilleurs et les enquêteurs sont parmi ceux qui la contactent le plus fréquemment afin qu’elle établisse un contact avec une victime. Elle reçoit en moyenne une à deux demandes quotidiennement. Les rencontres que l’intervenante propose sont confidentielles et se déroulent sur une base volontaire.

Certaines personnes refusent le service d’aide, d’autres ne retournent tout simplement pas les appels de la psychoéducatrice. « Il y a dossiers où les victimes ne veulent pas du service du CAVAC, qu’ils n’en ressentent pas le besoin, donc on fait juste les informer sur les procédures judiciaires », dit-elle.

Son mandat est aussi de leur expliquer le déroulement des procédures policières et judiciaires. Dans certains dossiers où elle est intervenue à son arrivée en poste, il y a près de six ans, Sarah Boisvert propose d’accompagner les victimes durant le processus judiciaire. Ses collègues du CAVAC présentes au palais de justice de Granby offrent également ce support aux victimes en les accompagnant durant le processus judiciaire.

L’objectif ultime est de permettre à une victime de pouvoir reprendre le cours de sa vie, retrouver sa routine. « Elles vont apprendre à vivre avec ce qu’elles ont vécu. C’est pour qu’elles soient capables de retrouver un peu le même équilibre qu’elles avaient avant », indique l’intervenante.

Toute personne qui a été victime d’un acte criminel et qui désire obtenir de l’aide du CAVAC peut contacter Sarah Boisvert au 450-776-8333, poste 3709.