Les cyclistes doivent débarquer de leur vélo à la traverse de l’Estriade sur la route 112.
Les cyclistes doivent débarquer de leur vélo à la traverse de l’Estriade sur la route 112.

Intersection Estriade / route 112 à Granby : des patrouilleurs pour faire respecter la signalisation

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
«Il faut débarquer de votre vélo ici, c’est rendu une obligation.» Cette phrase, Cédric et Nathan Leblanc, patrouilleurs pour la Corporation d’aménagement récréotouristique de la Haute-Yamaska (CARTHY) qui s’occupe de la gestion de l’Estriade, la répètent à tous les cyclistes qui s’engagent dans la nouvelle traverse piétonne à la hauteur de la route 112.

Depuis le 20 juillet, la voie qui permet de traverser la route 112 est située dans une zone où la vitesse a été abaissée de 70km/h à 50km/h. Les cyclistes doivent désormais descendre de leur vélo pour avoir la priorité et des patrouilleurs y ont été déployés pour informer les usagers de la modification de la signalisation.


« Avertir les gens qui ne respectent pas les consignes, oui ça fait partie de nos tâches, mais ce n’est pas que ça. Le but de notre travail c’est d’être près des citoyens et de les aider »
Nathan Leblanc, patrouilleur
Les patrouilleurs Leblanc ont fait de la sensibilisation auprès des cyclistes, samedi. Ici, Cédric montre à une utilisatrice la nouvelle pancarte qui oblige les cyclistes à descendre de leur monture.

Le manque d’information ou le refus simple de suivre la nouvelle signalisation crée une ambiguïté, ce qui pose un risque pour la sécurité des usagers.

«Les voitures n’ont pas à arrêter si la personne est sur son vélo, il ne faut pas qu’elle s’arrête parce que c’est là que ça peut être dangereux avec les autres voitures», explique le patrouilleur Cédric Leblanc.

Un cycliste qui ne veut pas de la priorité peut-il attendre son tour sur sa monture et traverser une fois que la voie est libre ? Pas depuis qu’un panneau rappelant l’obligation a été installé, poursuit Cédric Leblanc, précisant que la pancarte a été ajoutée quelques jours après le reste de la signalisation. Malgré cela, de nombreux utilisateurs n’en connaissent pas la signification ou décident de l’ignorer.

La modification est temporaire, en attendant qu’une infrastructure — qui prendra probablement la forme d’une passerelle — soit érigée, a fait savoir le ministère des Transports.

Des cyclistes en rodage

Curieux de connaître quelle proportion des cyclistes respecte la signalisation lorsqu’il n’y a pas de patrouilleurs, les frères Leblanc se sont arrêtés à une table à pique-nique à 50 m de l’intersection lors d’une promenade durant leur journée de congé. Entre 10h et 11h mercredi dernier, 87 cyclistes ont emprunté l’intersection et seulement 38 (44%) l’ont fait en respectant la signalisation, rapportent-ils.

Malgré tout, certains cyclistes décident de n’en faire qu’à leur tête.

Durant l’heure que La Voix de l’Est a passée sur place, les réactions des utilisateurs de la piste cyclable ont été mitigées. Certains saluent le changement et sont satisfaits de la nouvelle signalisation — cela représente une majorité de cyclistes, selon les frères patrouilleurs. «C’est une bonne chose d’avoir implanté ça. On est contents, on passe ici souvent, c’est important le respect mutuel avec les voitures», lance l’utilisateur Robert Dequoy au moment de traverser.

Il faut rappeler, soutient Nathan Leblanc, que des gens ont dénoncé le statu quo et qu’il y avait un désir de faire les choses autrement. «C’est tout à fait logique», lance avec le sourire une utilisatrice après s’être fait expliquer la nouvelle réglementation.

D’autres ne partagent pas cet avis et craignent que le manque de constance dans la signalisation sur l’ensemble de la voie cyclable ajoute à la confusion.

Le groupe qui semble le plus dérangé par l’obligation de descendre de leur vélo est celui des cyclistes expérimentés qui portent des souliers à clip, pour qui la descente est plus périlleuse et abîme leurs souliers, note le patrouilleur. «Sinon, les personnes âgées et les familles, elles, débarquent toutes et sont bien contentes de le faire. C’est vraiment les cyclistes qui font du vélo souvent et qui roulent vite qui sont mécontents», rapporte Nathan Leblanc.

Quelques cyclistes décident tout simplement d’ignorer les patrouilleurs et de faire à leur tête. Quelques injures ont aussi été lancées de la part d’automobilistes à leur endroit, rapportent les frères Leblanc.

Le travail de patrouilleur

Les patrouilleurs ont le pouvoir de donner des contraventions en communiquant avec les policiers ou avec la patrouille verte, mais leurs interventions se limitent souvent aux avertissements. Ils ont un rôle de prévention, note la porte-parole du Service de police de la Ville de Granby, Caroline Garand.

«Sinon, les personnes âgées et les familles, elles, débarquent toutes et sont bien contentes de le faire. C’est vraiment les cyclistes qui font du vélo souvent et qui roulent vite qui sont mécontents», rapporte Nathan Leblanc.

«De prime abord, notre travail n’est pas de faire des reproches aux gens, indique Nathan Leblanc. On a des trousses de soins, des trousses pour le dépannage mécanique. Avertir les gens qui ne respectent pas les consignes, oui ça fait partie de nos tâches, mais ce n’est pas que ça. Le but de notre travail c’est d’être près des citoyens et de les aider.»