Yan Gordon a acheté sa ferme du chemin Perkins en 2008. Déjà, à l’époque, de nombreux automobilistes omettaient de faire leur arrêt obligatoire ou roulaient bien au-dessus de la limite de vitesse permise.

Intersection des chemins Perkins et Alderbrooke à Sutton: un citoyen plaide pour plus de sécurité

Un résident du chemin Perkins, à Sutton, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, trop peu d’automobilistes respectent le Code de la sécurité routière près de chez lui, à l’intersection du chemin Alderbrooke.

Yan Gordon a acheté sa ferme du chemin Perkins en 2008. Déjà, à l’époque, de nombreux automobilistes omettaient de faire leur arrêt obligatoire ou roulaient bien au-dessus de la limite de vitesse fixée à 60 km/h.

« Ça a toujours été comme ça, raconte-t-il. Les gens passent à 80 ou 90 kmh/h, et ils ralentissent à peine à l’arrêt. Les plus gentils ralentissent à 40 ou 50 km/h. Mais personne, ou presque, ne s’arrête. »

Selon le Suttonnais, environ un automobiliste sur cinq ferait son arrêt obligatoire à l’intersection qui en compte trois.

« J’ai déjà essayé d’avertir certains automobilistes, de les sensibiliser à la sécurité, indique-t-il. Certains m’ont carrément [envoyé promener], en me disant qu’ils vivent ici depuis plus longtemps que moi et qu’ils n’ont jamais arrêté. »

Éviter une mauvaise surprise

« Je ne demande même pas à ce que les gens fassent un arrêt complet, comme ils sont censés l’avoir appris pendant leurs cours de conduite, plaide M. Gordon. Je veux simplement qu’ils ralentissent suffisamment, par exemple à 20 km/h, pour éviter une mauvaise surprise. »

L’agriculteur a perdu deux de ses chiens au fil des années en raison du caractère téméraire de certains conducteurs. Les deux bêtes ont été happées mortellement alors qu’elles traversaient le chemin, suivies de près par leur maître. « J’étais à peine à quelques pieds d’eux, se souvient M. Gordon. Ça aurait pu être moi si j’avais été à leurs côtés. »

Il y a quelques jours, c’était avec son fils et son chien actuel qu’il se trouvait au bord de la route. Entendant le moteur d’une voiture s’amenant en leur direction, le père a averti le garçon de 5 ans de ne pas traverser la rue.

« Il est en train d’apprendre la sécurité, relève M. Gordon. Il sait que parce qu’il y a un panneau d’arrêt, les voitures doivent s’immobiliser. Alors quand il m’a demandé pourquoi il ne pouvait pas traverser le chemin, je lui ai dit que les gens importants pensent que sauver dix-sept secondes dans leur journée c’est plus important que [sa] vie. »

Joignant le geste à la parole, le Suttonnais a appelé son chien pour qu’il vienne à ses pieds. La voiture est passée peu de temps après.

« Ça commence à me faire peur »

M. Gordon affirme s’être plaint à plusieurs reprises à la Sûreté du Québec. Il aimerait que des patrouilleurs se garent dans le secteur pour être témoins eux-mêmes de la situation, et qu’ils sévissent auprès des contrevenants.

« Ça commence à me faire peur, dit-il. Je crains le jour où quelque chose de grave va se produire. »

Comme le chemin Alderbrooke traverse sa propriété de bord en bord, M. Gordon craint pour sa sécurité, celle de sa famille, et aussi celle des travailleurs qu’il emploie à sa ferme. « On travaille, on est chez nous. Parfois, je traverse avec mon tracteur et je passe très près de me faire frapper. C’est arrivé plusieurs fois. Ça pourrait être un enfant à vélo... », dit-il. 

Signalements

La Sûreté du Québec a été mise au parfum de la situation, confirme sa porte-parole Ingrid Asselin. Plusieurs signalements ont été faits en 2017, mais aucune plainte formelle n’a cependant été déposée.

« C’est un secteur où il y a peu de circulation, mais où les gens nous disent que les automobilistes roulent plus vite et ne respectent pas la signalisation en place », confirme la policière, ajoutant qu’un automobiliste avait été ciblé par un avertissement après avoir été identifié par un témoin.

Aucune collision n’est survenue à l’intersection depuis la dernière décennie, a-t-on également appris. « Mais ça ne veut pas dire qu’il ne s’est jamais rien passé à cet endroit-là », nuance Mme Asselin.

Elle invite quiconque est témoin d’une infraction au Code de la route à noter les informations du véhicule et à signaler le tout aux policiers.