Fernande Pelletier est passée près d’être renversée par un poids lourd alors qu’elle traversait la rue Principale à Saint-Césaire, lundi.

Intersection dangereuse à Saint-Césaire: le MTQ sommé d’agir

La dangerosité de la traverse piétonnière à l’angle des rues Principale et Notre-Dame est bien connue des citoyens et des élus de Saint-Césaire. Comme il s’agit de routes provinciales, la municipalité tente par tous les moyens de faire sécuriser l’endroit par le ministère des Transports du Québec, dont l’incurie aurait pu coûter la vie à Fernande Pelletier, lundi. En traversant au feu piétonnier, comme elle a l’habitude de le faire, un poids lourd effectuant un virage est passé tout près de la renverser.

« Il s’est arrêté à six pouces d’elle », laisse tomber son époux, Jean-Paul.

Heureusement, la dame, qui était descendue de son vélo pour traverser à pied, n’a pas été blessée. « À la grosseur que le camion avait, je ne serais pas ici pour vous raconter mon histoire s’il m’avait frappée ! » lance celle qui a eu toute une frousse en début de semaine.

À cet endroit, le feu vert permet aux automobilistes circulant sur la rue Notre-Dame d’aller tout droit ou de tourner lorsque le feu de piétons permet à ceux-ci de traverser. Dans un tel cas, qu’on retrouve dans plusieurs municipalités québécoises, le Code de la sécurité routière accorde la priorité au piéton.

Le conducteur du camion, qui circulait vers le nord sur la rue Notre-Dame, a donc probablement omis de s’assurer que personne ne traversait la rue Principale avant d’effectuer son virage à gauche.

Juridiction provinciale
Selon M. Pelletier, il ne s’agit pas de la première mésaventure de cette femme à cette intersection. « On ne dit jamais deux sans trois, mais j’espère que ça ne lui arrivera pas une autre fois. Il ne faudrait pas », dit-il, inquiet.

La directrice générale de Saint-Césaire, Isabelle François, indique pour sa part que plusieurs « quasi-accidents » sont signalés à la municipalité. Ces incidents ont été portés à l’attention du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports du Québec, qui a juridiction sur les deux artères numérotées (112 et 233).

« Vendredi dernier [ndlr: le 6 juillet], on m’a répondu que la situation était sous analyse et qu’on nous reviendrait dans les meilleurs délais », a indiqué la fonctionnaire.

Une énième réponse qui impatiente le maire Guy Benjamin. « On reçoit des plaintes au conseil, mais on ne sait plus quoi répondre aux gens, déplore-t-il. On appelle [au ministère], on fait des pressions, mais rien ne bouge. »

Agir plutôt que réagir
Essentiellement, la Ville demande au ministère de reprogrammer les feux afin de prioriser la traverse piétonnière. « Ça ne doit pas être si compliqué, croit le maire. Dans l’état actuel des choses, il y a un problème de visibilité avec le virage à droite [NDLR : de Principale à Notre-Dame]. Si un camion tourne à droite au feu rouge, ce qu’il peut faire, et qu’un autre poids lourd veut tourner à gauche sur Principale, il ne verra jamais le piéton qui avait commencé à traverser. »

Malheureusement, malgré des demandes répétées, rien n’a encore été mis en place. « Il y a une lenteur d’exécution. Je ne sais pas à quel niveau les décisions se prennent, mais c’est lamentable », se désole M. Benjamin.

Tant les Pelletier que les élus ont souligné à gros traits le fort achalandage routier dans ce secteur, fréquenté par de nombreux véhicules lourds et agricoles. La municipalité évalue à plus de 10 000 véhicules le nombre d’automobiles qui circulent sur la route 112 chaque jour.

« La circulation est en augmentation année après année, indique M. Benjamin. Il faudrait agir avant qu’il n’arrive quelque chose de grave. »

« Le MTQ n’écoute personne tant qu’il n’y a pas de morts. C’est ridicule », rage Jean-Paul Pelletier.

Sollicitée jeudi et vendredi, la direction générale de la Montérégie du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports du Québec ne pouvait pas donner suite à notre demande d’entrevue avant le début de la semaine prochaine.

AUTRES DEMANDES EN SUSPENS

L’intersection des rues Principale et Notre-Dame n’est qu’un cas parmi d’autres pour lesquels la municipalité attend un retour du ministère des Transports. 

Guy Benjamin fait entre autres état de la traverse aménagée en 2017 sur la route 112 à son intersection avec les rues Vimy et Bouthillier, pour laquelle Saint-Césaire réclame un panneau signalant la priorité accordée aux piétons, qui sont en grande partie des écoliers durant l’année scolaire. « Rien n’a été fait encore », dit-il en haussant les épaules.

Pour sécuriser son centre-ville, la municipalité réclame également l’installation d’un feu de circulation à l’angle de Principale et de Neveu, là où sont en train de se construire une station-service et des commerces. Des demandes ont été formulées en décembre 2016, puis en juillet et en octobre 2017. Pour aider la Ville dans sa démarche, M. Pelletier avait fait circuler, l’été dernier, une pétition ayant récolté près de 600 signatures en moins d’une semaine.

« Le besoin pour l’implantation de feux est reconnu par le MTQ », relève Isabelle François. Le projet pourrait se concrétiser au plus tôt en 2019.

Enfin, le conseil municipal a résolu la semaine dernière de demander l’autorisation du ministère pour installer un miroir concave à l’angle de la rue Notre-Dame et de l’avenue Saint-Paul afin d’aider les automobilistes à l’arrêt à apercevoir des véhicules qui circulent sur l’artère perpendiculaire et éviter ainsi des collisions.