Une Granbyenne estime que les interruptions planifiées d’Hydro-Québec durant plusieurs heures consécutives pour permettre des travaux d’entretien sont peu compatibles avec le télétravail.

Interruptions d’électricité planifiées: incompatibles avec le télétravail ?

Les interventions planifiées d’Hydro-Québec qui, pour permettre des travaux d’entretien du réseau, privent de petits secteurs d’électricité durant plusieurs heures consécutives sont peu compatibles avec la réalité du télétravail, dénonce une Granbyenne.

Sophie Germain l’a expérimenté le 9 octobre dernier alors que sa résidence de la rue Noiseux a été privée d’électricité entre 8 h 30 et 16 h 15. Une autre interruption du même type, soit du matin jusqu’à environ 15 h 30, était prévue jeudi, mais les travaux ont été reportés au 26 novembre. S’ils ne peuvent être effectués à ce moment, la date du 5 décembre a été avancée. Près de 40 résidences du secteur sont visées par les travaux.

«On est en 2018 et je pense que le télétravail est monnaie courante. Je comprends très bien qu’Hydro-Québec ait un travail d’entretien à faire. Qu’il y ait une interruption de 8 h 30 à 11 h 30 ou midi, je n’ai pas de problème avec ça. Mais je ne suis pas d’accord si ça se prolonge en après-midi», a affirmé celle dont le travail de chargée de cours à l’Université de Trois-Rivières l’incite à avoir un bureau à la maison.

Sophie Germain dit avoir contacté le service à la clientèle de la société d’État pour lui faire part de ses doléances. Mais elle estime avoir senti peu d’ouverture à sa réalité de travailleur autonome. D’autant plus qu’elle affirme que, le 9 octobre dernier, elle entendait effectivement les scies mécaniques des équipes d’Hydro-Québec s’activer, mais elles se sont tues durant l’heure du dîner, sans que l’électricité ne revienne pour autant.

La température froide prévue jeudi l’incitait par ailleurs à croire qu’une interruption prolongée à cette période-ci de l’année n’était pas une bonne idée. Mais elle a par la suite appris que les travaux étaient reportés.

Travaux nécessaires

«On est conscients des inconvénients que ça peut représenter, mais on doit justement faire les interventions pour éviter ou prévenir les risques de pannes qui pourraient entraîner de plus longues interruptions. À l’approche de la pointe hivernale, il y a de la végétation à couper près des fils électriques. Ce sont des travaux nécessaires», a fait valoir Philippe Cyr, porte-parole pour Hydro-Québec.

«Ça pourrait être pire, s’il y avait, par exemple, un arbre qui tombe sur un fil dans un contexte de -30 degrés Celsius. Une panne pourrait durer plusieurs heures si ça nécessitait le déplacement d’équipes, la plantation de poteau, l’abattage d’arbres. Ce risque-là fait paraître cette intervention préventive plus minime en terme d’impact», a-t-il ajouté.

Selon le porte-parole, les citoyens touchés par ces interruptions planifiées sont généralement avisés 48 heures à l’avance par le biais d’un message automatisé. Ils ne sont cependant pas informés si les travaux sont reportés.

Philippe Cyr affirme en outre que «l’ampleur» des travaux d’entretien sur la végétation dans le secteur de la rue Noiseux nécessite la mobilisation de ressources et d’équipes sur deux journées de plusieurs heures, plutôt que pour de petits blocs d’heures à la fois.

Sophie Germain croit néanmoins que pour le télétravail, mais aussi différentes raisons, il demeure difficile de composer avec des interruptions d’électricité durant une période d’au moins sept heures, soit entre 8 h 30 et 15 h 30.