En 2008, une étude de la MRC de Rouville avait déterminé que quelque 1500 résidences, organismes et entreprises ne bénéficiaient pas encore d’une connexion à Internet haute vitesse. Dix ans plus tard, rien ne semble avoir changé, déplorent des maires.

Internet haute vitesse dans Rouville: une étude réclamée

Alors que plusieurs MRC du Québec s’apprêtent à mettre en place des structures pour offrir à leur population une connexion à Internet haute vitesse, Ange-Gardien demande à la MRC de Rouville de réévaluer les besoins sur son territoire en réalisant une étude.

« Ce n’est plus un luxe aujourd’hui d’avoir accès à Internet, affirme le maire Yvan Pinsonneault. Chez nous, on a un secteur mal couvert et on aimerait y remédier. »

En 2008, une étude de la MRC de Rouville avait déterminé que quelque 1500 résidences, organismes et entreprises ne bénéficiaient pas encore du service d’une connexion à Internet haute vitesse.

Comme dix ans plus tard, la donne n’a pas changé et que plusieurs MRC québécoises ont reçu un coup de pouce du gouvernement pour s’organiser, le conseil municipal d’Ange-Gardien a adopté en mars une résolution pour mandater la MRC de Rouville à actualiser ladite étude.

Celle-ci pourrait être financée par le Fonds de développement des territoires, précise-t-on. La missive rappelle que la cible première de la Stratégie numérique du Québec, dévoilée par le gouvernement provincial l’an dernier, vise à ce que la totalité des citoyens ait accès à ce service considéré comme « essentiel à l’enseignement, au travail, au développement économique, aux communications et aux divertissements ».

Appuis
« Il faut y aller de façon concertée, parler d’une voix unique, croit le maire Pinsonneault. On ne pourra pas régler les problématiques dans un seul secteur. Ce que je souhaite, c’est qu’on puisse constater s’il existe une problématique de desserte sur l’ensemble du territoire pour ensuite déterminer quelle serait la meilleure solution [pour y pallier]. Il faudra aussi être prêts s’il y a des programmes de subvention qui s’ouvrent pour financer un projet. »

La résolution invitait donc les autres municipalités de la MRC à se prononcer sur la question. Jusqu’à présent, les conseils de Saint-Paul-d’Abbotsford, de Rougemont et de Sainte-Angèle-de-Monnoir ont donné leur appui à la démarche gardangeoise.

« Avec le temps, les besoins des gens changent et sont grandissants. La population a besoin d’un service plus solide et plus fiable », indique le maire de Rougemont, Michel Arseneault. À Rougemont, « c’est moins problématique qu’ailleurs, mais nous avons quand même des problèmes d’accès à Internet sur un tronçon d’environ six kilomètres sur la Grande-Caroline », constate-t-il.

On entend un son de cloche similaire du côté de Sainte-Angèle-de-Monnoir. « Je sais qu’il y a des secteurs peu ou mal desservis chez nous. Des bouts de rang qui n’ont pas Internet ou qui sont desservis de façon, disons, frustrante », note pour sa part le maire Denis Paquin, qui juge qu’Internet est devenu « aussi essentiel que le téléphone et l’électricité ».

Une compétence provinciale, estime le préfet
Le préfet de la MRC de Rouville et maire de Richelieu, Jacques Ladouceur, croit qu’il vaut mieux faire le bilan des connaissances actuelles de la situation avant d’investir dans une nouvelle étude. « Voyons si ça vaut la peine, note-t-il. C’est sûr que les gens qui se trouvent dans les [secteurs] non desservis sont malheureux. Mais combien en reste-t-il ? »

Si sa municipalité, plus près de Montréal, est somme toute bien couverte par un réseau, l’élu reconnaît que la région gagnerait à être mieux desservie. « Il y a des endroits dans la MRC où on voit le stade [olympique] sans avoir Internet ! » ironise-t-il.

Le préfet est d’avis qu’il est de la responsabilité du gouvernement de forcer les fournisseurs à élargir leur territoire plutôt que « les villes et les MRC cherchent des solutions chacune de leur côté. » Il rappelle que les infrastructures coûtent très cher à entretenir et que cet entretien n’est pas aussi bien couvert par des subventions que l’implantation du réseau. « Ce n’est pas rentable pour les villes, dit-il. Serions-nous capables de nourrir la bête ? »

À l’instar de M. Ladouceur, M. Paquin croit qu’il n’est pas de la juridiction des villes de fournir les infrastructures nécessaires à l’implantation d’Internet haute vitesse. « Je m’explique mal que ce sont les municipalités qui doivent faire les démarches alors que le gouvernement pourrait imposer aux grands distributeurs d’améliorer leur couverture », laisse-t-il tomber.

Une séance de travail entre les maires est prévue à la fin du mois à ce sujet.