Le conseil municipal de Sutton pourrait discuter d’une interdiction des sacs de plastique à usage unique et des pailles sur son territoire.

Interdiction des sacs de plastique et des pailles: Sutton étudiera la question

Bannir les sacs de plastique à utilisation unique et les pailles pourrait être bien accueilli par la population de Sutton, croit la conseillère Patricia Lefèvre. Un travail de sensibilisation reste à faire auprès des commerçants avant de décréter une telle interdiction, croit-elle.

« S’il y a une place où on pourrait le faire, c’est bien ici. Nos citoyens sont très sensibles aux causes environnementales », explique Mme Lefèvre. Elle en veut pour preuve la popularité de l’activité Sutton zéro plastique menée samedi à la sortie de l’épicerie IGA, alors que les clients étaient invités à retirer les produits achetés de leurs emballages afin qu’ils réalisent la quantité de plastique utilisé.

Mme Lefèvre se dit prête à discuter de l’enjeu avec ses collègues conseillers. « Je crois qu’on pourrait le faire. Ça ne serait pas compliqué », explique-t-elle. Il est impératif, dit-elle toutefois, que les commerçants soient impliqués dans une telle démarche. « On parle déjà d’environnement avec nos citoyens. Maintenant, on doit en parler avec nos commerçants. C’est une partie importante si on veut que ça fonctionne. »

Le geste législatif ne suffit pas pour résoudre un problème, soutient la conseillère. Les initiatives comme l’interdiction des sacs de plastique et des pailles doivent être acceptées par la population et des mesures doivent être mises en place pour assurer qu’elles soient respectées. « Passer une résolution, c’est facile. Mais pour qu’elle fonctionne, qu’elle ait un impact, il faut qu’elle soit respectée », dit-elle.

L’idée de supprimer les sacs de plastique et les pailles dans la municipalité ne déplaît pas au maire Michel Lafrance. « Il y a ici à Sutton une préoccupation avec l’environnement. Les gens veulent faire leur part », a-t-il indiqué la semaine dernière en entrevue. « On va en discuter au conseil », a-t-il ajouté.

Bouteilles de plastique
Il appartient à la municipalité de poser le premier geste pour éliminer graduellement le plastique, croit Richard Leclerc, un des organisateurs de l’activité Sutton zéro plastique. Il entend demander au conseil lors de son assemblée de juillet d’interdire la consommation de bouteilles d’eau de plastique de 500 millilitres à remplissage unique dans tous les édifices municipaux. « On produit au Québec 1 milliard de ces bouteilles par année. De celles-là, 700 000 se retrouvent dans la nature ou à l’enfouissement. Les gens en achètent quand ils vont à des événements. Mais ils ne trouvent souvent pas de bacs bleus pour le recycler. Alors ils les jettent où ils peuvent ou dans des poubelles », dit-il. « Il faut encourager les gens à avoir des bouteilles réutilisables. »

Une telle résolution a été adoptée le 2 mai 2016 par l’ancien conseil à la demande de M. Leclerc. Toutefois, les mots « non recyclable » ont été ajoutés à la résolution, annulant la mesure, croit-il. « Toutes les bouteilles d’eau sont recyclables. En ajoutant ça, on accepte toutes les bouteilles. La résolution est totalement inutile. Ça m’a choqué quand le conseil a fait ça. »

En interdisant les bouteilles d’eau de 500 ml à remplissage unique, la municipalité lancera un signal fort et démarrera des changements de comportements chez ses employés, estime M. Leclerc. Il donne l’exemple de la Loi sur le tabac, maintenant connue comme la Loi concernant la lutte au tabagisme. À son adoption en 1998, une interdiction de fumer dans un rayon de neuf mètres d’un édifice du gouvernement du Québec est entrée en vigueur. Aujourd’hui, cette prohibition vise tous les bâtiments, signale-t-il. « Tout le monde l’accepte maintenant. C’est comme ça qu’il faut travailler en marketing social. Les gens n’aiment pas les changements draconiens. Il faut y aller une étape à la fois. On l’a vu avec le port de la ceinture de sécurité, avec l’alcool au volant. On le voit maintenant avec le port du casque de vélo. »

Économiser l’eau
Les sacs, bouteilles et pailles ne sont pas les seuls enjeux environnementaux sur lesquels le conseil doit se pencher, signale le maire Lafrance. L’économie d’eau doit également en faire partie, dit-il.

La municipalité installera cette année une soixantaine de compteurs d’eau dans des maisons et une dizaine dans des commerces. Les données obtenues permettront à la municipalité de connaître la consommation d’eau et de déterminer si des fuites surviennent dans son réseau, a dit M. Lafrance.