Lyne Laverdure confierait à l’organisme SERY le mandat de chapeauter un futur «centre de coordination et d’intégration des nouveaux travailleurs».

Intégration des travailleurs: un projet-pilote avec SERY, souhaite Laverdure

La candidate libérale dans Granby, Lyne Laverdure, confierait à Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY) le mandat d’accueillir tous les nouveaux arrivants qui débarquent à Granby pour des raisons professionnelles, qu’ils émigrent d’un autre pays ou d’une autre ville du Québec. Le tout se déploierait par la mise en place d’un projet-pilote de trois ans visant à combler les besoins locaux en main-d’œuvre.

Ce « centre de coordination et d’intégration des nouveaux travailleurs » veillerait à jumeler candidats et emplois disponibles, mais aussi à bien intégrer ces nouveaux employés et leur famille dans leur milieu d’adoption. Cela inclut le milieu de travail, certes, mais également de l’aide pour trouver un logement, des places en garderie, et d’autres services essentiels lorsqu’on s’installe dans une nouvelle ville, énumère Mme Laverdure, qui compte elle-même mener des missions de promotion ciblées pour promouvoir Granby auprès de travailleurs à l’extérieur du Québec. 

Une table de concertation serait composée d’élus et de partenaires issus des milieux de l’employabilité, de l’éducation, de la santé, du commerce et, bien sûr, de représentants de SERY. « SERY sera clairement la carte maîtresse pour piloter ce projet, indique la candidate libérale, parce qu’ils ont l’expertise d’intégrer, avec succès, les nouveaux arrivants de Granby. »

Déjà, des entreprises souhaiteraient prendre part à l’aventure, avance la candidate libérale. « Elles feraient part à SERY de leurs besoins, et SERY irait chercher les travailleurs, en partenariat avec les autres organismes impliqués », détaille Mme Laverdure.

« Il y a un urgent besoin de combler ces postes dans tous les secteurs sinon nous devrons plutôt gérer de la décroissance », relève la candidate, qui attribue à « l’excellent travail » du gouvernement sortant la pénurie de main-d’œuvre, symptôme d’une économie florissante.

Le nouveau service pourrait être abrité à même les anciens locaux de la clinique d’accès de Granby, qui était jusqu’à tout récemment locataire de l’immeuble appartenant à SERY.

Un nouveau gouvernement libéral allouerait 15 millions $ par an aux MRC pour l’intégration de travailleurs et pour appuyer les organismes locaux d’employabilité, souligne Mme Laverdure, qui compte réserver une enveloppe de 300 000 $ par année pour SERY. 

Un projet « bénéfique »

La directrice générale de SERY, Joanne Ouellette, avait été approchée par Mme Laverdure lors d’une rencontre à ses bureaux. « Elle m’avait parlé [du projet] comme d’une suggestion pour que nos industries bénéficient d’un service cinq étoiles », explique-t-elle.

L’organisme reçoit d’ailleurs régulièrement des appels d’entreprises à la recherche de candidats. « La pénurie de main-d’œuvre est épouvantable, confirme Mme Ouellette. On n’a pas grand-chose dans la région qui peut créer un partenariat avec tout le monde. »

L’apport financier supplémentaire qu’amènerait le projet serait le bienvenu, ajoute Mme Ouellette. « Depuis que la clinique est partie, on cherche à combler le manque à gagner.»

Pour la DG de SERY, qui ne prend pas parti pour aucun candidat, l’initiative serait « bénéfique » pour la région et devrait être implantée peu importe qui remportera l’élection du 1er octobre. « Ça fait des années que je demande au gouvernement de venir voir notre modèle, personne n’est jamais venu, souligne-t-elle. Il faut que les politiciens arrêtent de parler d’immigration et qu’ils demandent aux gens qui sont dedans ce dont ils ont besoin pour que ça marche. »

UN BILAN DE CAMPAGNE POSITIF

Lyne Laverdure a par ailleurs rappelé ses nombreux autres engagements pour faciliter le maillage entre les emplois offerts et la main-d’oeuvre de Granby. Sa stratégie s’articule autour de quatre axes: éducation, innovation, immigration et participation de tous.

Parmi les projets qui lui tiennent à coeur, la candidate a réitéré son désir de constituer un institut technologique au Cégep de Granby et de permettre aux travailleurs à la retraite ou à la semi-retraite de retourner sur le marché du travail ou d’y demeurer plus longtemps. L’automatisation de certaines tâches permettrait en outre de réduire le besoin de travailleurs de certaines entreprises.

La candidate libérale a finalement dressé un bilan fort positif de sa première campagne électorale, reconnaissant l’accueil chaleureux que lui ont livré les électeurs. «J’ai appris énormément et ça a été une expérience extraordinaire», affirme celle qui espère être au service des citoyens dès le 2 octobre prochain.