Le député Ievgueniï Bragar lors de l’émission télévisée durant laquelle il a fait sa suggestion controversée, vendredi dernier.

Vendre son chien pour payer le gaz? Un député suscite le tollé en Ukraine

KIEV - Un député ukrainien a suscité le tollé en suggérant à une retraitée de vendre son chien pour payer sa facture de gaz, dans l’un des pays les plus pauvres d’Europe, forçant la présidence à intervenir mardi.

Habitante d’un village du centre du pays, Lioubov Kolioutcha était intervenue vendredi par téléphone lors d’un talk-show télévisé pour se plaindre des factures trop élevées pour sa maigre retraite de 2000 hryvnias (106 $CAN).

En réponse, le député du parti présidentiel Ievgueniï Bragar, 25 ans, a suggéré à la retraitée de «vendre» son chien «de race» pour «payer tranquillement» ses factures.

Cette déclaration a suscité la colère en Ukraine, y compris parmi les collègues de M. Bragar, d’autant plus que les médias ont ensuite révélé que le chien de Lioubov Kolioutcha, «Charik» («Boule»), était vieux et aveugle.

«Ievgeniï Bragar, tu es un abruti», a lancé sur Facebook Geo Leros, un autre député du parti présidentiel, qui doit notamment sa popularité à la promesse de «casser le système» des vieilles élites et d’apporter des visages neufs dans la politique.

Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs ont publié en masse des photos de leurs animaux de compagnie en promettant de ne pas les vendre. «Chien perdu. Ressemble à 100-150 mètres cubes de gaz», ironise ainsi une blague populaire.

Le député a fini par présenter ses «excuses» sur Facebook. «Je suis novice en politique et je n’ai pas encore appris à répondre aux questions délicates», a-t-il plaidé.

Il a également téléphoné à Mme Kolioutcha pour s’excuser. «Je lui ai pardonné, il est trop jeune», a déclaré la retraitée à l’AFP.

L’affaire est toutefois remontée jusqu’à la présidence, Volodymyr Zelensky ordonnant au gouvernement de se pencher sur la situation après la déclaration «cynique» du parlementaire, a indiqué mardi à l’AFP sa porte-parole Ioulia Mendel.

Selon elle, les autorités ont découvert que Mme Kolioutcha ne devrait en réalité payer qu’une dizaine d’euros de gaz par mois, car elle touche une importante subvention d’État, mais que celle-ci arrivait sur le compte bancaire de son compagnon, ce que la retraitée ignorait.