Nelson Mandela avait visité son ancienne cellule de Robben Island en février 1995 alors qu'il était président de l'Afrique du Sud.

«Une nuit dans la cellule de Mandela» aux enchères

JOHANNESBURG — La décision d’une fondation de mettre aux enchères une nuit dans la célèbre cellule de Nelson Mandela a suscité jeudi la vive colère du gardien des lieux, le musée de Robben Island, qui a fermement refusé toute «exploitation».

Le mouvement CEO Sleepout a justifié son initiative en expliquant que les fonds récoltés serviraient à financer un programme d’éducation des détenus.

Mis à prix à 250 000 $, le petit carré de béton froid où l’icône de la lutte antiapartheid a croupi pendant la majeure partie de ses vingt-sept ans d’incarcération, a déjà suscité des offres allant jusqu’à 300 000 $, selon la fondation.

Le musée de Robben Island a fait savoir jeudi que, quel que soit le prix payé par l’heureux gagnant, il était catégoriquement exclu de lui ouvrir la grille de la fameuse geôle.

«Nous condamnons fermement cette vente aux enchères». Nous sommes particulièrement attristés que l’héritage de Nelson Mandela soit ainsi exploité», a déclaré à l’AFP un porte-parole du musée, Morongoa Ramaboa.

«En tant que site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, nous n’aurions même jamais envisagé de mettre aux enchères la cellule de ‘’Madiba’’. La préservation de notre patrimoine historique n’est pas négociable», a-t-il ajouté.

CEO Sleepout, qui a pris cette initiative à l’occasion du 100e anniversaire du premier président noir de l’Afrique du Sud (1994-1999) le 18 juillet, avait retiré jeudi à la mi-journée l’annonce des enchères sur son site internet.

La fondation Nelson Mandela a indiqué à l’AFP être totalement étrangère à cette initiative.