Insolite

Trump provoque des rires aux Nations unies

NEW YORK - Le président américain Donald Trump a lancé une attaque en règle contre le multilatéralisme mardi, lors de son allocution devant l’Assemblée générale des Nations unies, mais il a suscité des hochements de tête incrédules et même des rires lorsqu’il s’est targué de la puissance économique et militaire des États-Unis.

M. Trump, qui s’est présenté en retard à son discours, a eu droit à un mélange d’applaudissements polis et de regards impassibles lorsqu’il s’est mis à vanter les caractéristiques de sa politique «America First».

S’exprimant en termes triomphants, le président a profité de son discours pour étaler tous les progrès apparemment réalisés par les États-Unis depuis son investiture. En moins de deux ans, s’est-il vanté, «mon administration en a fait plus que pratiquement n’importe quelle autre administration dans l’histoire de notre pays».

Plutôt que d’applaudir ou de se montrer épatés, les délégués ont commencé à rigoler à voix basse, mais certains n’ont pu s’empêcher d’éclater de rire. M. Trump a semblé brièvement décontenancé, avant de lancer à la blague que ce n’était pas la réaction à laquelle il s’attendait.

Ce moment cocasse et plutôt inusité dans l’enceinte solennelle des Nations unies a mis en évidence l’isolement du président américain aussi bien parmi ses alliés que face à ses adversaires.

«Patriotisme»

M. Trump a saisi l’occasion qui lui était offerte de réaffirmer l’indépendance des États-Unis face à l’ONU. Il n’a exprimé aucun regret concernant ses décisions, qu’il s’agisse de négocier avec la Corée du Nord, de retirer son pays de l’accord sur le nucléaire iranien ou de s’opposer aux programmes de l’ONU qui, selon lui, nuisent aux intérêts américains.

«Nous rejetons l’idéologie du mondialisme et nous embrassons la doctrine du patriotisme», a-t-il lancé.

Il a énuméré de multiples institutions multilatérales, de la Cour pénale internationale (CPI) au Conseil des droits de la l’homme des Nations unies, que son administration cherche à affaiblir.

«Du point de vue des États-Unis, la CPI n’a pas de juridiction, pas de légitimité et aucune autorité», a-t-il dit. Les États-Unis boycottent aussi le Conseil des droits de l’homme qui, d’après eux, ferme les yeux sur les exactions de certains pays et sert de véhicule à des actions contre les États-Unis et Israël.

La condamnation du mondialisme par M. Trump a suscité des murmures dans l’enceinte de l’organisation internationale qui est l’incarnation même de ce principe.

Insolite

Un citoyen de Beauport filme un ours dans sa cour

Un résident de la rue Sorbier à Beauport a reçu ces derniers jours la visite à la fois surprenante et quelque peu inquiétante d’un ours noir. L’animal semble particulièrement apprécier les fruits rouges et juteux tombés de son pommier.

Stéphane Bordedebat a aperçu l’ours la première fois lundi soir, près du module de jeux de son enfant de six ans. Depuis vendredi, il avait déjà remarqué sur son terrain des excréments ne ressemblant pas à ceux d’un chien. 

Insolite

Les fils d'un militaire américain réunis grâce à l’ADN

COLLEVILLE-SUR-MER — L’ADN leur a révélé qu’ils avaient le même père: à 72 et 64 ans, deux demi-frères, l’un Français, l’autre Américain, se sont retrouvés lundi à Omaha Beach, dans l’ouest de la France, où leur père, un soldat américain, a débarqué en juin 1944.

Il y a peu, ces deux hommes ignoraient leur existence mutuelle. Puis des tests ADN leur ont révélé qu’ils avaient le même père, Bill Henderson, un GI mobilisé en Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale.

André Gantois, 72 ans de Ludres, dans l’est de la France, et Allen Henderson, 64 ans, de Greenville, en Caroline du Sud, se sont retrouvés lundi à Colleville-sur-Mer où leur père, mort en 1997 et enterré à Los Angeles, a débarqué parmi les 132 700 Alliés mobilisés le Jour J. 

Venus avec des membres de leurs familles, ils ont assisté à la descente du drapeau américain, au son de l’hymne militaire, au milieu des quelque 9000 croix blanches surplombant les plages du Débarquement.

André Gantois a appris à l’âge de 15 ans, à la mort de sa mère Irène, son histoire d’amour avec un soldat américain rencontré dans l’armée américaine, où elle s’était enrôlée pour gagner sa vie.

André Gantois a 20 ans lorsqu’il s’adresse à l’ambassade des États-Unis à Paris pour tenter de retrouver son père, dont il ignore le nom. «On m’a répondu que ce que je demandais, c’était comme chercher une épingle dans une meule de foin», raconte-t-il.

Le miracle de l'ADN

Récemment, il se tourne vers un institut américain spécialisé en recherche d’ADN, «une recherche inespérée». En juillet, il effectue le prélèvement requis, et l’envoie aux États-Unis. Or, trois semaines plus tôt, cette entreprise a été chargée, par la famille Henderson, de mener une recherche généalogique basée sur l’ADN.

Les résultats tombent début août: «les tests se sont croisés et l’agence a déterminé que j’avais un frère aux États-Unis et que j’étais de famille américaine», raconte André Gantois encore «retourné» par son histoire, comme l’est également son demi-frère.

«Cela a changé notre vie pour toujours», dit Allen, la main posée sur l’épaule d’André.

C’était la première visite en France de l’Américain, qui avait apporté une médaille de son père.

Plus de 70 ans après, la question des enfants nés de Françaises et de soldats alliés reste méconnue, souligne Emmanuel Thiébot, historien au Mémorial de Caen.

Si on sait notamment que quelque 200 000 Français sont nés de soldats allemands, il n’existe, faute d’étude sérieuse à ce jour, aucun chiffre officiel sur les enfants nés de soldats alliés, souligne l’historien.

Insolite

L’incroyable succès du spam en Corée du Sud

JINCHEON — Popularisé à travers le monde par l’armée américaine pendant et après la Seconde Guerre mondiale, le spam, mixture à base de porc en boîte de conserve, n’a pas de quoi séduire les gastronomes. Mais en Corée du Sud, cette espèce de pâté rose est en tête des cadeaux offerts pour les fêtes.

Le festival Chuseok des récoltes, l’une des plus grandes célébrations de Corée du Sud et l’occasion de gigantesques réunions de famille, est imminent. Les conserves de spam bleues et jaunes, reposant sur un nid de paille dans des coffrets en bois, figurent dans tous les rayons, du grand magasin à l’échoppe de quartier.

Dans le haut de gamme, un coffret contenant six boîtes de spam et deux bouteilles d’huile d’olive d’Andalousie se vend plus de 90 000 wons (106 $CAN). Mais la version la plus populaire contient neuf conserves et coûte 30 000 wons (35 $CAN).

Lee Yoon-ho, un employé de bureau, en a acheté cinq pour offrir à ses proches. C’est le «cadeau le plus universel», selon lui. «C’est abordable et tout le monde aime ça. Tous les Sud-Coréens aiment le spam.»

Dans des pays occidentaux comme le Royaume-Uni, le pavé rose fait d’épaule de porc cuit et de jambon, mis initialement sur le marché en 1937 par le groupe américain Hormel Foods, a plutôt une image de plat du pauvre peu sophistiqué.

Mais en Corée du Sud, environ 213 milliards de wons de boîtes de spam ont été vendues en 2017, six fois plus qu’en 2008, date du premier recensement en la matière.

«C’est vu comme un produit de premier choix en Corée», explique Jaynee Dykes, directrice de la marque chez Hormel Foods.

D’après une porte-parole de Homeplus, géant des supermarchés, différentes catégories de paniers sont arrivées 2e, 3e et 4e des produits les plus vendus lors du festival Chuseok 2017.

Actualités

Compagnie torontoise cherche testeurs de cannabis ; salaire 50 $/h

OTTAWA - Recherche «amateurs» de cannabis pour tester de nouvelles souches, bon salaire: cette petite annonce d’une société de marketing de Toronto, au Canada, a provoqué plusieurs centaines de candidatures en quelques jours et un début de «panique» chez ses recruteurs.

À un mois de la légalisation du cannabis récréatif au Canada, l’offre d’emploi à temps partiel de la société AHLOT n’est pas passée inaperçue: elle propose à six «amateurs» d’être payés 50 dollars (33 euros) de l’heure, avec un maximum de 12 heures par mois, pour tester de nouvelles variétés de marijuana.

Le résultat ne s’est pas fait attendre: en quelques jours, ALHOT a reçu plus de 500 candidatures, ce qui a provoqué une «légère panique» au sein de la société, a-t-elle commenté sur Twitter.

Quelques conditions sont requises pour postuler: vivre au Canada, être majeur, et si possible avoir «un intérêt affirmé pour le cannabis ainsi que la capacité de distinguer les nuances parfois subtiles entre les différentes variétés» de cette drogue douce.

Les six futures recrues formeront un «comité de sélection» qui devra «évaluer ce que les producteurs canadiens ont de mieux à offrir». La société travaille pour un producteur agréé, Solace Health, dont elle est chargée de promouvoir et distribuer la production.

Les futurs testeurs devront également être actifs sur les réseaux sociaux et participer à des vidéos promotionnelles pour la société.

Le directeur général de la société, Greg Pantelic, a expliqué dans un communiqué qu’avec la légalisation prochaine du cannabis au Canada, le 17 octobre, «les Canadiens (allaient) être submergés par un tsunami» de variétés.

«Non seulement il sera difficile de faire la différence entre les centaines de nouvelles marques sur le marché, mais il sera aussi extrêmement compliqué pour les consommateurs de déterminer quelles souches leur correspondent», a-t-il ajouté.

Insolite

Mystère des fraises piégées en Australie: Woolworths ne vend plus d’aiguilles

SYDNEY - La chaîne de supermarchés Woolworths a retiré les aiguilles à coudre de ses rayonnages en Australie, en raison de la psychose générée sur l’île-continent par la découverte de tels objets dans des fraises et d’autres fruits.

La police affirme qu’on lui a signalé plus d’une centaine d’incidents impliquant des épingles ou des aiguilles dans des fruits dans tout le pays, après de premiers cas dans l’État du Queensland, dans le nord-est du pays. Un homme avait été hospitalisé la semaine dernière après avoir mangé un fruit «piégé».

La plupart des incidents signalés à la police ne sont vraisemblablement que des blagues postées sur les réseaux sociaux. Et deux mineurs ont déjà été interrogés par les policiers pour ce genre de farce.

La chaîne Woolworths a annoncé qu’elle avait pris «la mesure de précaution» de retirer temporairement les aiguilles de ses rayonnages, alors que la police n’a toujours pas identifié qui avait le premier planté des aiguilles dans des fraises.

«La sécurité de nos consommateurs est notre première priorité», a déclaré la chaîne de supermarchés, sans donner plus de précisions.

L’affaire a pris une ampleur nouvelle avec l’intervention du premier ministre Scott Morrison lui-même qui a appelé les Australiens à confectionner des gâteaux à la fraise pour aider les maraîchers en détresse.

«On ne rigole pas», a déclaré mercredi M. Morrison dans un discours télévisé.

«Ce n’est pas acceptable, ce n’est pas du tout acceptable dans ce pays», a-t-il ajouté, en qualifiant de «lâche» celui qui aurait planté les aiguilles.

Son gouvernement a obtenu jeudi que le Parlement durcisse la loi, en rendant le «piégeage» de fruits passible de 15 ans de prison.

Les hommes politiques de tout bord y vont de leurs efforts pour soutenir les producteurs devant les caméras, en se filmant en train de cueillir ou de manger des fraises.

Ainsi le leader de l’opposition travailliste Bill Shorten a-t-il enjoint ses compatriotes d’acheter «une barquette pour vous, une barquette pour la Nation».

M. Morrison, lui, a même partagé une recette de pavlova - dessert à base de meringue - de son épouse en la présentant comme «la meilleure pavlova que j’ai mangée».

Insolite

Blouson en ananas et baskets en bouteilles recyclées: la mode écoresponsable cartonne

VILLEPINTE - Les feuilles d’ananas servent désormais à fabriquer sacs et blousons. Le cuir est tanné avec un agent naturel issu des oliviers méditerranéens. Des bouteilles en plastique sont recyclées en semelles de baskets qui se vendent à un million d’exemplaires: marginale il y a quelques années, la mode écoresponsable cartonne, tirée par des jeunes créateurs et grandes marques de luxe.

«Cela a totalement changé ces dernières années. On avait il y a cinq ans une image très passéiste, un petit peu baba cool du vêtement» durable, analyse Marina Coutelan, cheffe de projet mode de Première vision, salon parisien de l’amont de la filière mode, qui se tient les 19-21 septembre à Villepinte, près de Paris, et qui offre cette année un espace consacré aux innovations écoresponsables.

Affaires

ALENA: les États-Unis jettent du lest

WASHINGTON - Les États-Unis ont renoncé à leurs demandes controversées d’inclure des clauses «Buy American» pour les lucratifs marchés publics dans le cadre de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), a appris La Presse canadienne.

Le Mexique et le Canada se félicitent chacun de leur fermeté face au plan des États-Unis, qui aurait limité la capacité de leur pays respectif à soumissionner pour de précieux projets d’infrastructure du gouvernement américain.

Plusieurs sources, qui se sont exprimées sous le couvert de l’anonymat, ont cité les revendications concurrentes des deux pays comme un exemple de l’animosité qui a surgi entre le Canada et le Mexique depuis que le gouvernement mexicain a conclu sa propre entente de principe sur l’ALENA avec l’administration Trump le mois dernier.

Le Canada et les États-Unis tentent de renégocier leur partie du pacte commercial entre les trois pays, mais les principaux points de blocage tels que les produits laitiers, le règlement des différends et la culture demeurent.

Le Canada a reconnu que le Mexique avait fait des concessions importantes dans son accord avec les États-Unis sur les automobiles et avait permis des augmentations salariales importantes pour les travailleurs de l’automobile mexicains.

Mais des sources affirment que le Mexique a pesé le plus lourd dans la balance pour amener les Américains à renoncer à leur souhait de limiter la capacité des entreprises canadiennes et mexicaines à soumissionner pour des projets d’infrastructure américains, tout en favorisant un meilleur accès des entreprises américaines aux marchés publics canadiens et mexicains.

Le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir mercredi à Ottawa que le Canada en voulait plus de ses partenaires de négociation avant de signer un nouvel ALENA.

Il a estimé que le gouvernement avait exprimé très clairement son intérêt pour ce qui pourrait être une bonne affaire pour le Canada, mais qu’un certain nombre de choses devraient bouger avant d’y arriver. Le premier ministre canadien a dit espérer voir cette progression.

Freeland de retour à Washington

De son côté, la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland était de nouveau à Washington mercredi pour poursuivre les discussions sur l’ALENA.

Mme Freeland est arrivée dans la capitale américaine mardi, alors qu’un des principaux alliés du président Donald Trump au sein du Congrès indiquait clairement que certains législateurs américains commencent à en avoir assez de ce qu’ils considèrent être l’intransigeance du Canada.

Le représentant Steve Scalise, un républicain de la Louisiane, a mis en garde contre une «frustration croissante» face à ce qu’il a appelé «les tactiques de négociations» du Canada.

Des observateurs précisent que le Congrès souhaite que le Canada fasse partie d’un accord commercial tripartite, mais pas nécessairement au prix de l’entente préliminaire conclue avec le Mexique. Cette entente doit être approuvée par le Congrès avant le 1er décembre, puisque le nouveau gouvernement mexicain qui prendra le pouvoir à cette date a exprimé certaines réserves à son égard.

Le Canada, pendant ce temps, résiste aux échéanciers que tente de lui imposer l’administration Trump pour en venir à une entente - tout d’abord la fin août, puis maintenant la fin septembre.

Tandis que le Canada préconisait une formulation de l’ALENA visant à renforcer la protection du travail et l’égalité entre les sexes, les négociations d’ensemble auraient bloqué en raison de l’insistance du Canada pour que l’accord prévoie un mécanisme indépendant de règlement des différends.

Justin Trudeau a également promis de protéger le système canadien de gestion de l’offre des produits laitiers et de la volaille contre les demandes américaines visant à accroître l’accès de ses agriculteurs au marché laitier canadien. Selon des sources proches des discussions, le Canada aurait offert des concessions limitées sur l’accès au marché, tout en protégeant le système lui-même.Il a estimé que le gouvernement avait exprimé très clairement son intérêt pour ce qui pourrait être une bonne affaire pour le Canada, mais qu’un certain nombre de choses devraient bouger avant d’y arriver.

Gardez votre calme...

Par ailleurs, des photos, publiées sur Twitter et prises à l’aéroport d’Ottawa mardi soir, montre la chef de la diplomatie arborant ce T-shirt alors qu’elle va prendre son avion pour Washington.

«C’est un cadeau de ses enfants! Elle le porte tout le temps», a confirmé son porte-parole Adam Austen, joint par l’AFP.

Le message, «Keep Calm and Negotiate NAFTA», est un énième détournement humoristique d’un slogan placardé sur des affiches par le gouvernement britannique en 1939, «Keep calm and carry on», («Gardez votre calme et continuez») pour préparer la population à d’éventuelles attaques aériennes allemandes au début de la Seconde guerre mondiale.

Les médias canadiens ont immédiatement vu dans ce T-shirt un message subliminal: le Canada n’est pas prêt à céder aux pressions de l’administration Trump.

Mercredi matin, peu avant la reprise des négociations avec le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer, prévues en fin de matinée, Mme Freeland arborait une tenue plus classique: robe noire et collier de perles.

La renégociation pour moderniser l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui lie depuis 1994 les économies américaine, canadienne et mexicaine, a été imposée en août 2017 par le président américain Donald Trump, qui considère ce traité comme «le pire» de l’histoire pour avoir détruit des emplois américains, notamment dans le secteur automobile.

Les discussions entre Ottawa et Washington achoppent notamment sur la protection du secteur laitier canadien et sur le dispositif de règlement des litiges commerciaux (dit chapitre 19), tous deux remis en question par l’administration Trump.

Insolite

Les chevaliers de la tripe, confrérie vouée au culte de l’estomac des ruminants

BAGNOLES-DE-L’ORNE — C’est une fraternité pas comme les autres qui se réunit un samedi matin de septembre dans la campagne normande pour une cérémonie initiatique, dans un décorum de temps anciens, à mi-chemin entre pièce de Shakespeare et rite druidique.

Mais la joyeuse troupe en robes colorées et chapeaux, arborant de larges médailles autour du cou et rassemblée autour d’une marmite vernie à Bagnoles-de-l’Orne en Normandie, est composée des doyens et doyennes d’une confrérie bien française, dédiée à la promotion des délices gastronomiques des tripes - les quatre parties de l’estomac des ruminants.

À l’occasion de cette assemblée annuelle de la Confrérie gastronomique de la Tripière fertoise, Arlette Allix et son époux Christian jurent de se faire les ambassadeurs de la tripe, et notamment d’une spécialité, la brochette de tripes de Ferté-Macé, la ville voisine.

Main droite sur le chaudron, ils promettent d’être à la hauteur de la tradition normande du «bien manger et bien boire».

Le «grand maître» les adoube alors d’un petit coup d’os sur l’épaule et leur remet leurs insignes rouge et vert ainsi que des médailles frappées d’une marmite et de tripes embrochées.

Sept émissaires d’autres confréries sont, eux, faits membres d’honneur de la vénérable fraternité de la tripe de Ferté-Macé, avant une parade à travers la ville et un repas de cinq plats dans un restaurant étoilé au Michelin dont, bien sûr, un plat de tripes fumantes.

Insolite

Kilo, ampère, kelvin... Petite révolution à venir dans les unités de mesure

PARIS — Un kilo, vraiment un kilo, au microgramme au près. Pour plus de fiabilité, des unités de mesure (kilo, ampère, kelvin, mole) vont être redéfinies, une nécessité dans un monde où les nouvelles technologies exigent de plus en plus de précision.

Un kilo, aujourd’hui, est défini comme étant égal à la masse du «grand K», un cylindre de platine et d’iridium conservé précieusement depuis 1889 au bureau international des poids et mesures (BIPM) à Sèvres, près de Paris.

Comme on ne peut pas étalonner toutes les balances du monde en région parisienne, des copies de cet étalon ont été fabriquées. Et c’est là que le bât blesse.

Car même si le prototype et les copies ont été fabriqués à la même époque et de la même façon, puis conservés dans les mêmes conditions, ils maigrissent ou grossissent très légèrement au fil des ans, indépendamment les uns des autres, sans que l’on sache vraiment pourquoi.

«Si on fait une moyenne de la masse des copies, on constate qu’elle a bougé de 35 microgrammes», expliquait François Nez, directeur de recherche au CNRS, à l’occasion d’une récente présentation à la presse de ces changements.

Cette variation est évidemment anecdotique pour le commun des mortels quand il s’agit de faire son marché. Mais peut devenir problématique: les sciences et l’industrie sont entrées dans l’ère de l’infiniment petit avec notamment le développement des technologies quantiques.

Atome par atome

Dans l’univers des matériaux, de l’électronique ou de la médecine, on cherche maintenant à manipuler la matière, atome par atome (un atome est 500.000 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu).

Après 10 ans de réflexion, les chercheurs ont donc décidé de remplacer le «grand K». A partir de mai 2019, le kilogramme ne devrait plus être défini à partir d’un objet matériel unique mais en fonction d’une constante fondamentale.

L’ampère (unité de courant électrique), la mole (unité de quantité de matière) et le kelvin (unité de température) seront eux aussi rattachés à des constantes fondamentales, ces valeurs déterminées en observant le monde telles que la vitesse de la lumière, la masse et la charge de l’électron... Des mesures rendues possibles grâce aux avancées de la science.

Le mètre avait déjà subi le même sort. Son étalon, également conservé à Sèvres, avait été détrôné au profit de la vitesse de la lumière, ou plus précisément de la distance qu’elle parcourt en une infime fraction de seconde.

«Les unités restent toujours les mêmes, on va toujours parler en kilogramme, en mètre, en seconde ... mais leurs définitions changent», résume François Nez.

Adoption en novembre

Cette petite révolution scientifique doit être actée lors de la 26e réunion de la Conférence générale des poids et mesures (CGPM) qui se tiendra du 13 au 16  novembre à Versailles.

Cette conférence, créée à la fin du XIXe siècle, se réunit tous les 4 à 6 ans pour débattre et éventuellement modifier le Système international (SI) uniformisant les unités à l’échelle mondiale.

Des représentants de la soixantaine d’États membres adopteront les nouvelles définitions pour une application en mai.

Le kilogramme sera formulé à partir de la constante de Planck (h), le seuil d’énergie minimum que l’on puisse mesurer sur une particule. Le kelvin, mesuré à partir de l’eau, sera redéfini à partir de la constante de Boltzmann (k), liée à la mesure de l’agitation thermique des constituants fondamentaux d’un corps.

L’ampère, enfin, sera relié à la charge élémentaire (e), la charge électrique d’un proton. La mole, l’unité de quantité de matière, utilisée essentiellement en chimie sera définie directement en fixant la constante d’Avogadro (NA).

«Il faut s’assurer que toutes les mesures que l’on fait, quel que soit le pays et quel que soit l’instant, soient cohérentes les unes avec les autres, c’est un enjeu sociétal, économique et commercial», rappelle Noël Dimarcq, directeur de recherches au CNRS.

Les enjeux de ces changements feront l’objet d’un colloque organisé au siège du CNRS les 18 et 19 octobre.