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«Antisismiques et résistantes aux bombes», le bonheur de vivre dans des grottes

HASAN ABDAL — «Bon marché», «antisismiques» et «résistantes aux bombes»: au moment où les logements manquent dans le pays, des milliers de Pakistanais se disent ravis de vivre dans des grottes.

À 60 km de la capitale Islamabad, les trois quarts des 4.000 habitants du village de Hasan Abdal sont troglodytes, explique un conseiller municipal local, Haji Abdul Rasheed, qui se compte parmi ces derniers.

Sa maison se compose de 4-5 pièces au plafond voûté et poli, creusées à même un escarpement de terre durcie. L’intérieur blanchi à la chaux est sommairement meublé.

Son voisin vit également dans un buray, le nom local de ces grottes. Il a embelli sa façade d’un joli mur de briques et d’un jardin où poussent des rosiers et des arbres fruitiers.

Les grottes ont généralement été creusées manuellement au pic dans le sol dense - mais non sableux - typique de la géologie de cette partie du pays, où les petites collines sont nombreuses.

Pauvres en lumière naturelle, elles sont fréquemment équipées de l’électricité, amenée par câble de l’extérieur et, plus rarement, d’installations sanitaires.

Leur popularité tient à leur prix, inférieur à celui d’une maison traditionnelle en brique, et à leurs avantages thermiques: elles sont fraîches durant les bouillants étés pakistanais et tempérées en hiver.

«Il n’y a rien de comparable. Si vous construisez une maison en pisé, elle s’effondre pendant les pluies. Ceci ne s’effondre pas, c’est antisismique, résistant aux bombes», se félicite M. Rasheed.

Deux qualités importantes au Pakistan, un pays qui sort d’une période sanglante marquée par de nombreux attentats et où la terre tremble régulièrement.

«Nous avons acheté cet endroit, car c’est moins cher. Comme vous voyez, nous l’avons fait et creusé nous-mêmes. Une grotte coûte près de 40.000-45.000 roupies (autour de 280 EUR)», renchérit son voisin Ameer Ullah Khan.

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Asticots et vin de souriceaux: en Suède, un «Musée de la nourriture dégoûtante» [PHOTOS]

MALMÖ — Cochon d’Inde rôti, fromage grouillant d’asticots, foie gras ou vin de souriceaux: à Malmö en Suède, un «Musée de la nourriture dégoûtante» présente des recettes déconcertantes pour certains visiteurs peu habitués à de telles préparations.

Il s’agit en fait d’une exposition imaginée par le créateur du musée des échecs, Samuel West, et proposée pour trois mois dans les anciens abattoirs de Malmö (sud), jusqu’au 27 janvier. Et elle promet de piquantes sensations.

L’idée est de «permettre aux gens d’explorer le monde de la nourriture» et de se rendre compte des «biais» culturels, explique tout de go le directeur, Andreas Ahrens. «Le dégoût, c’est toujours subjectif. Il dépend de ce avec quoi on a grandi. C’est comme si l’on avait été endoctriné.»

L’exposition présente époisses, homard, escargots et bonbons gélatineux, plus courants en Europe que les têtes de lapin ou le jus à l’oeil de mouton, également exposés avec d’autres recettes qui, pour le public de Malmö, semblent parfois tout droit sorties d’un grimoire de sorcière.

L’explorateur gastronome est prévenu dès l’entrée: son estomac pourra être retourné lors de ce tour du monde express de spécialités plus ou moins incongrues, relevant autant de la tradition que de l’ultra-malbouffe.

Le billet d’entrée (18 euros pour le plein tarif) n’est autre qu’un sac à vomi, afin de parer à toute éventualité en cas de haut-le-coeur du visiteur lors de ce parcours culinaire décapant, qui prend entre une demi-heure et deux heures - selon les goûts.

«Je crois que c’est de loin l’un des musées les plus intéressants que j’ai visités», se réjouit Charlie Lam, une étudiante hongkongaise de 23 ans.

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Climat: record Guinness de la plus grande carte postale sur un glacier suisse

JUNGFRAUJOCH — La plus grande carte postale de tous les temps, selon le livre Guinness, composée de 125 000 messages et dessins d'enfants et d'adolescents du monde entier, a été déployée vendredi sur un glacier suisse pour attirer l'attention sur le changement climatique.

L'opération a été organisée par la Direction du développement et de la coopération suisse et la Fondation WAVE (World Advanced Vehicle Expedition) sur le glacier Aletsch (sud), à plus de 3400 mètres d'altitude, en prévision de la COP24 sur le climat qui se tiendra en décembre en Pologne.

Des plaques composées chacune de 64 cartes plastifiées ont été déployées côte à côte sur un carré d'environ 2500 m2 sur lequel on peut lire ces deux messages en anglais : «STOP GLOBAL WARMING # 1.5 °C» (Stop au réchauffement climatique # 1,5°C) et «WE ARE THE FUTURE GIVE US A CHANCE» (Nous sommes l'avenir, donnez-nous une chance).

Le récent rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) montre qu'il est encore possible, à certaines conditions, de limiter le réchauffement planétaire à +1,5°C. Ce seuil permettrait de contenir les effets négatifs à un niveau acceptable.

Selon les organisateurs, des établissements scolaires de 35 pays ont participé à cette campagne.

Ils ont annoncé qu'une carte postale de la mosaïque géante va être envoyée aux participants de la COP24 depuis le bureau de poste le plus haut d'Europe, situé au col de Jungfraujoch, qui surplombe le glacier Aletsch.

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De l’urine pour fabriquer des «bio-briques»

LE CAP - Un jour, au lieu de partir bêtement dans les toilettes, votre urine pourra vous aider à construire votre maison: ce sera bien plus écologique et, rassurez-vous, ça ne sentira pas mauvais.

Des briques fabriquées à partir d’urine humaine, voilà la dernière trouvaille de chercheurs sud-africains de l’Université du Cap travaillant sur des matériaux de construction durables et moins nuisibles pour l’environnement.

Ces «bio-briques», une innovation mondiale, pourraient utilement remplacer les habituelles briques en terre cuite ou béton, espèrent-ils.

En utilisant une technique inspirée de la formation naturelle des coquillages, ces chercheurs - deux étudiants et un professeur - ont réussi à «faire pousser» des prototypes de ces briques d’un nouveau genre. Cela a pris six à huit jours.

Une étude de faisabilité avait été lancée l’an dernier, grâce à une bourse du Conseil de recherches sur l’eau, un organisme gouvernemental sud-africain, en utilisant au départ de l’urine synthétique, puis de l’urine humaine.

Une première

«J’ai toujours été curieux de savoir pourquoi nous n’utilisions pas l’urine comme cela», explique à l’AFP Dyllon Randall, le professeur qui a supervisé l’un des deux étudiants.

«La réponse est simplement: oui, c’est possible», ajoute-t-il. «En fait, nous avons fabriqué la première bio-brique à partir d’urine véritable.»

«Ce processus est étonnant parce qu’en gros nous avons juste fait pousser des briques à température ambiante», s’amuse-t-il.

Les chercheurs ont pu produire cette «bio-brique» au bout d’un an, en laboratoire. Mélangeant de l’urine, du sable et des bactéries, ils se sont servis d’un processus naturel - la précipitation microbienne de carbonate - pour fabriquer leur brique.

La recherche en est encore à ses balbutiements. Pour parvenir à fabriquer une brique, il faut actuellement jusqu’à 30 litres d’urine. La matière première est récupérée grâce à un urinoir spécial réservé aux étudiants masculins de l’université.

Les trois premières briques ainsi réalisées à ce jour sont exposées. Des blocs gris d’apparence et de poids semblables à des briques habituelles. Le matériau ressemble en tous points à du calcaire.

Suzanne Lambert, étudiante en génie civil membre de l’équipe de recherche, admire la manière dont ont été copiés des «processus naturels».

«Ce procédé imite la façon dont le corail se forme et les processus naturels de production de ciment», observe-t-elle.

Pas de CO2

Les briques habituelles sont fabriquées dans des fours où elles sont cuites à 1.400 degrés Celsius, un procédé qui provoque d’importantes émissions de dioxyde de carbone.

Les «bio-briques», elles, sont «cultivées» dans du sable où sont semées des bactéries pour produire une enzyme appelée uréase.

Celle-ci réagit avec l’urée présente dans l’urine pour produire un composé semblable à du ciment qui s’associe avec le sable. Le produit ainsi obtenu peut être moulé et sèche à température ambiante, sans four ni émissions de gaz à effet de serre.

«Nous utilisons l’urine, habituellement considérée comme un déchet, au sein d’un processus entièrement durable», souligne M. Randall.

Et pour ceux qui s’inquiéteraient d’avoir des murs qui sentent mauvais, l’odeur ammoniaquée qu’engendre l’urine humaine se dissipe en quelques jours de séchage des briques.

La résistance du matériau peut être ajustée aux besoins spécifiques d’une construction, souligne Vukheta Mukhari, l’autre étudiant qui a participé à la recherche. Les «bio-briques» produites jusqu’à présent se révèlent «aussi solides que des briques couramment sur le marché».

Des «bio-briques» sont déjà fabriquées aux États-Unis, mais à partir d’urine de synthèse. Celles produites en Afrique du Sud sont les premières à utiliser de l’urine humaine.

Le prix de ce matériau innovant se révélera déterminant pour savoir s’il pourra concurrencer les briques classiques.

Mais aujourd’hui, il est trop tôt pour en avoir une idée. «Nous sommes très loin d’une véritable commercialisation», avertit M. Randall, en estimant que le procédé de fabrication peut être amélioré.

«Actuellement nous avons besoin de 20 à 30 litres pour créer une brique de taille standard. Cela paraît effectivement beaucoup, mais l’urine est constituée d’eau à environ 90%», rappelle-t-il.

«Nous cherchons comment réduire le volume d’urine nécessaire pour faire une brique et je suis sûr que d’ici quelques années nous aurons de bien meilleurs résultats.»

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Des policiers découvrent un lionceau dans une Lamborghini à Paris

PARIS - Des policiers français qui avaient intercepté une Lamborghini pour une infraction au code de la route ont eu toute une surprise en découvrant un lionceau sur la banquette arrière.

Des militants pour les droits des animaux soulignent que les petits félins sont de plus en plus fréquemment achetés ou loués par des gens intéressés à prendre des égoportraits spectaculaires.

Le lionceau est âgé de moins de deux mois, et il serait probablement mort si les policiers ne l’avaient pas secouru en interpellant la luxueuse voiture sur les Champs-Élysées lundi.

La directrice de la Fondation 30 millions d’amis, qui s’occupe maintenant du lionceau, a expliqué à l’Associated Press mercredi qu’on pouvait acheter un bébé lion dans un cirque pour seulement 300 euros (450 $ CAN).

Selon Reha Hutin, cette «mode» semble être arrivée en France en provenance des pays du Golfe, où des nantis se prennent en photo en compagnie d’un petit félin dans des voitures de luxe avant d’abandonner l’animal lorsqu’il devient trop gros. Elle affirme que trois lionceaux ont été sauvés depuis un mois en France, et six depuis le début de l’année.

Un vétérinaire qui a examiné le lionceau l’a trouvé affaibli. Il avait aussi une blessure à une patte et avait perdu le bout de sa queue. Il a été placé en quarantaine dans un refuge animalier à l’est de Paris et sera éventuellement présenté aux deux lionceaux secourus en octobre.

La Fondation 30 millions d’amis a intenté une poursuite contre le conducteur de la voiture, qui a été arrêté.

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Arbitre de soccer suspendu après avoir improvisé un «roche, papier, ciseau»

LONDRES — Comment tirer à «pile ou face» sans pièce de monnaie? L’arbitre David McNamara, confronté à cet «oubli» au moment du tirage au sort d’un match de championnat d’Angleterre dames de football, a innové en proposant un «roche, papier, ciseau» aux capitaines, ce qui n’a pas plu à la Fédération, qui l’a suspendu trois semaines.

Le 26 octobre, M. McNamara est aux commandes de Manchester City-Reading, une rencontre de première division féminine.

Pas de chance, l’arbitre a laissé sa pièce de monnaie au vestiaire. Mais au lieu de retourner la chercher, ou trouver une alternative, M. McNamara convoque les deux capitaines pour effectuer le tirage au sort à temps, et leur demande de se départager à «roche, papier, ciseau», devant deux assistants mi-gênés, mi-hilares, et surtout sous l’oeil des caméras.

Les deux capitaines, parfaitement sérieuses, jouent le jeu, et la «roche» de Steph Houghton (City) l’emporte sur le «ciseau» de Kirsty Pearce (Reading).

La scène en reste là, et les joueuses débutent le match. Seules quelques vidéos tournent sur les réseaux sociaux.

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T-shirt et explosion nucléaire: les gérants des rois de la K-pop BTS s’excusent

SÉOUL - Les gérants de BTS, boys band adulé de Corée du Sud, se sont répandus en excuses après une controverse née sur le lucratif marché japonais à cause d’un T-shirt porté par l’un des chanteurs et montrant une explosion nucléaire.

Dans un communiqué en 1.000 mots publié en coréen, en anglais et en japonais, Big Hit Entertainment a présenté à plusieurs reprises «ses excuses les plus sincères».

Les gérants ont tenté de protéger les sept garçons idolâtrés par une armée d’admirateurs dans le monde entier en assumant toutes les responsabilités de l’affaire, ajoutant: «Big Hit ne tolère aucune activité de guerre ou l’utilisation d’armes atomiques».

En réponse à d’autres accusations selon lesquelles BTS s’est servi de symboles nazis, la société s’est dite opposée aux organisations «tendant à l’extrémisme politique et aux croyances totalitaires, y compris le nazisme».

Physique avenant, tenues soignées et chorégraphies méticuleusement orchestrées, les vedettes de BTS sont l’une des exportations musicales les plus lucratives de Corée du Sud.

Ils ont vendu 380.000 billets pour leur tournée japonaise en cours. Leurs singles s’arrachent à des centaines de milliers d’exemplaires.

Ce qui n’empêche que les Coréens conservent des souvenirs plus qu’amers de l’occupation brutale par le Japon de la péninsule entre 1910 et 1945, date de la capitulation japonaise précipitée par les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

Les contentieux historiques continuent de peser lourd sur les relations entre les voisins, deux démocraties alliées des États-Unis aux liens économiques et culturels forts.

La semaine dernière, la chaîne de télévision japonaise Asahi avait annulé une représentation de BTS après la publication d’une photo d’un de ses membres, Jimim, portant le T-shirt en question.

On y voyait deux photos, le champignon d’une explosion nucléaire ainsi que des Coréens célébrant la libération, avec en lettres majuscules un message répété à de multiples reprises: «PATRIOTISM OUR HISTORY LIBERATION KOREA».

Tandis que la querelle s’envenimait, des images d’un concert datant de 2017 ont émergé, montrant les garçons de BTS en uniforme et agitant des drapeaux qui, selon leurs critiques, rappelaient les symboles nazis. Des photos de 2014 sont également apparues, montrant le leader RM coiffé d’une casquette avec une tête de mort SS.

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Insolite

L’armée devra acheter la production de noix de cajou en Tanzanie

NAIROBI - Le président tanzanien John Magufuli a ordonné à l’armée d’acheter toute la production nationale de noix de cajou de la saison en cours, après que les négociants privés eurent refusé de rémunérer les agriculteurs au prix fixé par le gouvernement.

Le président Magufuli a ordonné à l’armée d’acheter la production à un prix de 3.300 shillings tanzaniens (1,91 $CAN) le kilo, bien supérieur à celui qu’étaient prêts à payer les négociants, accusés d’offrir un prix insuffisamment rémunérateur aux producteurs, selon un communiqué publié lundi.

En octobre, il avait décrété un doublement du prix, alors fixé à 1.500 shillings le kilo et qui, selon les agriculteurs, ne couvrait même pas les coûts de production.

Mais les négociants ont refusé de s’ajuster sur ce prix, ce qui a motivé la décision du chef de l’État, lequel a dénoncé «les tergiversations des opérateurs privés qui, par ailleurs, offrent des prix très bas».

La noix de cajou est une des principales cultures d’exportation de la Tanzanie.

M. Magufuli a demandé à la Banque tanzanienne de développement de l’Agriculture (Tanzania Agricultural Development Bank) de «débloquer les fonds nécessaires pour l’achat de ces noix de cajou et à l’armée de déployer ses éléments pour acheter toute cette production», ajoute le communiqué.

Samedi, M. Magufuli avait renvoyé le ministre de l’Agriculture, Charles Tizeba, et celui du Commerce, Charles Mwijage, accusés d’avoir «manqué à leurs obligations» dans la gestion de cette filière.

Le chef de l’État tanzanien a également décidé que l’exploitation de l’usine de transformation des noix de cajou, où elles sont décortiquées, propriété de l’État tanzanien, serait confiée à l’armée.

Le gouvernement tanzanien table sur une production nationale de 210.000 à 220.000 tonnes pour l’année 2018.

«Nous allons acheter toute la production, nous chercherons ensuite des acheteurs et nous consommerons ce qui ne pourra pas être vendu», a assuré M. Magufuli dans le communiqué.

Sa décision a été critiquée par des hommes d’affaires et l’opposition, qui l’accusent d’aller à l’encontre de la politique officielle du gouvernement de libéralisation du commerce.

Depuis son élection en octobre 2015, M. Magufuli est souvent entré en conflit avec des entreprises du secteur privé, qu’il accuse régulièrement de léser les Tanzaniens.

Insolite

Pourchassés par des lions, 400 buffles se noient au Botswana

GABORONE - Plus de 400 buffles sont morts noyés dans la rivière Chobe, dans le nord du Botswana sur la frontière avec la Namibie, après avoir été pourchassés par une horde de lions, a indiqué le ministère botswanais de l’Environnement.

Selon les autorités des deux pays, «un troupeau exceptionnellement grand de buffles paissait en Namibie quand, pris de panique, les animaux se sont précipités dans la rivière Chobe», a indiqué un communiqué du ministère publié mercredi soir.

«Les premières indications montrent qu’ils étaient pourchassés par une horde de lions», ajoute le ministère, selon lequel «plus de 400 buffles se sont noyés dans la bousculade et après être tombés des rives abruptes de la rivière».

L’incident, selon les médias botswanais, s’est déroulé mardi soir.

Les noyades de masse de ce genre sont assez fréquentes, ajoute le ministère botswanais de l’Environnement, des Ressources naturelles et du Tourisme.

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Monde

Avortement, pot, lévriers: les autres scrutins...

WASHINGTON — En marge des élections de mi-mandat, les Américains votaient aussi mardi sur une pléiade d’initiatives locales comme la légalisation de l’usage récréatif du cannabis, la limitation du droit à l’avortement ou l’interdiction des courses de lévriers.

Cannabis 

Le Michigan est devenu le 10e État américain à légaliser l’usage récréatif du cannabis. Une taxe de 10 % est imposée sur les ventes de marijuana, pour financer les autorités locales et les investissements dans l’éducation et les transports.

La consommation du cannabis pour raison médicale a été légalisée dans le Missouri - qui a instauré une taxe de 4 % sur les ventes pour financer l’aide médicale aux vétérans - et dans l’Utah.

Avortement 

Les électeurs de l’Alabama ont approuvé un amendement à la Constitution de cet État du sud qui donne les mêmes droits à un foetus qu’à une personne née. Le texte précise que l’État «ne protège pas le droit à pratiquer l’avortement ou l’obligation de financer l’avortement». L’Alabama ne fait pas d’exception en cas d’inceste, de viol ou de danger pour la mère.

La Virginie occidentale a également approuvé une mesure interdisant le financement public de l’avortement, qui n’est plus protégé par la Constitution.

Pour les défenseurs du droit des femmes, ces décisions pourraient mener à l’interdiction de l’avortement si la Cour suprême, où les juges conservateurs sont en majorité, revenait sur l’arrêt historique Roe v. Wade qui a légalisé l’avortement aux États-Unis en 1973.

Justice 

La Louisiane a mis un terme à une mesure raciste qui permettait à un jury de prononcer un verdict de culpabilité à la majorité (10 sur 12) plutôt qu’à l’unanimité dans des procès criminels. La loi était inscrite depuis 1898 dans la Constitution de l’État et avait pour objectif de «perpétuer la suprématie de la race anglo-saxonne en Louisiane». L’Oregon autorise également les décisions à la majorité du jury, sauf pour les procès pour meurtre.

En Floride, les condamnés ayant purgé leur peine ou étant en liberté conditionnelle après une condamnation - sauf pour viol et meurtre - retrouveront automatiquement leur droit de vote. Environ 1,5 million de personnes sont concernées par la mesure dans cet État qui a fait basculer plusieurs élections présidentielles.

Dans le Colorado, les électeurs ont approuvé un amendement supprimant une disposition qui permettait de punir des crimes par «l’esclavage» ou «la servitude involontaire».

Environnement 

Le Nevada a approuvé une mesure obligeant les producteurs publics d’électricité à augmenter leur part d’énergies renouvelables de 20 % actuellement à 50 % d’ici 2030. Le projet de loi doit être définitivement adopté lors d’un vote en 2020.

La Floride a interdit les forages en haute mer dans les eaux appartenant à l’État et l’usage des cigarettes électroniques sur les lieux de travail.

La Californie s’est prononcée pour l’abandon du changement d’heure en vigueur depuis 1974, le premier pas d’un long processus législatif qui n’aboutira peut-être jamais.

Animaux 

En Floride, les électeurs se sont prononcés pour l’interdiction d’ici 2020 des courses de lévriers dans l’État, des compétitions jugées cruelles pour les défenseurs des animaux. La Floride compte 12 des 18 cynodromes des États-Unis, alors que 40 États américains interdisent les paris sur de telles courses.

La Californie a approuvé une initiative assurant aux volailles pondeuses ainsi qu’aux veaux et porcs destinés à la boucherie une surface au sol minimum afin de leur garantir une liberté de mouvement et des conditions de vie satisfaisantes. La loi doit entrer en vigueur à partir de 2020.

En revanche, l’Alaska a refusé l’interdiction des projets menaçant l’habitat des poissons venant se reproduire dans ses eaux (saumons, truites arc-en-ciel...) et le durcissement des règles en vigueur pour l’implantation de projets industriels.

Salaire minimum 

Le Missouri a approuvé une hausse du salaire horaire minimum, actuellement de 7,83 dollars, à 12 dollars en 2023. En Arkansas, il passera de 8,50 dollars de l’heure à 11 dollars d’ici 202l.

Dix Commandements 

L’Alabama a autorisé l’affichage des 10 Commandements dans les écoles et dans d’autres bâtiments publics.