Insolite

Un sans-abri vole une fortune à l’aéroport Charles-de-Gaulle

PARIS - Un sans-abri est reparti de l’aéroport Charles-de-Gaulle, à Paris, avec 300 000 euros (455 000 $ CAN).

Deux policiers ont révélé sous le couvert de l’anonymat que des images captées jeudi par des caméras de surveillance montrent l’homme en train de fouiller dans des poubelles. Il s’appuie ensuite sur une porte voisine, qui s’ouvre sous son poids.

Un représentant des policiers de l’aéroport, Jean-Yann William, a expliqué à la télévision française que l’homme, surpris, entre alors dans la pièce du convoyeur de fonds Loomis, où il découvre une fortune.

Les images montrent ensuite le sans-abri qui quitte les lieux avec deux gros sacs.

Les policiers ont rapidement reconnu l’individu, un sans-abri qui habite autour de l’aéroport. Il est activement recherché.

Insolite

Des robots pour accueillir les visiteurs aux JO de 2020

TOKYO - Pour porter les bagages, indiquer une direction ou traduire du japonais, des robots pourraient être disséminés en nombre à l’aéroport de Tokyo au cours des Jeux olympiques de 2020, a annoncé mardi un responsable, dévoilant sept nouveaux appareils.

Véritable mascotte des sept robots exposés, un petit chat, au poil soyeux, fait l’interprète pour le voyageur dans quatre langues.

Le fonctionnement est simple: le visiteur parle dans un microphone et le chat robot traduit immédiatement sur son écran intégré.

«Avez-vous besoin d’aide?»: des voyageurs pourraient être accueillis avec cette question par un petit humanoïde, qui répond au nom de Cannelle.

D’un blanc éclatant, ce robot communique avec les visiteurs grâce à son système d’intelligence artificielle et leur indique les directions à suivre.

Un autre robot pourra porter les bagages des visiteurs dans l’aéroport.

Insolite

Des chiens donneurs de sang sollicités

EDMONTON — Parker n’a pas encore célébré son cinquième anniversaire, mais il donne du sang depuis trois ans déjà.

Hans Granholm, d’Edmonton, rapporte qu’il en est à son douzième don.

Ce que l’altruisme de Parker a de particulier, c’est qu’il est un schnauzer géant croisé. Le chien enjoué ne semble voir aucun inconvénient à ses séances de collecte de sang.

Hans Granholm, son propriétaire, le présente comme un véritable «clown».

«C’est le seul chien que j’aie rencontré qui sourit réellement, dit-il. Quand on entre, il fait son tour et sourit à toutes les filles et à tous les techniciens.»

Parker, qui a quatre ans et demi, compte parmi les donneurs réguliers à la clinique NAIT d’Edmonton, qui tente actuellement de recruter plus de chiens comme lui.

«Notre bassin de donneurs s’est considérablement appauvri», se désole Beth Knight, directrice de laboratoire à la Banque canadienne de sang pour animaux, à Winnipeg.

Tout don de sang effectué par un chien dans une clinique canadienne est acheminé à la Banque pour des soins vétérinaires. Les transfusions sont destinées aux chiens en convalescence après une chirurgie ou à ceux qui se remettent de maladies comme le cancer.

Les chats et les autres animaux peuvent également donner du sang, mais il s’agit d’une procédure plus complexe qui n’est pas réalisée dans le cadre de ce programme.

Les donneurs canins doivent remplir plusieurs exigences, et les cliniques sont plus particulièrement à la recherche de chiens «de nature douce».

Beth Knight affirme que les cliniques ne posent pas trop de questions personnelles, mais elles s’assurent que les donneurs n’ont pas tendance à mordre.

Les chiens doivent fournir un petit échantillon de sang pour vérifier s’ils sont eux-mêmes aux prises avec des problèmes de santé, précise Mme Knight.

«Une fois que le donneur a franchi ces petits obstacles, nous lui donnons un gros câlin et lui demandons de s’étendre sur la table», explique-t-elle.

Un total de 450 millilitres de sang — le même volume que celui demandé des humains — est prélevé avec une seringue à partir de la veine jugulaire, après que la zone eut été rasée et préparée.

«Ça prend deux à trois minutes», dit Beth Knight.

Chaque pitou est différent.

«Nous avons à la fois le yin et le yang en matière de donneurs, soutient-elle. Certains adorent venir, certains sont contents de partir. D’autres pensent qu’ils vont se faire couper les griffes, alors ils paniquent jusqu’à ce qu’ils aient la grosse aiguille dans leur jugulaire et alors ils relaxent totalement. Ils se disent: “Oh, c’est ça qu’on est venu faire.”»

Elle expose que le meilleur ami de l’homme récupère généralement plus vite que lui après un don de sang.

Sept groupes sanguins

On dénombre sept principaux groupes sanguins parmi les chiens. Les lévriers, les bergers allemands, les pitbulls et les braques de Weimar ont de meilleures chances d’être des donneurs universels.

Chaque don peut aider jusqu’à trois autres chiens.

Les donneurs canidés doivent avoir entre un et huit ans, peser au moins 25 kilogrammes et être à jour dans leur vaccination.

S’ils en ont un jour besoin, ils peuvent recevoir gratuitement des produits sanguins. Après leur deuxième don, ils ont aussi droit à un bandana, à une médaille et à une puce électronique.

M. Granholm, qui fait effectuer des dons de sang à ses chiens depuis 2004, exhorte les autres propriétaires à faire de même avec leurs compagnons canins.

«C’est la même chose qu’un humain qui donne du sang, croit-il. C’est rendre service aux autres.»

«Ah oui, et il a droit à une gâterie après.»

Insolite

Anticonstitutionnellement détrôné comme mot le plus long de la langue française

C’est officiel. Sonnez hautbois, résonnez musettes! Le mot «anticonstitutionnellement» n’est plus le mot le plus long de la langue française.

Avec ses 27 lettres bien comptées, le mot «intergouvernementalisations» l’a détrôné le mois dernier. Sachez que le nouveau chouchou de l’Académie française signifie : «mise en œuvre commune à plusieurs gouvernements». Difficile à glisser dans une conversation. Mais très payant pour les amateurs de Scrabble.

Quant à savoir combien de temps durera «l’intergouvernementalisations»,  les paris sont ouverts. Déjà, le quotidien La Libre Belgique propose «l’hippopotomonstrosesquipédaliophobie», une monstruosité de 35 lettres qui signifie… «la peur des mots trop longs».

En matière d’histoires d’horreur linguistiques, la langue allemande dispose pourtant d’une longueur d’avance. N’écoutant que leur courage, les Allemands ont adopté en 2013 un mot de… 63 lettres : rindfleischetikettierungsüberwachungsaufgabenübertragungsgesetz. Un véritable cauchemar pour les écoliers, qui signifie approximativement «loi transférant les procédures de surveillance dans l’étiquetage du bœuf». Bref, les végétariens ne connaissent pas leur chance...  

Insolite

L’art du pizzaïolo napolitain au patrimoine de l’Humanité

SÉOUL - L’art du pizzaïolo napolitain faisant valser la pâte dans les airs a fait une entrée enviée jeudi au patrimoine immatériel de l’Humanité de l’UNESCO aux côtés d’autres trésors culturels comme la décoration murale traditionnelle saoudienne exécutée par les femmes.

Cette pratique culinaire qui se transmet de génération en génération dans le sud de l’Italie a été reconnue par le comité ad hoc de l’UNESCO. Celui-ci était réuni sur l’île sud-coréenne de Jeju pour examiner 34 demandes d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel de l’Humanité.

Cette inscription est symbolique, mais confère une certaine visibilité et les efforts des thuriféraires de l’art de la pizza napolitaine ont payé.

Deux millions de personnes avaient signé une «pétition mondiale» pour en soutenir l’inscription, selon Sergio Miccù, président de l’association des pizzaioli napolitains.

Sans doute avaient-elles été encouragées par la générosité de l’intéressé. «Nous allons distribuer de la pizza gratuite dans les rues», avait dit Sergio Miccù auparavant à l’AFP.

Au-delà d’une habilité gestuelle spectaculaire, il s’agit d’un «savoir-faire culinaire» qui associe «chansons, sourires, technique, spectacle» et remonte au XVIe siècle, soulignait le dossier de candidature italien.

Quand les premières pizzas sont apparues à Naples, il s’agissait de pains plats conçus avant tout comme une manière rapide et bon marché de nourrir les foules, selon l’historien Antonio Mattozzi. La tradition s’est développée et les premières pizzerias sont apparues à la fin du XVIIIe siècle. Mais il a fallu encore près d’un siècle pour qu’elles essaiment hors de Naples.

«Victoire!», a réagi sur Twitter Maurizio Martina, le ministre italien de l’Agriculture. «Un nouveau pas pour la protection de l’héritage gastronomique et viticole de l’Italie».

«Produit le plus consommé»

Alfonso Pecoraro Scano, ancien ministre de l’Agriculture présent à Jeju à l’initiative de la pétition, a ajouté sur le réseau social: «Longue vie à l’art du pizzaïolo napolitain, symbole du produit le plus vendu et consommé sur la planète, la pizza».

La liste créée en 2003 comptait déjà 365 entrées rassemblant traditions, diverses formes d’art ou des célébrations, comme le flamenco espagnol ou le batik indonésien, ou des traditions plus obscures comme le rituel de Mongolie pour amadouer les chamelles ou le festival de lutte à l’huile de Kirkpinar, en Turquie.

Elle s’agrémente désormais de l’Al-Qatt Al-Asiri, forme d’art spontané traditionnelle de la région pratiquée dans la région saoudienne de l’Asir par les femmes qui décorent les murs.

Le Bangladesh et son shital pati, fabrication traditionnelle de nattes tissées avec des bandes de jonc, est aussi reconnu.

Idem pour le kok-boru, jeu équestre traditionnel du Kirghizistan, dans lequel deux équipes de cavaliers tentent de déposer une carcasse de chèvre dans le but de l’adversaire. Aujourd’hui, la carcasse est plutôt remplacée par un moulage, selon l’UNESCO.

Des traditions culturelles immatérielles menacées de disparition ont elles été inscrites sur une liste de sauvegarde d’urgence, qui permet aux États «de mobiliser la coopération et l’assistance internationales nécessaires» pour les protéger.

Le langage sifflé de Turquie, un mode de communication malmené par les évolutions technologiques et socio-économiques, en fait ainsi partie de même que le Taskiwin marocain, danse martiale du Haut-Atlas occidental qui consiste pour ses pratiquants à faire vibrer leurs épaules au rythme des tambourins et des flûtes.

Selon l’UNESCO, cette pratique est menacée en particulier par la mondialisation et le dénigrement croissant par la jeunesse des pratiques patrimoniales traditionnelles.

Insolite

En Autriche, les Pères fouettards chassent en meute

SCHWADORF - Au coeur de l’hiver, ce ne sont ni un, ni deux Pères fouettards qui hantent les rues d’Autriche la nuit, mais de véritables hordes: malgré des dérapages parfois violents, la mode des défilés de monstres prend une ampleur inédite au pays de Sissi.

Ils sont littéralement terrifiants avec leurs yeux injectés de sang, leurs cornes interminables, leurs pelages démoniaques et leurs cloches lugubres: ce soir-là à Schwadorf, près de Vienne, ce n’est pas seulement le froid qui fait frissonner le public.

Plusieurs centaines de personnes sont venues assister à un «Krampuslauf», un défilé de Pères fouettards, où plus de 60 créatures de cauchemar déambulent à travers la ville en défiant petits et grands.

«Nous faisons prospérer la tradition qui consiste à chasser les mauvais esprits en les épouvantant», explique le fouet à la main Ernst Eigner, un participant au défilé.

Comme des milliers d’Autrichiens chaque hiver, ce paisible gestionnaire de biens a abandonné son costume-cravate pour enfiler le temps d’une soirée un déguisement diabolique, mi-bouc mi-zombie.

«On fait en sorte d’avoir l’air cruels, mais nos fouets sont en simple crin de cheval. Les gens ne sentent pratiquement rien quand on les frappe», assure-t-il.

À Schwadorf, l’ambiance reste en effet bon enfant, et à part une fillette en larmes, l’assistance passe du bon temps.

Êtres hybrides

Ces dernières années, le «Krampus» est devenu un véritable fait de société en Autriche. Il est loin le temps où le Père fouettard se contentait d’accompagner Saint-Nicolas de foyer en foyer pour «punir» les enfants dissipés, note l’ethnologue Helga Maria Wolf pour l’AFP.

Cette figure popularisée au 16e siècle s’est notamment agglomérée dans la pratique actuelle aux «Perchten», esprits bénéfiques et maléfiques chargés de chasser l’hiver, une tradition probablement d’origine païenne qui s’est maintenue dans certaines vallées alpines, comme à Gastein près de Salzbourg.

Les Krampus et les Perchten ont ainsi fusionné en «êtres hybrides» incorporant aussi des influences allant des films d’horreur au heavy metal, observe Mme Wolf.

L’ampleur prise par le sujet, avec quelque 850 groupes et 10.000 «Krampus» et autres «Perchten» recensés à travers le pays, contraint les autorités à redoubler d’attention pour éviter les dérapages.

Les incidents restent fréquents, l’anonymat conféré par les masques - et souvent l’alcool - étant propice aux bagarres voire aux agressions sexuelles, comme celle subie récemment par une jeune femme à Zell bei Ebenthal, dans le sud du pays.

Craignant pour leur réputation, des représentants d’associations ont d’ailleurs manifesté (à visage découvert) fin novembre à Klagenfurt, en Carinthie, pour dénoncer tout amalgame avec des «cas isolés».

La place prise par cette tradition a conduit le Parlement à exempter les défilés de monstres des dispositions d’une loi très stricte interdisant de se couvrir le visage, entrée en vigueur en octobre sur fond de menace terroriste.

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Science

Un dinosaure entre vélociraptor, cygne et pingouin

PARIS — Des pattes de vélociraptor, un cou de cygne et des ailes de pingouin: des chercheurs révèlent l’existence d’une nouvelle espèce de raptors «très très bizarre», aussi à l’aise sur terre que dans l’eau, une première pour un dinosaure.

«Il faut imaginer un mélange entre un vélociraptor, une autruche et un cygne avec un museau de crocodile et des ailes de pingouin», décrit à l’AFP, Paul Tafforeau, paléontologue au Synchrotron européen de Grenoble (ESRF), coauteur de l’étude. «Il fait un peu extraterrestre», ajoute le chercheur.

Le surprenant petit prédateur, nommé «Halszka» pour Halszkaraptor escuilliei, vivait en Mongolie au Crétacé, il y a environ 72 millions d’années, selon une étude publiée mercredi dans Nature.

«Halszka» appartient à la famille des droméosaures, dont il partage la lignée avec le Vélociraptor, le prédateur effrayant des films Jurassic Park. Il en a la queue, mais dans une version plus courte, et les pattes arrières. «Des pattes de bipède capables de courir», précise le chercheur.

Il en a aussi hérité la fameuse «griffe tueuse», une griffe de la patte arrière très développée qui permet à tous les droméosaures d’égorger leurs proies.

Plus étrange: ce petit dinosaure d'environ 1 m 20 possédait aussi certaines caractéristiques de prédateurs aquatiques: des dents et un museau de crocodile et un très long cou ressemblant à celui du cygne.

Selon les chercheurs, l’animal, en embuscade, le repliait en S puis le projetait très rapidement, bouche ouverte, au passage des poissons.

«Halszka est encore capable de courir et de chasser sur terre tout en étant capable de nager et de pêcher dans l’eau», résume Paul Tafforeau. Une première chez les dinosaures.

«On connaissait des dinosaures qui mangeaient du poisson, notamment le spinosaure [celui qui tue le tyrannosaure dans Jurassic Park 3], mais on ne pense pas qu’ils pouvaient nager», précise le chercheur.

Cette découverte a été rendu possible par les techniques développées à l’ESRF, le synchrotron européen de Grenoble. La microtomographie multi-résolution par rayons X a pu notamment révéler les parties du squelette toujours enfouies au coeur de la roche.

L’équipe internationale à l’origine de l’étude a longtemps cru que le fossile était un faux «tellement il ressemble à une chimère». De plus, sa vie mouvementée incite à la méfiance.

«Exporté illégalement de Mongolie, Halszka a séjourné dans des collections privées dans le monde entier avant d’être acquis en 2015, et offert aux paléontologues pour étude», explique Pascal Godefroit de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique à Bruxelles.

Insolite

Starbucks ouvre en Chine son plus grand café au monde

SHANGHAI - Starbucks a ouvert mercredi à Shanghai son plus spacieux établissement mondial, à l’heure où le géant américain entend s’imposer en Chine, pays où la consommation de café explose après avoir longtemps été confidentielle.

L’établissement sur deux étages, situé en plein coeur d’un quartier commerçant de la capitale économique chinoise, a été envahi par des centaines de clients. Certains ont dû patienter une heure avant de pouvoir passer commande.

L’établissement s’étend sur une surface de 2.700 m2, soit plus du tiers d’un terrain de football. C’est le deuxième que Starbucks ouvre sous la marque «Reserve Roastery»: un concept de points de vente raffinés proposant des torréfactions de grains haut de gamme, des thés, des bières infusées au café, et un service personnalisé.

La première enseigne de ce type avait ouvert en 2014 dans la ville américaine de Seattle, où le groupe a son siège.

Le chaîne de cafés compte au total plus de 3.000 points de vente dans 136 agglomérations chinoises. Parmi eux, 600 sont situés dans la seule métropole de Shanghai: c’est la ville du monde qui compte le plus grand nombre de Starbucks.

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Insolite

Des funérailles bouddhistes pour les animaux

BANGKOK — Dans un temple de Bangkok, une banquière jette un dernier regard à son petit chien bien-aimé, Dollar, avant de mettre une guirlande de jasmin sur sa dépouille, comme le veut la tradition des funérailles bouddhistes.

«C’est mon dernier moment avec elle. Et je veux que Dollar reçoive des choses positives», explique Pimrachaya Worakijmanotham à l’AFP, décrivant Dollar comme son «enfant».

Le petit chien sera incinéré au funérarium spécialement construit pour les animaux dans ce temple, Krathum Suea Pla. Seule fantaisie dans ce rituel : le cercueil est rose.

Dollar n’est pas un cas isolé à Bangkok, où des magasins proposent toute une gamme de vêtements pour animaux, mais aussi des poussettes ou des piscines pour chiens. Face à la demande d’une classe moyenne ayant de l’argent à dépenser pour ses animaux de compagnie, plusieurs temples bouddhistes proposent des funérailles en tout genre.

La tendance vient du Japon, où des funérailles de poupées ou de peluches sont également organisées. L’équivalent se trouve en Europe avec des cimetières d’animaux.

Au temple bouddhiste Krathum Suea Pla, l’offre va de la crémation simple (l’animal posé à même la plaque du crématorium) à l’intervention de moines pour chanter et prier pour l’esprit de l’animal défunt.

Des sorties en bateau sont même organisées sur le grand fleuve traversant Bangkok, la Chao Praya, pour que les propriétaires d’animaux puissent disperser leurs cendres dans les flots, comme ils le feraient pour un proche parent.

«Ma fille»

«Si la réincarnation existe, reviens comme ma fille, pas sous la forme d’un animal», pleure lors d’une de ces sorties en bateau Tipaporn Ounsiri, dont le husky est mort.

Avant cette ultime étape d’adieux, dans la salle dédiée aux funérailles animales dans le temple, à côté de celle réservée aux humains, des moines en robe orange psalmodient pour accompagner les plus privilégiés vers leur prochaine vie.

Pour les funérailles de Dollar, des couronnes mortuaires de fleurs fraîches ont été disposées, avec au milieu une photo encadrée de la petite chienne.

Selon le principe bouddhiste de la réincarnation, une personne peut se réincarner en animal dans ses vies ultérieures, et vice versa.

«Dans cette vie, elle ne pouvait pas aller au temple pour faire des offrandes», tradition très pratiquée en Thaïlande, censée porter chance pour sa prochaine vie, explique la maîtresse de Dollar.

Chiens, chats, serpents, singes et coqs 

Theerawat Sae-Han est l’heureux fondateur de la société «Pet Funeral Thailand», lancée il y a quatre ans. Il organise plus de 200 funérailles d’animaux de compagnie par mois.

Chats et chiens figurent en bonne place, mais aussi serpents et singes. Même des coqs de combat, tués en affrontant leur adversaire lors de ces joutes très populaires en Thaïlande, sont récompensés de leurs loyaux services avec une crémation bouddhiste en bonne et due forme, explique-t-il.

Son entreprise marche si bien que Theerawat Sae-Han a mis en place un partenariat avec le temple Krathum Suea Pla, où des moines sont en charge de gérer le «Centre des funérailles pour animaux».

«Avant, nous les enterrions dans les parcs. Mais aujourd’hui, il est devenu difficile de trouver de l’espace à Bangkok», explique le moine Samu Jumpol, l’un des responsables du temple.

La facturation des funérailles les plus somptueuses peut monter jusqu’à 100 000 bahts (3925 $CAN), contre 3000 bahts (121 $CAN) pour une cérémonie simple, avec un seul moine, explique le religieux.

Dans ce pays très majoritairement bouddhiste, les temples sont régulièrement accusés de mercantilisme, multipliant les moyens d’obtenir des dons de leurs ouailles.

Mais pour le moine Samu Jumpol, marquer les funérailles de son animal de compagnie dans un temple bouddhiste est un bon moyen pour les propriétaires de se souvenir que «rien n’est permanent» dans la vie.

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Les 200 yeux-télescopes de la coquille Saint-Jacques

WASHINGTON - La coquille Saint-Jacques, l’un des mollusques les plus prisés des gastronomes, possède un système visuel sophistiqué pouvant comprendre jusqu’à deux cents yeux d’un millimètre de diamètre fonctionnant comme des télescopes, révèle une étude israélienne publiée jeudi dans Science.

Tout comme des systèmes optiques complexes chez d’autres animaux tels les homards ont déjà aidé à la conception de télescopes plus puissants, les résultats de cette étude pourraient ouvrir la voie à la création de nouveaux instruments optiques inspirés de la biologie ou déboucher sur des applications en imagerie ou encore pour de nouveaux capteurs, estiment ces chercheurs.

La plupart des yeux des animaux, comme chez les humains, ont un cristallin, une lentille qui fait converger la lumière vers la rétine formée de tissu sensible aux rayons lumineux se trouvant au fond de l’oeil.

Mais certains organismes marins comme la coquille Saint-Jacques et des poissons vivant dans les grandes profondeurs ont un système de miroirs pour créer des images par réflexion de la lumière et programmés pour capter les ondes lumineuses qui pénètrent dans leur habitat.

Les yeux des coquilles Saint-Jacques sont ainsi dotés d’un miroir concave pour réfléchir la lumière. C’est ce qu’ont déterminé ces chercheurs, dont Benjamin Palmer, un scientifique du département de biologie structurelle à l’Institut Weizmann de la Science en Israël. Il est le principal auteur de l’étude.

Ces miroirs sont formés d’une mosaïque de cubes cristallins microscopiques dont la morphologie complexe en trois dimensions permet aussi de réduire les aberrations optiques et de produire des images nettes.

Les miroirs forment des images sur une rétine à deux couches de tissu de manière à produire séparément des images dans le champ visuel central et périphérique donnant à la coquille Saint-Jacques un champ visuel d’environ 250 degrés comparativement à 180 degrés pour les yeux humains.

«Ce système de miroirs composés de cubes dans les yeux multiples de ce mollusque ressemble de façon frappante aux miroirs segmentés des télescopes à réflexion», pointent ces chercheurs.

Cette ressemblance pourrait notamment inspirer la création d’instruments compacts dotés d’un champ optique large, selon eux.

Ils soulignent la grande complexité de l’organe visuel de la coquille Saint-Jacques, peut-être l’un des plus sophistiqués dans la nature.

Les auteurs soulignent surtout le degré très élevé d’organisation structurelle à une échelle nanométrique des miroirs au fond des yeux de ce mollusque pour à la fois réfléchir la lumière et la faire converger.