La disparition prochaine du crédit d'impôt fédéral pour les utilisateurs du transport collectif crée de l'inquiétude et du mécontentement chez des utilisateurs du service Limocar.

Inquiétude chez des usagers de Limocar

La disparition prochaine du crédit d'impôt fédéral pour les utilisateurs du transport collectif crée de l'inquiétude et du mécontentement chez des usagers du service Limocar.
« C'est un choc, je ne me serais jamais imaginé que ça cesserait. Le retrait de ce crédit d'impôt fait un trou dans le budget... Plusieurs en jasent dans l'autobus, la plupart des gens avec une passe mensuelle sont inquiets », raconte à La Voix de l'Est Dominique Tremblay, qui fait le trajet de l'autoparc 74 (Bromont) jusqu'à Montréal du lundi au vendredi. 
Selon la résidente de Shefford, qui signe une lettre dans le courrier des lecteurs en page 10, plusieurs utilisateurs feraient le calcul à savoir si l'usage de sa voiture deviendrait désormais plus avantageux. « Si on assiste à une baisse de clientèle, on peut s'attendre à une baisse de service ou une autre hausse de tarifs », poursuit Dominique Tremblay.
« Je suis convaincue qu'il va y avoir une baisse du nombre de gens qui prennent une passe mensuelle. Je trouve ça plate que le gouvernement arrête d'encourager ceux qui ont fait le choix de prendre l'autobus, c'était pourtant une belle tape dans le dos. Ils auraient pu couper ailleurs », croit de son côté Caroline, elle aussi résidente de Shefford, mais qui travaille à Longueuil. 
Le crédit d'impôt non remboursable, mis en place depuis 2006, permettait de déduire 15 % d'un titre de transport. Une passe mensuelle chez Limocar coûte 467,74 $. Avec le crédit d'impôt, les gens réussiraient à aller chercher 732 $ annuellement. Il ne sera plus en vigueur à partir du 30 juin prochain.
Du côté de la Fédération des transporteurs par autobus, l'abolition de ce crédit est une surprise totale. « Pour nous, c'est couper directement un incitatif. Et on craint que les régions soient laissées pour compte avec cette mesure, affirme le directeur des communications et des affaires publiques, Martin Bureau. Selon les chiffres qui nous ont été fournis par Limocar, 15 % de leur clientèle utilise la passe mensuelle. Ces gens sont directement pénalisés en absorbant 100 % du coût du titre de transport. Dans une certaine mesure, on peut prévoir une migration des utilisateurs­ vers l'automobile. »
Il poursuit en notant « qu'il est contradictoire de prétendre que le crédit d'impôt est trop peu utilisé puisque les documents du ministère des Finances démontreraient que l'abolition du crédit d'impôt génèrera des économies d'environ 1 milliard de dollars d'ici 2022 ».
D'après les informations du ministère des Finances du Canada, environ 1,8 million de particuliers avaient demandé ce crédit en 2014.
Les réponses des députés
Questionnés à ce sujet, les deux députés fédéraux de la région ont fait entendre deux sons de cloche différents.
Pour Pierre Breton, de Shefford, l'investissement dans les infrastructures est une « excellente nouvelle ». « Il ne s'agissait pas d'un incitatif utilisé significativement. [...] Pour nous, investir de façon responsable est de le faire dans les infrastructures. C'est une meilleure façon d'encourager les gens à utiliser le transport en commun qu'un crédit d'impôt », a-t-il indiqué, soulignant que personne ne lui avait fait part d'inquiétude par rapport à la disparation de ce crédit. Il ajoute qu'il est prêt à accompagner les villes et organismes qui voudraient bénéficier d'une aide gouvernementale pour des projets de transport­ en commun.
Le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, se montre plus mitigé. « Il y a beaucoup de gens de Brome-Missisquoi qui voyagent jusqu'à Montréal pour travailler, et moi, je vais toujours encourager ça. Je vais aller aux nouvelles pour m'assurer que les gens de Brome-Missisquoi­ ne soient pas laissés pour compte pour un réinvestissement dans les infrastructures », lance-t-il, songeant notamment au projet de train de passagers reliant Montréal et Sherbrooke­, avec un arrêt envisagé­ à Bromont.
Nos nombreuses tentatives pour nous entretenir avec l'administration de Limocar sont restées sans réponse.