«Les citoyens peuvent utiliser le réseau routier comme ils ont l’habitude de le faire. Il n’y aura pas de congestion monstre», a assuré le ministre des Transports André Fortin.

Ingénieurs de l'État: Québec brandit une loi spéciale

À bout de patience, le gouvernement Couillard annonce qu’il déposera une loi spéciale jeudi soir, qui mettra fin à la grève de ses ingénieurs et décrétera leurs conditions de travail. Du même souffle, le gouvernement fait tomber les entraves à la circulation prévues pour jeudi matin près du pont Pierre-Laporte.

C’est ce qu’ont annoncé les ministres Pierre Arcand et André Fortin en fin d’après-midi mercredi. Selon eux, les négociations entre les deux parties ont assez duré. Pendant ce temps, les négociateurs planchaient sur les dernières offres de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ). Le président Marc-André Martin s’est montré surpris et «choqué» de constater que les ministres se livraient à des «jeux de coulisses» en annonçant une loi spéciale alors que la négociation est toujours en cours. 

Les ministres soutiennent qu’une entente de principe peut toujours survenir d’ici jeudi. Si ce n’est pas le cas, la loi spéciale sera débattue à l’Assemblée nationale à partir de jeudi soir. 


Les citoyens peuvent utiliser le réseau routier comme ils ont l’habitude de le faire. Il n’y aura pas de congestion monstre
André Fortin, ministre des Transports

«Les citoyens peuvent utiliser le réseau routier comme ils ont l’habitude de le faire. Il n’y aura pas de congestion monstre», a assuré le ministre des Transports André Fortin.

Lui et le président du Conseil du Trésor Pierre Arcand ont tenu un bref point de presse en fin d’après-midi mercredi pour soutenir que selon eux, les négociations entre les deux parties ont assez duré. 

M. Arcand se défend d’avoir établi une stratégie depuis le début avec ce scénario de loi spéciale en tête. Il dit vouloir laisser une dernière chance aux pourparlers. «Nos négociateurs sont prêts à travailler toute la nuit s’il le faut, mais c’est pas vrai que demain (jeudi) et dans les jours qui vont suivre, les citoyens et les citoyennes du Québec vont être, encore une fois, perturbés par des problèmes de circulation», a-t-il soutenu.

Négociations de la dernière chance

Pendant qu’il faisait ces déclarations, les négociateurs étaient toujours à la table et planchaient sur les dernières offres de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ). Le président Marc-André Martin s’est montré surpris et «choqué» de constater que les ministres avaient fait «une job de bras» en annonçant une loi spéciale. «Pendant que nous autres, on est en train de négocier, on a les ministres qui sont en train de comploter dans notre dos en haut. Je trouve ça très ordinaire de leur part», a-t-il lancé. 

M. Martin dit être arrivé à la rencontre avec une «proposition pour régler». Il a tout de suite offert d’arrêter les moyens de pression, soit le refus de travailler de nuit et la fin de semaine, jusqu’au printemps prochain. Il indique également que l’APIGQ souhaitait emprunter «les voies de passage» offertes par M. Arcand la semaine dernière. 

L’APIGQ ne se retire pas de la table de négociations et tentera d’arriver à une entente de principe avant 19h jeudi, l’heure à laquelle tous les députés sont convoqués à l’Assemblée nationale pour étudier la loi spéciale. Un long débat s’enclenchera, qui pourrait durer toute la nuit et se terminer par un vote vendredi. 

Selon M. Martin, le spectre de la congestion sur les routes qui a été agité par le gouvernement ces dernières semaines à Québec, à Lévis et à Montréal n’était qu’«un spectacle», «une mascarade». «On est les gardiens des deniers publics et regardez comment ils nous traitent. Ça a pas de sapristi de bon sens.»